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Bonjour rav wattenberg
J’ai commencé à étudier sans suivre un ordre précis, en faisant un peu de Michna et un peu de Guemara en parallèle. J’ai vu quelques prakim par-ci par-là, mais sans vraie continuité.
En סדר נשים, à part Guitin en Guemara et Kidouchin en Michna, je n’ai presque rien étudié.
En סדר נזיקין, je suis seulement sur Baba Kama.
J’ai entendu que Baba Metsia est d’une importance majeure et qu’on l’étudie beaucoup en yéchiva.
Quelles massékhot, ou même quels prakim précis, en Michna et en Guemara, sont vraiment importants et impératifs à connaître pour avoir de bonnes bases avant d’entrer à la yéchiva, et sur quoi je devrais me concentrer en priorité maintenant ?
Merci beaucoup.
Vous n’indiquez ni votre âge, ni votre parcours, ni ce que vous faites actuellement, ni du temps dont vous disposez, mais puisque vous écrivez «
avant d’entrer à la Yeshiva », pour vous répondre, je supposerai que vous êtes actuellement scolarisé dans un lycée juif en France.
Dans les Yeshivot, on se concentre essentiellement sur Nashim-Nezikin, certaines Yeshivot intègrent à leur programme une massekhet de Moed, comme Psa’him (Ponovez), ou Shabbat (‘Hévron), parfois Souka, etc. mais l’essentiel du « Ma’hzor » est constitué de traités de Nashim et de Nezikin. Pas tous ces traités non plus.
A Ponovez, le Ma’hzor comprend 11 traités, 5 de Nezikin, 5 de Nashim et 1 de Moed.
Dans Nezikin on y étudie les 3 Babot, Sanhédrin et Makot.
Dans Nashim c’est Yevamot, Ktouvot, Nedarim, Guitin et Kidoushin.
Et pour Moed c’est Psa’him.
Effectivement, Baba Metsia est une Massekhet étudiée dans toutes les yeshivot classiques, ses Prakim du début sont très conséquents. Le 1 est assez costaud, le 2, sous des apparences plus simples, est encore plus costaud, le 3 est vraiment costaud, mais quand on arrive au 4 on se rend compte qu’il est encore plus dur que le 3. Pour finalement arriver au 5 qui s’avère encore plus dur que le 4. Après, pour la seconde moitié de la Massekhet, c’est beaucoup plus facile. C’est pourquoi ces Prakim sont relégués à la bekiout, tandis que le Iyoun se fait sur les premiers prakim.
En réalité, le 5ème n’est pas vraiment étudié dans les Yeshivot, on le laisse souvent pour le kollel tant il est difficile.
Mais Baba Kama est aussi indispensable que Metsia.
Idem pour Makot, petit traité mais très costaud.
Sanhédrin est très riche et Baba Batra très long.
(Au niveau de la Gmara, Batra n’est pas la massekhet la plus longue, c’est en Dapim qu’elle détient le record, car le Rashbam est long par rapport à Rashi).
Bref, il y a beaucoup à apprendre.
S’il fallait sélectionner les prakim de base à étudier dans ces massekhtot de Nezikin, je dirais :
Kama : 1, 2, 3 et 7
Metsia :1, 2 et 3.
Batra : 1, 3 et 8
Makot : 1
Sanhédrin : 1, 3, 5, 8
Ceci étant dit, l’essentiel n’est pas nécessairement de connaitre ces prakim avant d’arriver à la yeshiva (même s’il est clair que ça aide grandement), il s’agit plutôt d’apprendre à bien comprendre les phrases, tournures et Svarot du Talmud, savoir réellement comprendre une Gmara.
A la yeshiva aussi on travaille sur ce point, la compréhension des Gmarot, tout en engrangeant des dapim, mais on parle-là d’un niveau encore plus profond de compréhension.
D’une manière ou d’une autre, celui qui apprendra bien cette quinzaine de prakim indiqués avant d’arriver à la yeshiva, aura assurément une avance conséquente et sera aussi habitué au langage des gmarot.
Après, il faut aussi se diriger vers la bonne yeshiva, celle qui nous convient.
Behatsla’ha !