Biblical Studies VS Yeshiva Voir le sujet suivant
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Si vales valeo



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MessagePosté le: Lun 06 Mai 2019, 13:56 Répondre en citantRevenir en haut

Bonjour Rav Wattenberg,

Ne faudrait-il pas préférer/encourager la poursuite d'études bibliques dans une université (comme Bar Ilan par exemple), aux années de Yeshiva qui limitent le programme d'étude à quelques Dapim par an ?

J'aimerais s'il vous plaît avoir votre avis sur ces fameuses "biblical studies" proposées par les universités (master de Talmud et autres) versus la Yeshiva qui ne semble pas proposer un cadre d'étude suffisamment efficace pour produire des Talmidei Hakhamim.

Merci d'avance.
Rav Binyamin Wattenberg




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MessagePosté le: Mar 07 Mai 2019, 11:36 Répondre en citantRevenir en haut

Lorsque ces cursus produiront des Talmidei 'Hakhamim on pourra se poser la question.

Dit autrement: le Talmid 'Hakham n'est pas celui qui peut lire/citer/expliquer des textes saints, il faut aussi qu'il les intègre, les comprenne profondément et les vive.

Un élève d'université en études bibliques saura certainement plus de choses qu'un ba'hour yeshiva en Bible, puisqu'on n'étudie généralement pas la Bible en yeshiva, posons donc la question sur un élève en études talmudiques (Talmudical studies -car ça existe aussi).

Il arrivera parfois que les meilleurs élèves d'université puissent réciter et résumer les Gmarot mieux qu'un ba'hour yeshiva, mais cela ne suffit pas encore. (et généralement, pour la profondeur de compréhension des universitaires, il faudra repasser. Ils sont plutôt formés à la compréhension superficielle qui permet -au mieux- de résumer les Gmarot. C'est bien, mais insuffisant.)

C'est très bien de connaître les Gmarot, mais ça ne rend pas Talmid 'Hakham, pour cela il faut aussi une approche, une perception, qui ne se transmet que d'une personne l'ayant elle-même reçue par son maître plus tôt.

Il n'est pas impossible qu'un enseignant Talmid 'Hakham enseigne la Gmara dans une université et il est vrai que si l'un des élèves a de bonnes dispositions et s'attelle à la tâche il pourra absorber la hashkafa de son maître, mais c'est très rare (que le maître soit réellement Talmid 'Hakham et que l'élève soit vraiment un Talmid Hagoun, car souvent, le Talmid Hagoun se dirige plutôt vers une yeshiva)

Et comme pour absorber la hashkafa en question il est indispensable de travailler en parallèle sa yirat Shamayim, cela complique encore plus les choses à l'université et donne encore un avantage à la yeshiva où l'accent est généralement mis sur la yirat Shamayim (du moins, plus qu'à l'université où l'on considère que chacun est libre de ses aspirations spirituelles, l'université n'est là que pour transmettre un savoir, des connaissances, pas une hashkafa ou une tendance religieuse. Si un élève fait preuve flagrante de manque de Yirat Shamayim -et génère par sa conduite une ambiance non propice à cette Yirat Shamayim, tant qu'il se comporte bien civilement, il ne sera ni renvoyé de l'université, ni réprimandé. Ce qui n'est pas le cas dans une yeshiva) .

Bref, les atouts de la yeshiva sur l'université sont:

1) valorisation et recherche de perfectionnement en Yirat Shamayim

2) enseignants eux-mêmes pétris de Yirat Shamayim et ayant absorbé (on l'espère) les hashkafot nécessaires au Talmid 'Hakham pour pouvoir les transmettre à leur tour par leur conduite et leur discours.

3) regroupement d'élèves motivés par l'élévation spirituelle (et pas seulement par la "connaissance" des textes)

4) écartement des élèves qui nuisent à l'ambiance propice à la Yirat Shamayim

Si, d'un autre côté, le Derekh Halimoud des yeshivot s'égare, il faut savoir y remédier, mais ce n'est certainement pas à l'université qu'on trouvera la solution. (Et le jour où une université adoptera les 4 points cités plus haut, avec la même intensité qu'une yeshiva, ça sera ...une yeshiva!)

Il y a un peu plus d'une dizaine d'années, à l'époque où j'étais enseignant de yeshiva, j'ai tenté d'apporter ma contribution au redressement de ce tort. Baroukh Hashem, ça a très bien marché.

Pour pouvoir apporter une vraie contribution, durable et profonde, qui impacterait réellement le judaïsme -par la création de Talmidei 'Hakhamim aux vastes connaissances, il faudrait créer une yeshiva selon un plan bien précis (que j'avais commencé à élaborer à l'époque) , mais cela nécessite de grands moyens financiers. Et comme il est déjà rare de trouver une personne qui souhaite sponsoriser une yeshiva, à plus forte raison sera-t-il rare d'en trouver une pour ce type de yeshiva qui sort un peu de l'ordinaire.

[ Oui, je sais, il y a parmi les lecteurs -actuellement, des gens qui se disent: "Moi je voudrais bien si j'en avais les moyens, c'est sûr, c'est ça que je ferai en premier si je gagne au Loto..." , mais que ces personnes veuillent bien faire un effort de réflexion avec honnêteté intellectuelle et admettre que ce genre de discours n'est tenu précisément QUE par ceux qui n'en ont pas les moyens financiers.
Cela pousse à croire que dès qu'on dispose des moyens nécessaires, on ne trouve plus ce projet tellement capital/intéressant...


Il en va de même pour tous les grands projets importants en Torah qui ne procurent pas une grande source de fierté/publicité (à la différence de la sponsorisation d'un immeuble de yeshiva par exemple) , comme soutenir des Avrekhim par association Issakhar-Zvouloun: "si je gagnais le double de ce que je gagne, bien sûr que je ferais Issakhar-Zvouloun et donnerais 50% de mes gains à un Avrekh Talmid 'Hakham, mais actuellement, je ne gagne pas assez, hélas..." . ]

Pas qu'il soit impossible de trouver un sponsor pour ce grand projet, mais disons que ce n'est pas courant.
Et s'il faut quémander et faire du porte-à-porte pour récolter chez de multiples donateurs les fonds nécessaires, là ce n'est pas courant qu'un Rosh Yeshiva apte à CE projet souhaite prendre cette charge (qui -de surcroît- sera plus lourde que celle d'une Yeshiva habituelle).

En attendant, chacun doit savoir se diriger vers une yeshiva où il arrivera à maintenir -à titre individuel- un Derekh limoud pas trop catastrophique, de nombreuses yeshivot le permettent et si dans le cadre de la yeshiva cela s'avère être difficile à mettre en place, ça reste assurément possible au Kollel.

Les futurs Talmidei 'Hakhamim seront donc plus probablement des anciens élèves de yeshivot que d'universités.

Concrètement, à l'heure actuelle, il y a déjà eu des érudits formés par des universités, mais de véritables Talmidei 'Hakhamim, je n'en connais pas. Vous en connaissez, vous?
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