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Le Yanouka

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elyemos
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Bonjour cher rav Binyomin

Avez-vous entendu parler du yanouka ce jeune prodige de 32 ans dont certains voient en lui un machiah potentiel
rav Shlomo Yehouda
vous l'avez deja ecouté si oui avez vous été impressionné ?

En vous remerciant par avance

PS: Vous avez evoqué, lors de votre cours a la veillée de Hochana rabba, l'existence d'un autre prodige un horloger à Jerusalem un certain Reb Weisz prodigieux gaone lui aussi, les avez-vous comparé (on va me dire que c'est pas joli de dire ca mais votre avis m'interesse m'interesse car vous etes non seulement un grand BAKI mais egalement le BAKI des BEKIIM)
Rav Binyamin Wattenberg
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Citation:
Avez vous entendu parler du yanouka ce jeune prodige de 32 ans dont certains voient en lui un machiah potentiel
rav Shlomo Yehouda
vous l'avez deja ecouté si oui avez vous été impressionné ?


Oui, j’en ai entendu parler, je crois que son nom est Rav Shlomo Yehouda Bééri (?), effectivement né en 1988.

On m'a envoyé quelques liens il y a un an plus ou moins je crois, j'ai écouté quelques minutes de différents cours, mais n'ai pas compris ce qu'il y avait d'impressionnant, je crois qu'il y a plusieurs avrekhim comme lui, à la différence qu'ils parlent plus normalement, pas "tout calme" comme lui.

En revanche, ce qui m'a impressionné c'est la foule qui vient l'écouter et qui est attentive comme si le messie se dévoilait devant eux.
J’ai donc encore écouté et écouté, dans l’espoir d’entendre des perles, mais je n’ai pas eu l’occasion d'être séduit par ses propos.

Je crois que -comme souvent- c'est de la com; il y a une équipe qui veut monter en épingle un jeune talmid 'hakham et ils en font le gaon de la génération avec une grande publicité, quelques rabbanim âgés et avec une belle barbe tombent dans le panneau et ensuite c'est gagné pour que la foule les suivent.

Concrètement, si on met par écrit ce qu'il a dit dans son shiour et qu'on l'envoi en texte écrit à mille personnes et/ou rabbanim [sans le signer "the Yenouka", ni "the Moshia'h himself", ni "le Gaon de Vilna"] en l'attribuant à un petit rabbin de banlieue ou d'un Moshav perdu en Erets, PERSONNE n'en ferait cas.
Car finalement, en dehors de la forme (voix basse et délicate, public barbu attentif, …), sur le fond, ça ne comporte rien d'exceptionnel (je trouve).
C'est un peu de Bekiout avec un peu de kabala et un peu de com et ça donne un nouveau Baba.

Bien sûr il faut être capable de faire preuve d’un minimum d’honnêteté intellectuelle lorsqu’on analyse le contenu d’un Shiour. Ceux qui se laissent endormir et berner par des formules et expressions au ton kabbalistique (par exemple au sujet du Ribouy Or Haganouz qui doit passer par des Kélim avec le Shéfa Eloki pour contrer le Koa’h du Samekh-mem et sauver la Pnimiout du Shoresh Haneshama) et s’imaginent les comprendre alors que ce n’est pas le cas (et qu’il n’y a parfois rien à y comprendre), seront enchantés et diront que c’est magnifique et exceptionnel.
Mais s’ils se demandent réellement s’ils y comprennent quelque chose ou si cet enseignement à un intérêt quelconque, ils arriveront rapidement à la conclusion que toutes ces formules où il est question d’idées prétendues kabbalistiques ne sont que de la poudre aux yeux sur lesquelles le Rav Yehouda Ades (Rosh Yeshivat Kol Yaakov) a l’habitude de dire qu’il n’aime pas parler « Berekia Hashevii » (« du 7ème ciel »), des formules et idées auxquelles j’applique volontiers la formule du Rambam (Melakhim XII, 2) אין מביאין לא לידי יראה ולא לידי אהבה

Notre protagoniste est peut-être (et même probablement) un gentil Tsadik et Talmid ‘Hakham, mais je n'ai rien vu d'exceptionnel dans son enseignement -en dehors de l'engouement suscité chez son auditoire -mais pour cela, j'ai déjà vu d'autres exemples très probants en Israël où l’équipe publicitaire et propagandiste créée autour d’un jeune Talmid ‘Hakham peut « faire beaucoup de bruit ».

Il faut comprendre que certains en font un business, dès qu’on a sous la main un « Baba », il y une manne promise derrière, ça vaut le coup (financièrement) de créer un Baba/Gaon/futur Mashia’h…

Comprenez-moi bien, je ne viens pas critiquer ce Rav, ‘has veshalom, je viens juste dire qu’il n’y a rien d’exceptionnel dans son enseignement qui justifierait tant d’émoi.
Mais ça reste (certainement) un Talmid ‘Hakham Tsadik qui mérite notre respect.

J’ai écouté par endroits des petits passages et j’y ai remarqué une certaine bekiout intéressante plutôt dans certaines de ses références erronées que dans les bonnes.
Il y a des « erreurs » lorsqu’il cite des textes, certes avec la bonne référence mais en omettant de citer le texte essentiel, la vraie source (c’est comme citer un commentateur alors que c’est explicite dans une Gmara), cela indique plutôt l’inverse d’une bonne Bekiout.
Mais il commet aussi certaines erreurs que j’apprécie, des erreurs qui indiquent des connexions que le cerveau fait et permet parfois de voir si le détenteur de bekiout comprend un peu plus en profondeur que le simple texte.

L’exemple auquel je pense, c’est une erreur qu’il commet en citant une idée au nom du Shout ‘Hout Hameshoulash de R. ‘Haim de Volozhyn et indiquant la fin du §11. Or, l’idée dont il parle se trouve à la fin du §9 (et non du §11).
Mais se tromper en indiquant n’importe quel Siman n’est pas comme se tromper en indiquant le §11, car il y a en fin de §11 un sujet voisin et lié dans l’esprit de ceux qui trient et ordonnent leurs connaissances, j’y vois donc une erreur certes, mais révélatrice d’une profondeur.

Ceci pour dire qu’il ne s’agit pas d’un clown, mais bien d’un Talmid ‘Hakham. Toutefois, le contenu n’a rien de particulièrement remarquable, rien de réellement extraordinaire.

Je vous invite à mettre par écrit tous les ‘hidoushim/éléments conséquents qu’il dit dans un cours (vous éviterez déjà ainsi de devoir supporter son ton mi-triste mi-angoissant) et de les comparer ensuite au même travail effectué sur le cours d’un autre Rav, vous verrez que ça se vaut, il n’y a rien d’extraordinaire (ni en quantité, ni en qualité), d’autant que ses propos sont souvent axés sur des notions kabbalistiques très floues qui n’apportent pas grand-chose de concret à l’auditoire (du moins, les passages que j’ai écoutés) ni au niveau de la compréhension des Mitsvot, ni des Hashkafot, ni de la Halakha, ni du Pilpoul.

Rien que les titres de ses shiourim renseignent déjà sur son centre d’intérêt restreint uniquement aux idées kabbalistiques sur des Minhaguim, sans réelle compréhension.
Ça fait un peu dans le style de Rav Yoshiyahou Pinto -pour le ton monotone et le contenu très axé autour de Minhaguim sur des idées de kabbala qui ne permettent pas vraiment une compréhension enrichissante.
Mais chez Rav Y. Pinto, j'ai l'impression que c'est plus axé sur le Moussar.


Il y a certes plus de Bekiouot et de références chez rav Bééri, c’est vrai, mais en même temps ce n’est pas dur, Rav Pinto n’en donne que très peu (mais il a beaucoup plus de fans).

Par contre, Rav Shlomo Yehouda Bééri joue assez bien de l’orgue électronique (sans être un pro toutefois), ce qui est moins fréquent chez les rabbins 😊

Il faudrait voir ses Sfarim (s’il en a publié), ça permettrait de se faire une meilleure idée de l’étendue de ses connaissances et du niveau de compréhension que l’on pourrait y déceler.
Je ne les ai pas vus (-s’ils existent).

En tout cas, un point positif est qu’il doit probablement avoir une certaine ouverture d’esprit (dont témoigne son goût pour la musique) car il a grandi en ‘Houts Laarets, en Suisse et en Espagne (et ces éléments indiquent aussi qu’il vient d’un milieu favorisé financièrement).

Mais il est bien monotone et triste, ça manque de Sim’ha, de piquant, de tonus.
C’est un vaste sujet auquel j’attache de l’importance (et qui pourrait faire l’objet d’une tout autre discussion, ça n’est pas forcément opportun par rapport à ce Rav Shlomo Yehouda, mais au passage je glisse l’idée): un Talmid ‘Hakham -et même un Gaon Olam- peut connaitre plein de Torah et la comprendre en profondeur et donner des cours magistraux, mais ne pas produire une « belle Torah », une Torah de vie, une Torah agréable, sublime et magnifique.
Il dira (ou écrira) des ‘Hidoushim qui se tiennent et se justifient, mais qui n’apportent pas de bien-être à celui qui les étudie, des ‘Hidoushim qui ne vont pas le percuter, le changer positivement.
Il s’agit pourtant de vraie Torah, mais sans « beauté », une Torah qui ne s’inscrit pas réellement dans notre monde et qui par conséquent ne rattache pas tellement celui qui l’écoute à son Créateur.

Citation:
PS: Vous avez evoqué lors de votre cours a la veillée de Hochana rabba , l'existence d'un autre prodige un horloger à Jerusalem un certain Reb Weisz prodigieux gaone lui aussi , les avez vous comparé

Il s’agit du Rav Yoel David Weiss, c’est un Baki Mouflag qui a écrit des sfarim riches en bekiout.
Il est effectivement horloger et il est épatant d’arriver à concilier ainsi une activité professionnelle avec la rédaction de Sfarim de cette qualité.

A priori, le Rav Shlomo Yehouda Bééri dont nous parlons ne fait pas le poids du tout.
Peut-être qu’il est lui aussi extrêmement Baki mais ça ne se voit pas dans ses cours, il cacherait bien son jeu.
Mais il est nettement plus jeune, laissons-lui le temps…

Si déjà, il y a d’autres jeunes rabbanim épatants de Bekiout sur lesquels vous auriez pu poser cette question, plus que sur « le yenouka » en question.
[voir mon 3ème message du 4 février 2016, adressé à Verna, ici :
https://www.techouvot.com/critere_pour_pretendre_au_titre_de_gaon-vt18369.html
et aussi mon message posté ici : https://www.techouvot.com/preparation_des_chiourim_de_rav_bwattenberg-vp46477.html ]

Même par rapport à ces « autres jeunes rabbanim », il faut comprendre que l’atout de la bekiout ne se résume pas à débiter des références de sfarim dans tous les sens, encore faut-il être capable de regrouper les sujets similaires, tirer des preuves intelligentes de textes « éloignés » du sujet, ordonner les choses avec compréhension, etc. Sans quoi, il ne s’agit que d’une bekiout d’ordinateur -et pour cela, l’ordinateur reste de toute façon plus puissant.

C'est la profondeur de compréhension que l'on peut y mettre qui importe. La sagesse et l'intelligence conjuguées avec une connaissance vaste donne une vision intéressante et enrichissante de la Torah.
La Bekiout à elle seule n'a pas trop d'intérêt si elle n'est pas accompagnée de raisonnements sains et profonds.

[Je souligne à dessein un point commun entre ces trois jeunes rabbanim très bekiim dont nous parlons ici ; notre protagoniste, R. Méir Eliahou et R. Israel Shnéor pour les nommer (cf. les liens que j’indique plus haut).

Tous trois ont pour point commun -qui n’est pas anodin à mon sens- le fait d’être Sfarade !
Il y a une culture de la bekiout chez les Sfaradim, on souligne beaucoup la Bekiout, on l’apprécie et on se fait une idée de la grandeur d’un Talmid ‘hakham en se basant surtout sur sa bekiout.
Les Ashkenazim quant à eux, privilégient plus la compréhension subtile que la connaissance superficielle.
Ça rejoint un peu ce qu’écrit le Ben Ish ‘Haï dans la préface de son Shout Rav Pealim au sujet des Darkhei Limoud différents entre Ashkenazim et Sfaradim, je l’ai déjà mentionné ici : https://www.techouvot.com/psak_du_bet_yossef_comme_les_3_amoude_horaa-vt8027994.html

C’est à double tranchant, car nous trouverons particulièrement chez les Sfaradim des Bekiim qui connaissent beaucoup de textes mais qui n’ont pas vraiment développé leur sens critique -pour peu qu’ils en aient un, car il y a lieu de douter parfois…

Être Baki c’est bien, mais savoir utiliser à bon escient et intelligemment cette Bekiout, c’est mieux.
Si la ‘harifout sans Bekiout n’a pas vraiment de valeur, la bekiout sans ‘harifout est vraiment fade.]

Comme je crains que certains comprennent mon texte comme une critique de ces trois rabbanim, je souligne que tel n’est pas son but.
Il s’agit de trois jeunes rabbanim très bekiim, Kol Hakavod Lahem, j’indique seulement qu’il ne faut pas perdre la tête à imaginer qu’il s’agirait d’un Gaon de Vilna en herbe, mais Baroukh Hashem il y a déjà de quoi se réjouir de ces rabbanim.

Citation:
( on va me dire que c'est pas joli de dire ca mais votre avis m'interesse

Vous avez raison, parfois ce n’est pas joli de comparer, mais pour le coup c’est instructif et constructif.
Quoi qu’il en soit, ceux qui s’opposent fermement aux comparaisons entre Rabbanim en accusant les comparateurs de commettre un péché, devraient lire ce que j’ai écrit ici : https://www.techouvot.com/comparaison_entre_deux_ravs-vt8028283.html

Voyez aussi le Kobets Igrot du 'Hazon Ish (II, §133) qui explique que s'il est autorisé -au titre de Toélet- de dire du "Lashon Hara" sur un artisan à propos de son artisanat/travail, ça le sera à plus forte raison à propos de celui dont l'artisanat est la Torah (Torato Oumanouto) -tant que c'est dans le cadre d'une consultation Letoélet, bien entendu.

Citation:
car vous etes non seulement un grand BAKI mais egalement le BAKI des BEKIIM )

Là vous avez tort, vous me surestimez largement.
Ce même texte du 'Hazon Ish m'impose de vous dire que vous vous trompez à mon sujet.
jojo26
Messages: 19
Cher rav
Pourriez vous nous communiquer quelques références de Sefarim que vous avez trouvé particulièrement prodigieux ?
Kol touv
Rav Binyamin Wattenberg
Messages: 4560
A Jojo26 :

Citation:
Pourriez vous nous communiquer quelques références de Sefarim que vous avez trouvé particulièrement prodigieux ?


Je pense le pouvoir, si vous ouvrez un autre fil pour poser cette question ET que vous y précisez un peu plus votre question: des livres dans un domaine précis, ou de manière générale?
jojo26
Messages: 19
Cher Rav
Je faisais référence à ce concept de ilouy / gaon évoqué au sujet de ce jeune avrekh. Vous dites ne pas avoir constaté de geonout particulière dans ses propos. Je voulais simplement, à titre d’exemple, connaître certains ouvrages que vous considérez comme prodigieux.
Je pense que nous pouvons toujours trouver une part de « géniale » dans une idée, une svara ou encore un hechbon. Cela pourrait se trouver dans une multitude d’ouvrages. En revanche je souhaitais savoir si vous connaissiez des titres en particulier que vous considérez au dessus des autres en terme de geonout etc...
J espère être clair
Kol touv
Rav Binyamin Wattenberg
Messages: 4560
A Jojo26 :

Citation:
Je faisais référence à ce concept de ilouy / gaon évoqué au sujet de ce jeune avrekh. Vous dites ne pas avoir constaté de geonout particulière dans ses propos. Je voulais simplement, à titre d’exemple, connaître certains ouvrages que vous considérez comme prodigieux.
Je pense que nous pouvons toujours trouver une part de « géniale » dans une idée, une svara ou encore un hechbon. Cela pourrait se trouver dans une multitude d’ouvrages. En revanche je souhaitais savoir si vous connaissiez des titres en particulier que vous considérez au dessus des autres en terme de geonout etc...
J espère être clair


Oui, vous avez été clair, mais je l’ai aussi été me semble-t-il 😊 et vous avais demandé d’ouvrir un autre fil pour poser cette question.

Merci de le faire, ainsi les sujets ne s’entremêleront pas trop.
Rav Binyamin Wattenberg
Messages: 4560
Concernant ma première réponse sur ce fil, plusieurs personnes ont vraisemblablement apprécié cette réponse et m’ont remercié pour cet éclairage.

Cependant, un ami m’a signalé au nom d’un autre ami, qu’une connaissance à lui était révoltée de mon outrecuidance, de mon insolence, de mon effronterie, et de mon Zilzoul et mépris profond envers ce Gaon reconnu par les Gdolim d’Israël comme étant exceptionnel, et du scandale que je sois capable de mettre en doute sa suprématie et son excellence, alors que tout Bnei Brak est en émoi devant sa Gueonout etc…
surtout si ce n’est qu’en ayant écouté que quelques passages de ses cours magnifiquement puissants, de quel droit je me permets de parler devant un géant et qui suis-je pour lever le nez face à lui, etc.


Les propos ne m’ont pas été fidèlement retranscrits mais c’en est la teneur, c’est à peu près ça.
On me reproche ma désinvolture/ fatuité/arrogance à l’égard de tous les Sages d’Israël qui affirment et reconnaissent officiellement le Yenouka comme étant le nouveau Gaon de Vilna.

J’ai demandé à l’ami de demander à ladite connaissance de bien vouloir poster sur le site ses reproches, afin de me donner la possibilité d’y répondre, mais elle n’aurait pas voulu ou en tout cas ça ne s’est pas fait.

Comme il pourrait y avoir d’autres lecteurs de Techouvot qui auraient compris mon propos de la même manière (j’espère que non mais on ne sait jamais), je viens apporter un éclaircissement supplémentaire en soulignant quelques phrases de mon premier post qui semblent ne pas avoir été remarquées.

Je n’ai pas eu la volonté ni l’intention de faire passer un message de « mépris profond » à l’encontre de ce Rav Yenouka –‘has veshalom, j’avais bien insisté sur ce point il me semble.

Trois ou quatre personnes m’en ont parlé comme étant le Mashia’h et qu’il éclipsait tous les Gdolei Israel et que ces derniers reconnaissaient sa suprématie et que « personne n’avait atteint ce niveau depuis le Gaon de Vilna ».
J’ai reçu aussi (depuis un an) quelques mails de personnes me demandant si je m’associais à cette analyse.

Au bout d’un moment, j’ai demandé de poser la question sur Techouvot s’ils veulent une réponse (car au lieu de répondre à chacun par mail, autant le faire sur techouvot et y diriger le prochain qui me posera la même question).

L’un d’entre eux l’a fait, la question était donc sur Techouvot et j’y ai répondu que je ne souscris pas à cet émerveillement, que ce Rav est certes un Talmid ‘Hakham et certainement un Tsadik mais qu’il n’éclipse pas du tout les Gdolei Israel et qu’il y a des Talmidei ‘Hakhamim capables de produire une Torah bien plus puissante que lui aujourd’hui en Israël comme en Amérique, mais qu’il faut peut-être lui laisser le temps et qu’il deviendra lui aussi un géant.

De peur d’être mal interprété (comme je l’ai été au moins par une personne apparemment), j’ai tenu à préciser et répéter que mon propos n’était pas de mépriser ce jeune rav h’’v, mais seulement de dire que la publicité qu’on fait autour de lui est exagérée et mensongère, il n’éclipse pas tous les Rabbanim et n’est pas comparable au Gaon de Vilna.
Mais qu’il reste un talmid ‘hakham et un Tsadik digne de notre respect.

Je me cite (de mon premier message) :
« Comprenez-moi bien, je ne viens pas critiquer ce Rav, ‘has veshalom, je viens juste dire qu’il n’y a rien d’exceptionnel dans son enseignement qui justifierait tant d’émoi.
Mais ça reste (certainement) un Talmid ‘Hakham Tsadik qui mérite notre respect. »


c'est tout de même clair, non?

Afin de mettre en exergue sa qualité de Talmid ‘hakham, pour ne pas qu’on se dise que je suis en train de dire que c’est un charlatan, j’ai ajouté :
« il commet aussi certaines erreurs que j’apprécie, des erreurs qui indiquent des connexions que le cerveau fait et permet parfois de voir si le détenteur de bekiout comprend un peu plus en profondeur que le simple texte ».

Pour appuyer encore par la suite, afin d’éviter qu’on puisse comprendre de mes propos en m’ayant mal lu que je serai en train de dire qu’il s’agirait d’un rigolo qui se moque du monde, j’ai ajouté :
« Ceci pour dire qu’il ne s’agit pas d’un clown, mais bien d’un Talmid ‘Hakham. »

Bref, j’ai répété maintes fois cela afin de m’assurer que mon message ne soit pas perçu comme un Zilzoul de ce Rav, mais que l’on comprenne bien mon intention et que si Zilzoul ou critique il devait y avoir dans mon post, il s’agirait d’un zilzoul et d’une critique des gens qui s’affairent à la « propagande » autour de ce Rav, visant à faire passer le message qu’il s’agit d’un Gaon de Vilna qui surpasse tous les rabbanim de la génération de l’aveu des gdolim et que c’est assurément le Mashia’h...


Il m’a aussi été reproché par la même personne (selon ce qu’on m’a rapporté de ses critiques) de donner un avis après n’avoir écouté que « quelques minutes » de ses cours comme je l’écris.

En effet, je n’ai pas écouté tous ses Shiourim du début à la fin, mais j’ai écouté quelques minutes de différents cours en « picorant » un peu.
Bien entendu, en essayant d’avoir un « inian » entier, pas juste des demies phrases qui n’ont aucun sens à elles seules, donc 10 ou 15 minutes consécutives par endroit.
Ça permet déjà d’avoir une idée.

Et si j’ai tenu à le préciser, c’est encore une fois pour ne pas porter un jugement définitif, dès fois que la teneur de son message m’ait totalement échappée et que l’essentiel se trouvait justement dans les passages que je n’ai pas écoutés (j’aurais eu la malchance de tomber sur tous les endroits creux).

Dans le même esprit, j’ai aussi tenu à indiquer qu’il faudrait voir ses Sfarim pour se faire une meilleure opinion. Je me cite :
« Il faudrait voir ses Sfarim (s’il en a publié), ça permettrait de se faire une meilleure idée de l’étendue de ses connaissances et du niveau de compréhension que l’on pourrait y déceler ».

(Entretemps on m’a confirmé qu’il a bien publié des Sfarim, mais je n’ai trouvé personne qui les aurait vus/lus pour m’en donner une description et une revue.)

Et je répète, tout en respectant ce Rav et sans lui manquer de respect h’’v, qu’en écoutant et écoutant encore différents passages de ses cours, je n’ai pas entendu un enseignement exceptionnel comme on le présente.

Il est certes Baki, mais plusieurs autres rabbanim en Erets le sont aussi et au niveau de la profondeur de compréhension, je n’ai rien vu de particulier.

Et encore une fois, je ne demande qu’à voir. Si j’ai pris le temps d’écouter et écouter encore plusieurs passages de ses cours alors que je n’y décelai rien de particulièrement intéressant, si j’ai eu la ténacité nécessaire pour chercher encore et encore dans différents cours de ce Rav, c’est bien parce que j’avais l’espoir d’y trouver un enseignement profond et extraordinaire, digne du Mashia’h, éclipsant tous les autres Rabbanim et rivalisant avec le Gaon de Vilna, comme on me l’avait laissé entendre.
Lorsqu’on vous affirme que les Gdolim sont en extase devant son enseignement, qu’ils se déplacent pour s’assoir devant lui et l’écouter, il est normal de s’attendre à des enseignements percutants et passionnants.

Voilà pourquoi j’ai retenté ma chance en écoutant plusieurs cours de ce Rav en me disant que je suis peut-être tombé sur un cours moins inspiré mais que le prochain serait mieux.
Mais mes espoirs ont été déçus. Ses cours sont très bien mais ne répondent pas du tout à l’attente légitime après une telle publicité.

Le contenu de son enseignement et celui d’autres cours (d’autres Rabbanim) se valent.
Je n’ai pas dit qu’il faille lui interdire de parler, ni l’incarcérer, ni que c’est un malfrat, je dis seulement que le contenu de ses cours n’a rien d’extra-ordinaire, son enseignement ne m’a pas émerveillé et je n’y ai pas vu ce qui justifierait que tous ces Gdolim le considéreraient comme le N°1 et au-dessus de ses pairs.

Suite à cela, j’ai enquêté et questionné des Rabbanim de Bnei Brak puisqu’on m’a dit que tout Bnei Brak est en admiration devant le Yenouka, et le résultat de cette enquête était que ce Yenouka leur est tout simplement... inconnu !

J’ai aussi tenté ma chance auprès de Ba’hourei Yeshiva de Bnei Brak, en me disant que les Ba’hourim sont souvent plus rapidement au courant que les rabbanim des phénomènes dont « les gens» parlent.
Ils ne savaient même pas de qui je parlais.
L’un d’entre eux m’a demandé s’il s’agissait d’un rabbi ‘hassidique (!), l’autre m’a dit qu’il ne connaissait pas.

Il y a certainement des gens qui connaissent le Yenouka à Bnei Brak, je ne dis pas l’inverse, mais en fait, ceux qui le connaissent à Bnei Brak sont généralement ceux qui sont connectés à internet, ceux qui ont le téléphone « pas Kasher ».

Les Rabbanim que je connais sont essentiellement de Ponovez et des milieux « avertis » et très religieux, ils n’ont pas de téléphones connectés, ils ont le « téléphone kasher » comme on dit là-bas, ce qui fait que les rabbanim qu’ils connaissent sont ceux que les Gdolim soutiennent réellement et qui se sont fait connaitre uniquement par la puissance de leur Torah (-pas ceux dont le Pirsoum repose beaucoup sur internet, les réseaux sociaux, les caméras et les photographes).

J’imagine que ceux qui connaissent et "adulent" le Yenouka à Bnei Brak seront plus nettement représentés parmi ceux qui ont le téléphone connecté. Et ça ne sera pas un hasard. (même s'il peut aussi avoir des admirateurs parmi les non-connectés)


J’ai questionné mon frère qui est aussi un rabbin de Bnei Brak (avec téléphone non connecté) et qui est proche de Rav Guershon Edelstein depuis 30 ans : il n’avait jamais entendu parler de ce Yenouka.
Si Rav Edelstein (ou d’autres Gdolim israéliens) étai(en)t en extase devant le Yenouka, il en aurait entendu parler.
Si c’était la lumière de la génération qui dépasse tous les rabbanim et qui est assurément le Mashia’h, il aurait au moins entendu son nom ou son surnom.

J’ai aussi questionné le Rav Moshé Tsuriel-Weiss (lui-même très réputé pour sa bekiout qui s’étale dans les dizaines de Sfarim qu’il a écrit), en lui demandant s’il avait entendu parler d’un Rav que l’on surnomme « le Yenouka » qui a 32 ans et dont les cours attirent les Gdolei Israel qui le considèrent comme un Gaon hors pair : il n’en a jamais entendu parler non plus...
Il m’a ajouté qu’il ne fallait pas trop se laisser impressionner par les Shmouot de ce genre, car il arrive souvent que les disciples exagèrent très nettement la renommée de leur Rav…


Un autre point, dans les reproches émis à mon encontre : il aurait été dit que mon insolence fait fi de la grandeur du Admour de Tsanz qui viendrait assister aux cours du Yenouka, on se demande donc : « Non mais il sait qui c’est le Admour de Tsanz ? » .
C’est vrai ça, saurais-je qui est le Admour de Tsanz ? Ben… oui, pour le coup je le connais, et même depuis l’époque où il n’était pas encore Admour, je sais qui c’est et je n’ai rien contre lui non plus, pourquoi voir dans mes propos du mépris pour lui aussi ?

La question qui m’a été posée n’était pas si le Admour de Tsanz apprécie les cours du Yenouka, ni si ces derniers l’impressionnent.
On m’a demandé si j’étais impressionné par le contenu de ses cours. La réponse est négative.

Si l’Admour de Tsanz va assister assidument à tous les cours du Yenouka, ça signifierait qu’ils les apprécient, sans aucun doute.
Mon seul doute est si l’information est parfaitement fiable, j’ai du mal à l’imaginer aller à chaque cours du Yenouka, il a pu assister un moment aux cours donnés par le Yenouka au Beit Hamidrash/synagogue Tsanz (en tant que Rav de Tsanz), car je sais qu’il a donné cours dans la synagogue Tsanz, mais ça ne veut pas dire qu’il soit « impressionné » par ses cours.

S’il se rend à ses cours même lorsqu’ils ne sont pas donnés au Beit Midrash/synagogue Tsanz, là oui, c’est qu’il est en extase devant ses cours.

Mais même si c’était le cas, ça ne justifie pas le mensonge.
Je ne dois pas mentir et répondre que je suis émerveillé par sa Torah si ce n’est pas vrai.

Après, bien entendu, si l’Admour de Tsanz et tous les Admourim et tous les Rashei yeshivot d’Israël s’extasient devant ses cours et sont émerveillés par leur beauté, le fait que je ne le sois pas, n’importe pas.
Mais je ne vais pas décider que je suis émerveillé parce que tous les rabbanim d’Israël le seraient (à part le fait que ce n’est pas vrai).

Je sais bien que de nombreuses personnes viennent à ses cours, même si ce n’est pas toujours l’Admour de Tsanz ni les Rashei yeshivot, le fait est que de nombreux juifs viennent à ses cours et j’en suis très impressionné, mais en écoutant très sincèrement le contenu de ses cours, non, je n’ai pas été impressionné, qu’y puis-je ?
Je suis impressionné par la forme (le cadre et la publicité), mais pas par le fond.

Encore une fois, ça ne veut pas dire que le Yenouka serait un charlatan ou un Am Haarets, ‘has veshalom, ni même qu’il ne mériterait pas notre respect.
Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas.
Je viens juste démentir l’affirmation selon laquelle les Gdolim le considèrent comme le messie et qu’il serait le nouveau Gaon de Vilna , que tout Bnei Brak serait épaté de son génie et ne parlerait que de lui ou qu’il éclipserait les autres Rabbanim tant sa compréhension de la Torah serait fulgurante etc.

Le Rav Yenouka est certainement un Tsadik et Talmid ‘Hakham, mon propos ne vient pas, ni ne venait à aucun moment, lui nier cela, ni le mépriser ou le traiter de charlatan ou de vulgaire rabbin.
Je suis déçu et peiné qu’on ait pu le comprendre ainsi, même s’il ne s’agit que d’une personne qui ait compris cela de mes paroles.


Les éléments objectifs que je mentionne et désapprouve sont sa diction lente et monotone, son ton triste ainsi que les sujets autour desquels ses cours sont axés, presque exclusivement de la kabbala.

D’une part il s’agit de points -il me semble- absolument objectifs et d’autre part, cela ne constitue pas un Psoul ni une invalidation de la personne, je dis juste que son ton est triste (si d’autres préfèrent ce ton à un ton plus vivant, pas de souci, mais ils seront d’accord que son ton est monotone et manque de punch, après, c’est une question d’appréciation et de goût) et que les sujets dont il parle et la manière qu’il a de les traiter (=de l’angle kabbalistique) ne sont pas de nature à susciter l’intérêt auprès d’un auditoire classique et permettent une certaine flexibilité qui échappe souvent à la critique, de telle sorte qu’il n’est pas vraiment possible d’apprécier la profondeur de compréhension de l’orateur sur les sujets qu’il traite.

Après on va peut-être aussi me reprocher de « mépriser » le Rav Yoshiyahou Pinto parce que j’ai comparé leur façon de parler ?
On va me rappeler à l’ordre en demandant « Non mais il sait qui c’est le Rav Yoshiyahou Pinto ? ».
Je réponds d’emblée : oui, je sais qui c’est, je le connais aussi, et je ne le méprise pas (si ce n’est aux yeux de ceux qui veulent voir du mépris partout, hélas).

Il ne faut pas voir du mépris partout, on peut dire qu’un cours n’est pas si exceptionnel qu’on nous le présente, sans pour autant vouloir mépriser l’orateur (surtout que ce n’est pas lui qui annonce que son cours est exceptionnel ni qu’il surpasse tous les Gdolim ni qu’il est le messie…), je précise bien dans mon premier message que je ne remets pas en question sa qualité de talmid ‘hakham (voire même le contraire, je l’appuie), mais je dis que la publicité autour de ses cours est très largement exagérée.


Comme dans la question on me demandait de comparer sa Torah avec celle de Rav Yoel David Weiss, j’ai dit qu’à mon sens, celle de rav Weiss était bien plus appréciable [et il n’y a là aucun Lashon Hara, comme l’écrit le 'Hazon Ish (Kobets Igrot II, §133) qui explique que s'il est autorisé -au titre de Toélet- de dire du "Lashon Hara" sur un artisan à propos de son artisanat/travail, ça le sera à plus forte raison à propos de celui dont l'artisanat est la Torah -Torato Oumanouto- lorsque c’est Letoélet], mais j’ai tout de même tenu à préciser immédiatement que le Yenouka est aussi bien plus jeune que Rav Weiss et qu’il fallait lui laisser le temps, et ceci, toujours pour prendre sa défense et que mes dires ne soient pas vus comme une critique acerbe du Yenouka.

Et de nouveau : si je me trompe, je ne demande pas mieux que de le reconnaitre, si le rav Yenouka est capable de produire une Torah plus pertinente, plus palpitante, plus incisive, plus magistrale que ce Rav Y.D. Weiss, je serai le premier à m’en réjouir et jubiler.

J’apprécie la Torah du Rav Y.D. Weiss, si celle du Yenouka est plus puissante, plus prenante, plus profonde, plus Emet, si elle nous rattache plus au bon D.ieu, je serai heureux de pouvoir en bénéficier et apprendre de lui.

Je n’ai rien contre le Yenouka (contrairement à ce que mon lecteur semble avoir compris de mon post), mais je réitère ma suggestion : mettre par écrit tous les ‘hidoushim/éléments conséquents qu’il dit dans un cours et de les comparer ensuite au même travail effectué sur le cours d’un autre Rav, vous verrez que ça se vaut, qu’il n’y a rien de si extraordinaire dans ses cours -qui sont pourtant suivis par un grand public, je ne le nie pas.

Ou encore, autre test : mettre par écrit tout son cours et le signer du nom d’un petit rabbin de Moshav perdu (ou de banlieue parisienne), d’un nom passe-partout et inconnu, disons « Rav Guideon Ephraïm » (j’espère qu’il n’y a pas un Rav de ce nom, sinon, changez) et l’envoyer à une dizaine de Gdolim et de Guéonim et de Lamdanim pour voir s’ils décident (à la seule lecture de ses Divrei Torah) que ce rabbin est le Gaon de la génération.

Ne vous contentez pas de croire ce que l’on vous a dit (que tous les Gdolim le considèrent comme le N°1 de la génération), tentez cet exercice et analysez par vous-même.
Ne jugez pas sa Torah par ce qu’on vous dit que les Gdolim auraient dit à son sujet, jugez-là par vous-même, ou selon le second test, laissez les Gdolim eux-mêmes réellement juger des propos retranscrits.

(si vous faites le même test sur les écrits dudit Rav Y.D. Weiss, je suis sûr qu’en les signant « Issakhar Cohen », ou « Zvouloun Lévy », les Rabbanim en seraient tout autant épatés.
C’est uniquement le contenu de son enseignement qui nous renseigne sur la puissance de sa Torah, pas une propagande ni une mise en scène.
Sa Torah parle d’elle-même. Comme pour de nombreux autres Talmidei ‘hakhamim, même s’ils ont été parfois médiatisés par la suite, ce sont leurs écrits qui les ont fait connaitre. Le ‘Hazon Ish, le rav Margulies, le Noda Biyehouda, le Igrot Moshé, et tant d’autres.)


On s'est habitué à juger de l'intérêt d'un shiour par les rumeurs ou les mouvements de foule. En se disant que si "tout le monde" va à tel shiour c'est que c'est forcément un enseignement très éclairant, très instructif, très formateur.
Il faut être capable d'analyser le contenu d'un shiour pour ce qu'il nous apporte réellement et non en fonction de ce qu'on nous dit qu'il faut en penser.

Après, vous pourrez estimer que même sans vraiment voir de différence conséquente (ni vous ni les Gdolim auxquels vous auriez envoyé la retranscription du Shiour), vous optez pour faire tout de même confiance aux témoignages qu’on vous a rapportés (selon lesquels les Rabbanim diraient unanimement que le Yenouka serait bien plus profond), et choisissez de croire que le Yenouka serait plus Gaon que tous même si ça n’est pas perceptible -car les grands rabbanim l’affirmeraient (et eux peuvent mieux analyser et comprendre que nous).

Cependant, vous conviendrez qu’à l’écoute seule de ses cours, cette Gadlout incroyable de ne se remarque pas -du moins pour un simple juif comme moi.

C’est tout ce que je disais.
(et Kal va’homer si les Gueonim et Lamdanim ne sont pas en extase devant votre retranscription fidèle de son cours signée par un petit rabbin inconnu, cela signifierait que même les Talmidei ‘hakhamim ne seraient pas en mesure de déceler la suprématie indiscutable de l’enseignement du Yenouka).


Si les Gdolei Israel assurent unanimement que le Yenouka est au-dessus de tous les rabbanim en Torah, je m’inclinerai mille fois bien entendu, je n’ai pas la prétention de mieux savoir qu’eux, je n’ai fait que répondre à ceux qui me demandaient si j’avais été « impressionné » par son enseignement.

Aurais-je dû mentir ?
J’ai dit la vérité, que je n’ai pas été impressionné.
Mais c’est peut-être dû à mon incompétence, bien sûr, je ne fais que dire que « JE » n’ai pas été impressionné.

Si vous êtes émerveillé et impressionné par la beauté de ses ‘Hidoushim, j’en suis fort aise et je ne viens pas vous l’interdire !
Qui serais-je pour pouvoir y prétendre ?
Mais si vous vous basez essentiellement sur « ce que les gens disent » et que « tous les Rabbanim reconnaissent que c’est la lumière de la génération », ça n’indique pas que ses cours soient « impressionnants », vous n’êtes pas impressionné par ses cours, mais par son auditoire -et ça, je le suis aussi !

A ma connaissance et d’après les témoignages que j’ai recueillis, ces rumeurs que le tout Bnei Brak serait en extase devant lui sont mensongères (ou du moins très fortement exagérées) et -hélas, je sais que certains agissent délibérément ainsi, ils mentent afin de faire beaucoup de publicité à un jeune Talmid ‘Hakham à des fins non louables.

J’ai déjà été confronté à ces gens-là, leur mauvaise foi ne fait pas de doute et le Zilzoul qu’ils professent à l’encontre des grands rabbanim qu’ils veulent faire passer en second plan après leur idole, est parfois ridicule.

Ça ne veut pas dire que les rabbanim « bénéficiaires » de cette publicité excessive soient de mèche avec leurs managers, ni qu’ils cautionnent de tels agissements, je suis sûr que ce n’est pas le cas, mais je sais que ces concussionnaires, spécialistes de la forfaiture en forfanterie, existent bien.

Et comme je ne l’ai vraisemblablement pas assez fait dans mon premier post, je le répète et le rabâche encore plus dans celui-ci :
ça ne signifie pas que le Yenouka soit un Batlan/un impie/ un clown/ un Am Haarets/ etc. ‘Has Veshalom et Ra’hmana Litslan Mehay Daata ! je ne fais que dire que ce qui est dit à son sujet est excessif et mensonger, il n’est pas adulé par tout Bnei Brak, ni loué par tous les Rabbanim, il n’est pas comparable au Gaon de Vilna (mais ce n’est pas un crime -personne sur terre ne l’est actuellement) et il ne surpasse pas tous les rabbanim par sa compréhension de la Torah.


Je suis étonné qu’en dépit de l’effort que j’ai mis dans mon premier post à souligner plusieurs fois que je ne remettais pas en cause sa qualité de Talmid ‘hakham (mais seulement celle de « Mashia’h » etc.), on puisse arriver honnêtement à lire l’inverse dans mes mots (à moins que l’on ne cherche sciemment à me faire dire l’inverse de ce que j’ai écrit afin de créer une polémique et une Ma’hloket ? Je n’espère pas, quand même).


Si vous n’avez pas peur du résultat, faites les deux tests que je vous suggère plus haut et rendez-vous compte par vous-même que je dis à peu près vrai.

Si vous n’osez pas faire ces tests, posez-vous les bonnes questions, car c’est soit par malhonnêteté intellectuelle, soit parce que vous êtes en fait d’accord avec moi que ses cours ne sont pas exceptionnels, mais vous voulez penser que le Rav lui-même serait malgré tout exceptionnel.
Là-dessus, je ne peux rien dire, je ne le connais pas pour savoir à quel point il est exceptionnel, nous parlions jusque-là de ses cours, de savoir s’ils sont impressionnants, pas de la qualité de Tsidkout de l’homme sur laquelle je ne me suis évidemment pas prononcé (si ce n’est pour la lui accorder Min Hastam). [et rien ne vous empêche de croire qu'il est exceptionnel même si vous reconnaissez que ces cours ne le sont pas (=pas à ce point)]

Vous vous rendrez alors compte que vous avez fait fausse route et m’avez reproché d’attaquer sa Tsidkout (ce qui est faux) car elle est (ou serait) soutenue et affirmée par des milliers de rabbanim, alors que mon propos était d’analyser l’émerveillement que produit son enseignement (ce qui est notre sujet).

On vous a dit que la moitié des Gdolim d’Israël le considèrent comme « le "Mashia’h"/ le Gaon/etc. », vous avez cru cette information et vous êtes offusqué que je ne la partage pas en écoutant ses Shiourim.
Je suis navré de vous le dire, mais cette Gueonout exceptionnelle n’apparait pas à travers l’écoute de ses cours.

Ça ne veut pas dire que je lui nierais sa qualité de « mashia’h/ Gaon n°1 /etc. », mais je nie que le contenu de ses cours soit suffisant à nous en convaincre (je parle bien du contenu, pas de la forme ,ni de tout ce qui est publicité autour, où là, je l'avoue, c'est très impressionnant).

Si c’était vrai que tout Bnei Brak était en émoi devant son incroyable Gueonout, il y aurait eu lieu de se demander qu’est-ce qui leur a permis de la déceler, mais comme mon enquête indique que plusieurs rabbanim de Bnei Brak ne le connaissent pas du tout, il n’y a rien à se demander, on a la réponse.


Encore un point : dans les reproches à mon encontre, on m’a rapporté qu’il aurait aussi été dit quelque chose du genre :
« mais pour qui il se prend ce type? » (= pour qui je me prends), « ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de Talmidei ‘hakhamim en France qu’il peut se permettre de parler avec un tel mépris d’un Rav alors que la moitié des Gdolim d’Israël estiment que c’est un Gaon et qu’ils viennent assister à ses cours »
(c’est à peu près ces mots-là; les reproches ne m’ont pas été adressés directement, c’est du kli shlishi).

Là-dessus aussi, je tiens à clarifier un point car je ne sais pas quelle intention on me prête :
Je ne viens pas me comparer à ce Rav Yenouka (ni à aucun de ces Rabbanim qui certifieraient que c’est le Mashia’h), j’espère ne pas avoir malencontreusement laissé entendre d’une quelconque manière que mon intention serait de dire que je pourrais me comparer à lui, encore une fois, loin de moi de telles choses.

Soyons clair : je suis un tout petit, ni Baki, ni Lamdan, ni Mévin, ni Gaon, ni Rabbi, ni Tsadik, ni Kadosh, ni rien du tout.
Le seul atout que je considère avoir avec certitude, c’est d’en être conscient, conscient de mon humble niveau.

Voilà la réponse à votre question cher ami (si vous me lisez):
Pour qui je me prends ? Pour un simple juif, rien de plus.

Où auriez-vous lu que j’aurais eu l’audace et l’insolence de me comparer au Yenouka ? ou à un autre Rav ?
Je peux être parfaitement conscient de ma petitesse sans que cela ne m’empêche de voir une différence de niveau entre l’enseignement du Yenouka et celui de Rav Y.D. Weiss (par exemple).
Me serai-je comparé à l’un d’eux ?
Aurais-je eu la prétention de pouvoir rivaliser avec l’un d’eux ?
pourquoi me prêtez-vous de tels propos ? pourquoi m’attribuez-vous de telles intentions qui vous conduisent irrémédiablement à me juger Lekaf ‘Hova ?

N'auriez-vous pas dû tenter de prime abord une approche Lekaf Zkhout comme le demande la Halakha, cette approche vous aurait permis de vous rendre compte que je ne critique pas l'homme mais la propagande irrespectueuse des autres Rabbanim que je viens défendre.

[A moins que vous n'estimiez que j'étais Be'hezkat Rasha depuis longtemps, auquel cas vous auriez eu raison de me juger Lekaf 'Hova comme vous l'avez fait, et comme il convient de faire avec un Rasha notoire, mais alors pourquoi m'avoir lu?]


Sans le connaitre, et sans avoir été impressionné par ses cours, je suis prêt à reconnaitre la suprématie du Yenouka par rapport à moi (s’il fallait le préciser), mais pas par rapport aux Gdolei Israel que quelques malotrus font passer au second plan derrière le Yenouka (et tentent de vous en convaincre).
Je n’ai aucun souci à dire que le Yenouka est bien plus grand que moi en Torah (et je l’espère pour lui), le sujet était de savoir s’il est bien plus grand que tous les rabbanim -et non de savoir s’il est plus grand qu’un petit françouillard, ça c’est donné à tout le monde.


Mais la propagande diffusée selon laquelle il dépasserait tous les ‘Hakhmei Hador par sa Torah (et c’est pourquoi de nombreux Gdolim viendraient assister à ses cours, comment l’expliquer autrement ?), est mensongère et surtout irrespectueuse des Gdolei Harabanim.

C’est contre cette cabale que je me suis inscrit en faux, pour le Kavod de la Torah, pas contre le rav Yenouka, mais contre ses managers qui diffusent ces idées.

Bon, j’espère avoir été "plus que clair" cette fois-ci, pour persister à me juger Lekaf ‘Hova il faudrait vraiment être de mauvaise foi.
Tentons plutôt le Shalom...

PS: désolé de la longueur de ce post et désolé pour les éventuelles fautes, je n'ai pas la force de me relire.
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