Il faut éviter de prendre un médicament lors d'un jour de jeûne si cette interruption ne compromet pas l’efficacité du traitement.
Sources et explications :
Le Choul'han Arou'h (סי' תריב ס"ו) écrit que si l'on a consommé pendant Kippour un aliment généralement immangeable en raison de son amertume, on n'enfreint pas d'interdit doraïta. Cependant, il est interdit derabanan de le consommer, comme le précise le Michna Broura (סקט"ו).
Le Baer Heitev (סי' תקסז סק"ז) rapporte les propos du Halakhot Ketanot (ח"ב סי' צז) selon lesquels, étant donné que l'interdit de consommer un aliment amer pendant Kippour n'est que derabanan, en cas de nécessité médicale, il est permis de prendre un médicament amer lors d'un jour de jeûne.
L'eau doit-elle avoir un goût amer ?
Le Kaf Ha'haïm (סי' תקנד סקל"ד) précise que lors des 4 jeunes (le 17 Tamouz, le 9 Av, le jeûne de Guedalia et le 10 Teveth), un malade a le droit d'avaler un médicament sans eau, ou avec de l'eau amère.
D'un autre côté, Rav Shlomo Zalman Auerbach (הליכות שלמה מועדים ניסן פט"ז ס"ג) soutient que c'est uniquement à Kippour que l'eau doit être amère, mais le 9 av, un malade incapable d'avaler son médicament sans eau, pourra boire un peu d'eau – pas nécessairement amère – pour pouvoir l'avaler.
Rav Ovadia Yossef (חזון עובדיה ד' תעניות עמ' רעט) permet également d'avaler un comprimé avec un peu d'eau, qui n'est pas forcément amère.
Voyez aussi le Igrot Moshé (או"ח ח"ג סי' צא) qui autorise, même à Kippour, de prendre une pilule avec un peu d'eau (pour éviter de tomber gravement malade), si on ne peut pas l'avaler sans eau.
Cependant, Rav Elyashiv (אשרי האיש מועדים פס"ז ס"ט) et Rav Bentzion Abba-Shaoul (אור לציון ח"ג פכ"ט סי"א) s'accordent avec l'avis du Kaf Ha'haïm qui exige que l'eau soit amère.
A cet effet, Rav Elyashiv suggère d'utiliser quatre sachets de thé afin de préparer un concentré qu'on versera dans un verre d'eau.
Un antalgique qui a bon goût
Rav Shlomo Zalman Auerbach (שם פי"ג סק"ח) ajoute qu'une personne en bonne santé souffrant de maux de tête très douloureux peut également prendre un comprimé antidouleur pendant un jeûne ; sauf à Kippour, où uniquement une personne alitée ou particulièrement faible a le droit de prendre un médicament, comme l'écrit le Rama (סי' שכח סעיף לח).
Il précise que si cette pilule a bon goût, il faudra l'envelopper d'un papier fin avant de l'avaler.
Il se fonde sur les propos du Choul'han Arou'h (סי' תעה ס"ג) selon lesquels si l'on enveloppe la matza d'une fine fibre végétale avant de l'avaler, on ne s'acquitte pas de la mitzva.
Un médicament dont on peut se passer
Concernant la prise de médicaments lors d'un jour de jeûne pour une personne ni malade ni souffrante, j'ai entendu de Rav Tzvi Weber (Rav du quartier de Névé Yaakov à Jérusalem) que si l'efficacité du traitement risque d'être compromise en cas d'interruption, il est alors permis d'avaler le comprimé sans eau ou avec de l'eau amère. Cependant, si l'on peut se passer de ce médicament ce jour-là, il faudra éviter de le prendre pendant un jour de jeûne.