Citation:
Savez vous qui est le Rav Ezra Hanavi cité dans Chevouot (daf 25a ) Tossfot sv.Rav, et pourquoi était il surnommé comme ça ?
Il s’agit d’un tossafiste,
R. Ezra Hanavi de Moncontour (dans la Vienne), peut-être à l’époque de Geoffroy II de Lusignan et/ou de Hugues II de Parthenay-l'Archevêque et Valence de Lusignan.
A part
Shvouot 25a il est aussi cité dans
Tosfot Guitin 88a (sv. Vedilma), dans
Tosfot Rabénou Perets sur Baba Kama (23b) et par le
Mordekhaï sur Yevamot (§126).
C’est aussi probablement le
R. Ezra mentionné dans les
Tosfot Baba Batra (28a) et Ktouvot (40a).
Voyez aussi
Baalei Hatosfot sur Shemot (21,29).
Il était élève du
Ri (R. Its’hak Bar Shmouel) Hazaken (Shout Maharshal §29) et a eu pour élève le
Maharam de Rothenburg (qui le mentionne dans une
Tshouva (éd. Crémone §312) en écrivant
Mori Verabbi מ"ו). Il a donc vécu au XIIIème siècle.
Le titre de Navi était, selon certains, purement honorifique, mais d’autres pensent que c’est parce qu’il aurait fait une Sheéla min hashamayim, en «
montant » au ciel pour demander la date de la Gueoula à trois prophètes : ‘Hagaï, Zekharia et Malakhi.
Cf.
Baalei Hatosfot (p.337 et note 20).
L’avis de ces derniers est plus probable, ce
R. Ezra devait être kabbaliste ou similaire, d’où cette appellation étrange.
Néanmoins, ce qualificatif revient par ailleurs, même à l’époque des A’haronim, nous trouvons que le
‘Hatam Sofer l’utilisait sans difficulté et a surnommé ainsi le
Yaabets (Shout ‘Hatam Sofer VI, §59) (voir aussi
§99 et
E’’H 1 §49) et le
Pnei Yehoshoua (Shout ‘Hatam Sofer E’’H 1 §86).
Voir encore
‘Hatam Sofer Drashot (III, Droush du 7 Av sv. Veamar) à propos du
Maharsha, et
‘Hidoushei ‘Hatam Sofer (Ktouvot 66b) aussi sur le
Maharsha (et
Ktouvot 72b sur le
Méil Tsdaka).
Le
Ma’hané ‘Hayim (II, Y’’D §2) a quant à lui qualifié de Navi le
‘Hatam Sofer son maître.
Le
Yaabets lui-même l’a écrit sur le
Raavad (cf.
Migdolei Israel I, p.153).
Le
Mishné Lamélekh (hil. Ishout §24,17) en a dit autant du
Rashba (§1237).
Le
Beèr Moshé (VIII, §20,4) dit aussi cela sur le
Rashba.
Rav Yehouda Aszod (Shout Yehouda Yaalé Y’’D §1) parle du «
Navi » à propos du
Baal Haïtour.
Rav Yo’hanan Sofer (Erloy) (Yomin De’hanouka fin de §7) écrit cela sur le
Rambam.
Rav Méir Mazouz (Or Torah n°181, p.267a) utilise aussi cette expression au sujet du
Ben Ish ‘Haï.
Rav Gestetner dans
Lehorot Natan (V, §94,2) l’écrit sur
Rabénou Yerou’ham (voir aussi son
Natan Pirio Guitin 21a sv. Bram).
Et aussi dans
(XVI, §99,6) sur
R. Baroukh Frenkel (voir aussi son
Natan Pirio ‘Houlin 22b sv. Oulam Beémet).
Nous voyons donc qu’il arrive que des auteurs qualifient de Navi un sage sans pour autant avoir l’intention de parler réellement de Nevoua.
Voyez aussi
Shout Beit Shlomo (o’’h §112) qui souligne, à propos du
Tosfot qui cite
R. Ezra Hanavi et dit qu’il n’y a plus de prophétie de nos jours, c’est donc que l’appellation est quelque peu «
lav davka ».
Nevoua ne veut pas forcément dire « prophétie », ça vient du terme « niv » comme dans
Yeshaya (57,19) «
niv sfatayim » qui signifie
(plus ou moins) la « parole », voir les
Metsoudot (ad loc.).
C-à-d que celui qui a une parole importante, conséquente, fructueuse, etc. peut s’appeler « navi » pour cela.
Pour en revenir à notre
R. Ezra, certains pensent que c’était le petit-fils de
Rabbi Méir Ibn Ezra et qu’il venait donc d’Espagne.
Le
‘Hida (Shem Hagdolim I, lettre ayin) en fait lui aussi un espagnol et l’identifie à
R. Ezra ben Shlomo le kabbaliste.
Toutefois, ce dernier est décédé en 1227, alors que le
Mordekhaï cité plus haut
(Yevamot §126) écrit qu’il lui a parlé directement (il le nomme הנביא המינקטור, il semble qu’il faille corriger הנביא ממונקטור) or, le
Mordekhaï n’était vraisemblablement pas né en 1227, on suppose qu’il est né au plus tôt vers 1250. Ainsi, il n’aurait pas pu parler avec
R. Ezra ben Shlomo dont parle le
‘Hida.