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Shoa pourquoi ?

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israel
Messages: 58
Comment expliquer que D. ait laissé faire l'Holocauste ?
eliyoel
Messages: 9
bonjour,
Je ne connais pas votre sensibilité à l'égard de la shoa, et je ne prétends pas moi-même pouvoir répondre correctement à cette question dérangeante...
Néanmoins, je puis essayer d'amener des éléments même durs à accepter.

tout d'abord, votre question implique que Dieu intervient toujours d'une part, et d'autre part que la shoa était une chose injuste que pourtant il a laissé faire.

Ce en quoi la shoa est différente des autres pogromes, croisades etc... dont les juifs furent les victimes, est l'ampleur du massacre et ensuite son caractère systématique et plannifié. Il y un livre "yossel rakover s'adrees à Dieu" si je me souviens bien, qui montre un juif en pleine shoa en train d'accuser Dieu d'une part et d'autre part en train de confirmer son judaïsme vers son créateur, ce qui semble contradictoire..
Le libre-arbitre donné aux hommes est tel que l'humanité prend ses propres décisions mais que malgré tout Hachem a un plan divin et que lui-même intervient lorsque les hommes en dévient un peu trop. Quel est son plan? Nous n'en connaissons pas grand chose, et surtout peut-on utiliser un mot humain pour définir une volonté divine et en majeure partie innaccessible ?
On peut considérer l'existence d'Israël liée à son comportement, ses actions, son degré d'attachement à Dieu. Lorque nous représentons vraiment un "peuple de prêtres parmi les nations", Hachem intervient dans notre vie, nous protège de chaque danger et empêche les personnes ou les nations mal-intentionnées de nous faire du mal : c'est alors une abondance de bonté. Par contre, l'inverse mène à ce que, puisque nous avons décidé de nous passer de lui et de rejeter sa royauté, lui aussi nous laisse à nos décisions : si l'on décide qu'on se passe de lui, il n'intervient plus comme avant pour nous protéger. Dans l'optique ou le mauvais penchant de l'homme est enfait l'absence de bien dont il est responsable, cela signifie qu'Israël est responsable de ses propres maux.
Cependant, comment expliquer que des personnes pieuses, des enfants, des bébés soient exterminées ? Dire que ce sont des guilgoulim qui reviennent expier leurs fautes est "accepté" par un très petit nombre de personnes, surtout qu'il y en a 6 millions.
Par contre, il faut savoir qu'on se demande souvent pourquoi est-ce que des mécréants vivent vieux et dans l'opulence quand des gens méritantes sont dans la misère : Il est mentionné dans le talmud que notamment la richesse, c'est quelquechose qui est décidé avant notre naissance et que les "véritables" bénédictions que Hachem nous donne, chacun en profitera après son court passage sur terre. Néanmoins, il est mentionné dans la bible à plusieurs reprise quand il s'agit de nos patriarches, que des mécréants ont été bénis et ont été prospères à cause du passage des avoth dans certains endroits : c'est là le point où je veux arriver.

Bien sûr, chacun a son propre zekhout. Mais nous sommes un peuple, chacun de nous influe par son mérite sur l'ensemble de la communauté, comme par son mauvais comportement. nous demandons dans la amida à Hachem de nous bénir tous comme un seul, c'est à dire également que les guedolé hador font profiter chacun(e) de leur mérite, et qu'ils supportent également une part de nos mauvaise actions.

En fait, je n'aime pas trop le moussar qui met l'accent sur les mauvaises choses et les punitions liées...

Je ne suis pas non plus islamiste (je parle pour une catégorie d'entre eux) qui prétend que la vie ici bas ne signifie rien et seule la vie après la mort est réélle.

Simplement, en relisant la bible et les nombreuses fois où Hachem nous a prévenus et que l'on s'est détournés, ainsi que les lois irrationnelles qu'il nous a données, le livre de job, et également en mettant ma confiance en Ses desseins, j'essaye d'accepter cette épreuve de la shoa comme un grand nissayone que je ne comprends pas encore mais que ma foi me promet que je comprendrai un jour ; de rechercher profondément pourquoi Hakadoche baroukh hou "qui ne dort ni ne sommeille" a-t-il laissé 6 millions de son peuple périr en le conjuguant avec Sa volonté de laisser aux hommes (qui représentent un gestalt, l'humanité, c'est à dire l'âme de adam harichone et donc un grand organisme donc chacun est un petit membre) le libre-arbitre dans leur comprtement à l'égard de leurs prochains.

Il n'y a pas actuellement de réponse propre à satisfaire chacun, mais il y a par contre beaucoup dans notre histoire et dans les domaines qui peuvent être perçus rationnellement, de quoi parfaire notre foi en le Dieu d'Israël.
Rabbin Marc Meyer
Messages: 501
Sans essayer d'être exhaustif - qui peut l'être dans ce domaine - permettez-moi de mettre le doigt sur quelques points intéressants du problème.

Premièrement, même s'il est vrai que jamais il n'y eut d'extermination de juifs menée de façon aussi organisée, il y eut cependant de terribles massacres de par le passé qui en nombre de tués, peuvent s'apparenter à la Schoah.
En Egypte, et selon plusieurs Midraschim, rapportés par les commentateurs, 4/5èmes des juifs moururent pendant les 3 jours de ténèbres. Il est vrai qu'il s'agit de la Main de D-ieu qui frappe, mais il s'agit d'un chiffre vertigineux. En effet, 600.000 hommes de 20 à 60 ans, auxquels nous devons ajouter environ 600.000 femmes, plus quelques enfants par famille, plus les vieux, et on arrive sans trop se donner de peine à 4 ou 5 millions. Multipliez par 4, et vous avez un nombre de mort effrayant en très peu de temps.

Les historiens discutent concernant le nombre de morts de la main des romains, lors de la destruction de Jérusalem et du Temple, lors du massacre de Bethar et du mur de cadavre qu'ils ont empêcher d'enterrer pendant très longtemps et du massacre des juifs d'Alexandrie, où sur des kilomètres, la mer était rouge du sang des tués ! Mais pour l'époque, ces chiffres sont peut-être plus terribles encore que ceux de la Schoah.

Les massacres des croisades et ceux de la peste noire, dont on voulait que les juifs en soient la cause, furent effrayants eux aussi, comme plus tard les pogroms d'Ukraine.

La grande différence tient du fait de l'information.

Les moyens modernes ont permis de visualiser l'innomable. Ils ont permis la diffusion de l'information. Malgré la volonté des nazis de cacher ces monstruosités, des études et des recherches ont permis de faire connaître la vérité à tout le monde. Des témoins ont fini par s'exprimer.

Jamais tout cela n'a été possible par le passé.

Mais personne n'ose montrer du doigt la Schoah spirituelle de millions de juifs russes et autre nations sous le régime de l'URSS, pendant quelques 75 ans. Nous sommes sensibles à la perte de la vie matérielle et beaucoup moins de la vie spirituelle.
Nous avons certainement perdu plus de juifs depuis la guerre que pendant la guerre ! Par l'assimilation et les mariages mixtes.

Pour revenir au problème de la Schoah, il est évident que l'épreuve qu'a vécu le peuple juif est une épreuve immense. Cependant, on rencontre de façon identique, des rescapés des camps de la mort, renforcés dans leur foi en D-ieu, ou qui l'y ont trouvée, et d'autres qui l'y ont perdue. Ils deviennent de moins en moins nombreux.

Une personnalité rabbinique très connue dans le monde de la Torah et du Moussar, me rapportait un dialogue avec un autre juif.
"Comment pouvez-vous encore croire, après cette catastrophe ?" disait ce juif. "Vous me voyez" lui répondit-il, "j'étais un gringalet, et dans les camps de travail de Sibérie, par moins 40°, sans habit, sans manger, en travail forcé 12 heures par jour, et après des années je suis toujours vivant ! et vous voudriez que je ne croie pas en D-ieu !"

Pourquoi lui est parti et l'autre est resté vivant ? A cette question nous ne pouvons pas répondre. Comment pouvoir sonder les raisons et les projets divins ?

Et puis nous devons aussi nous poser une autre question.
Pourquoi tel décède trop tôt à nos yeux et tel autre mène sa vie heureuse jusqu'à un âge avancé ?
Peut-être devrait-on raisonner tout autrement.
Ce nourisson qui est décédé en si bas âge, ne devait que vivre ces quelques mois ?
Cet enfant qui est mort si jeune, peut-être ne devait-il venir au monde que pour vivre ces quelques années ?
Cet adulte ravi trop tôt à ses proches, mais peut-être a-t-il rempli en si peu de temps son contrat, et n'est-il venu sur terre que pour cela ?

Tout le problème ne se situe pas au niveau de celui ou celle qui n'est plus. C'est la douleur de ceux qui restent et auxquels D-ieu a pris un être cher, qui est problème. C'est cela qui nous fait mal et nous fait nous interroger.

Nous avons l'impression que la mort est une fin. C'est faux. Elle est un début de vie éternelle ! Avant la mort nous sommes limité par le temps et l'espace. Après la mort, la perte de notre enveloppe charnelle, de cette enveloppe qui nous empêche de voyager dans le temps et d'être partout à la fois, nous ouvre les portes de l'infini et de jouissances incomparables. Evidemment pour ceux qui le méritent.

Il peut y avoir deux sortes de raisons qui nous font aspirer à rester vivant. Ou pour la Torah et les Mitsvoth, car comme le disent nos Sages : "Un instant de Torah et de Mitsvoth dans ce monde-ci vaut plus que tout le monde à venir." Ou par notre attachement à la matière et aux jouissances matérielles de ce monde que nous avons peur de quitter ou de perdre.

Ces raisonnements, nous ne pouvons les faire que pour nous-même.
Quant à l'autre : "Ses besoins matériels doivent être du domaine de notre responsabilité spirituelle".

Permettez-moi d'aborder le sujet d'un autre point de vue.

Nous sommes croyants, nous juifs, descendants de croyants. Nous savons que rien ne peut se faire dans le monde si D-ieu ne le veut pas.
Nous savons que si l'antisémitisme existe c'est que D-ieu veut nous rappeler que nous sommes juifs et que cela implique des responsabilités dont nous voulons nous défaire.
Posons-nous le problème autrement, maintenant.
Nous ne pouvons pas imaginer que nos erreurs ont été si grave au point que D-ieu nous secoue si sérieusement. Peut-être que notre plus grosse erreur a été de ne pas réaliser à quel point le judaïsme a chuté avant la catastrophe.
Depuis la révolution française, et donc à partir du moment où les juifs en Europe ont acquis le droit de citoyenneté, où ils ont été séduits par les "lumières" de la Haskalah, l'assimilation est devenue galopante. Auparavant, le Schabbath, la Kascherouth, Taharath Hamischpa'hah étaient tenus par l'immense majorité des juifs. Pour prendre un exemple en ce qui concerne le judaïsme alsacien : on pouvait manger kascher dans tous les foyers juifs alsaciens avant la guerre de 14-18.

C'est en Allemagne, à Nuremberg, qu'en 1835 le mouvement de la réforme a rejeté le Code des Lois du Schoul'hane Arouch, et c'est un siècle plus dans la même ville qu'ont été édictés les lois de discrimination des nazis contre les juifs, dites Lois de Nuremberg.

La banalisation de l'assimilation, du mariage mixte, du 'Hilloul Schabbath, du non-respect de Taharath Hamischpa'hah est peut-être ce qu'il y a de pire. On s'y fait, on fait avec.

Il y a, D-ieu merci, un réveil dans le peuple juif, et il se doit d'être optimiste pour le futur.
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