Citation:
La gmara Baba metsia 30b apprend le Ptour de s'occuper de la aveda de son prochain lorsque ça nous occasionne une perte d'argent du Passouk lo yiye bekha evyon, rashi explique lo tavi atsmekha lide aniout. J'ai deux questions
1. Le fait d'être mevater un peu d'argent pour s'occuper de la aveda ne rend pas forcément pauvre ? Et un homme riche ne devrait pas être concerné par ce Ptour
2. La Gmara aurait dû dire simplement que hayekha kodmin et qu'il n'est pas logique que la aveida de l'autre soit plus importante que la mienne. Parce que la svara de lo tavi atsmekha lide aniout est difficile à comprendre puisqu'il est évident qu'il faut servir Hashem en utilisant son argent (bekhol meodekha, kabed et hashem mehonekha, mitsvat tsedaka etc etc) ! Surtout que la drasha de lo yiyé bekha evyone n'est pas écrite dans la parashat de la aveida (et ça ressemble a une drasha gmara pas asmakhta).
Peut etre en avez vous parlé dans votre shiour sur Sanhedrin 64b où la drasha apparaît ?
Ce passouk nous dit qu’on ne doit pas s’appauvrir.
La drasha nous dit, de manière générale (pas uniquement dans le cadre de hashavat aveida) qu’on ne peut pas nous demander de nous investir pour autrui à notre propre détriment.
Vous demandez que
Citation:
s'occuper de la aveda ne rend pas forcément pauvre ?
oui, pas forcément en une fois, c’est vrai.
Devenir pauvre serait le résultat de plusieurs actions qui « amènent vers la pauvreté », c’est pourquoi
Rashi reformule en disant לא תביא עצמך לידי עניות, la drasha n’est pas «
ne te rend pas pauvre », mais plutôt «
ne t’amène pas vers la pauvreté ».
Vous demandez
Citation:
La Gmara aurait dû dire simplement que hayekha kodmin
Cette drasha (basée sur וחי אחיך עמך) me semble bien moins adaptée, en effet, si vous trouviez qu’on ne devient pas forcément pauvre en rendant une Aveida, vous devriez aussi vous dire qu’on n’en meurt pas souvent.
La drasha de ‘Hayeikha Kodmin semble plutôt adaptée aux cas où il y a une mise en danger de soi. Comme dans
Baba Metsia (daf 62a) où R. Akiva répond à la drasha de Ben Petora.
Citation:
il n'est pas logique que la aveida de l'autre soit plus importante que la mienne
Vous avez raison, et c’est ça le sens / l’idée / le Taam de la Drasha qui dit «
lo tavi atsmekha lidei aniout ».
(cf. plus bas.)
Voyez aussi
Ramban ad loc. sv. Ein.
La question qui se pose sur tout ça, est celle que vous formulez ainsi :
Citation:
difficile à comprendre puisqu'il est évident qu'il faut servir Hashem en utilisant son argent (bekhol meodekha, kabed et hashem mehonekha, mitsvat tsedaka etc etc) !
En effet, la règle est qu’il faut aller jusqu’à dépenser 20% de ses biens pour accomplir une Mitsva positive, du coup, quelle différence avec cette Mitsva de hashavat Aveida ?
Je dirais que la Mitsva de faire en sorte que les objets perdus reviennent à leurs propriétaires ne peut pas se faire en causant l’inverse d’un autre côté.
C-à-d que si je peux faire hashavat aveida de mon prochain seulement en perdant un objet (appartenant à moi, à lui, ou à quelqu’un d’autre), je n’ai pas à le faire. Donc on ne peut pas me demander de faire hashavat aveida dans le cas où cela me fait perdre mon argent.
Le
Maharshag (I, §18, sv. Omnam) demande pourquoi on dit
(Baba Metsia 33a) que «
Aveidato veaveidat ‘havéro, aveidato kodémet » lorsque j’ai le choix entre récupérer mon objet ou celui de mon prochain, je donne la priorité au mien.
Pourtant, la règle indique que pour accomplir une Mitsva positive il faut aller jusqu’à sacrifier 20% de ses biens, donc ça devrait dépendre de la valeur de mon objet qui se perd.
Et la halakha est claire à ce sujet : même si mon objet ne vaut qu’une prouta et celui de mon prochain vaut beaucoup plus, malgré tout, je ne suis pas tenu d’abandonner le mien pour sauver le sien
(mais bien entendu, je peux, par exemple s’il me propose de me dédommager, accepter d’abandonner le mien etc.).
Il explique que la mitsva de Hashev Tashiv n’a pas été dite dans ce cas
(c’est ce que nous enseigne Efes ki lo yiyé bekha evyon). Je pense que l’idée
(qui explique pourquoi la mitsva n’a pas été dite dans ce cas) est celle que j’ai écrite plus haut.
[Le
Maharshag utilise cette règle aussi pour la halakha qui dit que «
Kiboud Av Mishel Av »
(=on n’est tenu de faire kiboud Av Vaem qu’avec des fonds appartenant aux parents ; le fils n’a pas d’obligation de dépenser ses sous pour le kavod de son père), pourtant, on devrait dépenser jusqu’à 20% pour une Mitsva positive !
Là aussi le
Maharshag dit que la Mitsva n’a pas été dite dans ce cas, la mitsva n’est que «
mishel av ».]
Voir aussi
Maharshag (III, §106 sv. Aval) qui parle encore de ça.
[Certains A’haronim demandent sur la gmara
Baba Metsia (71a) qui dit que si l’on a le choix entre prêter -avec intérêt- à un non juif, ou prêter -sans intérêt- à un juif (car il y a un interdit de prêt avec intérêt entre juifs), on optera pour prêter au juif.
Là encore : pourquoi dois-je perdre les intérêts ? pourtant en cas de deux objets perdus le mien a préséance !
Il y a -a priori- une différence simple à établir entre un cas de perte et un cas d’absence de gain. Mais dans hashavat aveida on nous dispense même s’il s’agit d’arrêter mon travail, et cela devrait s’apparenter plutôt à un manque à gagner…
Voir
Pnei Yehoshoua (Baba Metsia 71a sv. Pshita) et
Shaar Mishpat (§97,1).]