Si l'on a oublié de compter le omer un soir – ou commis une erreur dans son décompte – et que l'on ne s'est pas rattrapé le jour suivant, on devra continuer à compter, mais sans bra'ha.
Sources et explications :
Cette question fait l'objet d'une discussion parmi les Guéonim et les Rishonim.
D'un côté, Bahag (Ba'al Halakhot Guedolot – qui était un des Guéonim) soutient que si on oublié un jour de compter le omer, on ne peut plus continuer à compter.
En effet, il comprend que le verset de la paracha de Emor (23:15) "Vous compterez sept semaines complètes" (temimot) vient nous enseigner que si on a manqué un jour, on ne pourra plus compter le omer, car il ne s'agit plus d'un décompte complet.
D'un autre côté, Tossefot dans le traité de Mena'hot (66a) conteste la position de Bahag, et affirme que bien qu'on ait manqué un jour, on est tenu de continuer à compter avec bra'ha. Le Tour (סי' תפט ס"ח) rapporte que c'est également l'opinion de Rav Haï Gaon (c'est peut-être donc l'auteur du des traité de Guéonim évoqué dans la question).
Le Rosh (à la fin du traité de Pessahim) explique que d'après cet avis, chaque jour est une mitzva en soi.
Aussi, d'après cette opinion, le mot temimot nous enseigne qu'il convient de compter au début de la nuit afin que chaque jour soit complet, comme le précise Tossefot.
Toutefois, le Shoul'han Arou'h (סי' תפט ס"ח) prend en compte l'opinion de Bahag et tranche que si on a oublié de compter un jour, on devra continuer à compter le omer, mais sans bra'ha.
Or, étant donné que les A'haronim n'ont pas contesté la conclusion du Shoul'han Arou'h, on doit se rendre à l'évidence que telle est la halakha retenue.
Par conséquent, une personne qui s'est trompé dans son décompte, si elle ne s'est pas corrigée avant le coucher du soleil du lendemain, ne peut plus réciter la bra'ha de al sefirat ha'omer.