Tirer une chasse d'eau pendant Chabbat ne pose pas de problème de hotza'a (transférer d'un domaine à un autre) ou de te'houmin.
Sources et explications :
Hotza'a
Le Shoul'han Arou'h (סי' שנז סעיפים ב־ג) évoque un canal d'évacuation qui se trouve dans une cour privée et dont les eaux usées débouchent sur la voie publique.
Il statue qu'il est permis d'y déverser de l'eau pendant Chabbat uniquement si ce canal est fait d'un matériau qui peut absorber cette eau. Par exemple s'il est fait de pierres et qu'entre ces pierres est interposée de la terre qui peut absorber cette eau.
En revanche, si ce conduit est fait d'un matériau qui ne peut pas absorber cette eau, comme par exemple du bois, c'est interdit. Car dans ce cas, on dirait qu'il a l'intention de transférer cette eau dans le domaine public.
Le Mishna Broura (סק"ח) précise qu'on enfreint l'interdit doraïta de hotza'a uniquement lorsqu'on verse directement dans le domaine public, mais pas lorsqu'on déverse de l'eau dans notre cour et qu'elle s'écoule d'elle-même dans la voie publique.
Les propos du Hazon Ish
Néanmoins, le Hazon Ish (סי' קד סק"ב) affirme qu'il est permis d'évacuer des eaux usées via les tuyaux qui se trouvent dans nos maisons vers une carmélite.
Il écrit que bien qu'il s'agisse de tuyaux métalliques qui ne peuvent pas absorber cette eau, malgré tout, c'est permis, car ces tuyaux ont un statut de mekom ptor, et ce, pour deux raisons.
Premièrement, puisque généralement ces tuyaux ont un diamètre inférieur à quatre tefa'him (en tout cas au niveau de leur extrémité), ils ne sont pas considérés comme une carmélite mais comme un mekom ptor.
Deuxièmement, puisque ces conduits ne sont pas semi-cylindriques mais fermés sur le dessus et qu'on de ne peut pas les utiliser à l'intérieur de la maison, ils n'ont pas de statut de 'horei reshout haya'hid mais de mekom ptor.
Or, il est permis de verser de l'eau à partir d'un domaine privé vers un domaine publique via un mekom ptor, comme il ressort des propos du Rama (שם ס"ג).
Il ajoute que les tuyaux qui amènent de l'eau dans les maisons aussi ne posent pas de problème de hotza'a. Car ils conduisent de l'eau à partir d'une carmélite et les tuyaux sont un mekom ptor.
De plus, nous n'amenons pas cette eau directement mais en ouvrant un robinet.
Nous pouvons déduire des propos du Hazon Ish que tirer la chasse d'eau ne pose pas de problème de hotza'a, car les eaux usées domestiques arrivent dans les égouts ou dans une rivière ou dans la mer, lesquels sont tous des carmélites via des tuyaux qui ont un statut de mekom ptor.
L'interdit de te'houmin
Le Mahari Assad dans son shout Yehouda Ya'alé (סי' סא אות ב) affirme qu'en ouvrant le robinet pendant Chabbat, on n'enfreint pas l'interdit de te'houmin.
Il explique que de la même façon qu'il n'y a pas d'interdit de te'houmin à plus de dix tefa'him au-dessus de la surface d'une rivière ou de la mer, car ce sont des endroits qui ne ressemblent pas au désert (שו"ע סי' תד), il n'y a pas non plus d'interdit de te'houmin à plus de dix tefa'him en dessous de la surface de la terre.