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Makhloket ou Safek ?

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Rafa2007
Messages: 98
Kvod harav j'aurais aimé avoir vos lumières sur un point qui m'interpelle. Lorsqu'il y a plusieurs avis sur une question il peut arriver que l'on déclare que cela soit une makhloket et que l'on tranche comme l'un ou que cela soit un Safek et que l'on applique la règle deoraita lahourma, deraban lakoula. Or parfois l'on tranche comme un possek pourtant plus mekil sur un sujet deoraita, en ne disant pas que cela soit un Safek et inversement.
Rav Binyamin Wattenberg
Messages: 7353
Citation:
Kvod harav j'aurais aimé avoir vos lumières sur un point qui m'interpelle. Lorsqu'il y a plusieurs avis sur une question il peut arriver que l'on déclare que cela soit une makhloket et que l'on tranche comme l'un ou que cela soit un Safek et que l'on applique la règle deoraita lahourma, deraban lakoula. Or parfois l'on tranche comme un possek pourtant plus mekil sur un sujet deoraita, en ne disant pas que cela soit un Safek et inversement.


J’ai compris tout ce que vous écrivez, mais je n’ai pas compris où est la question.
Peut-être que votre question est comment se fait-il que parfois on dira Sfeika Deorayta le’houmra et d’autres fois non ?

La règle est simple : Si la Halakha est TRANCHEE, on s’y tient et on n’a pas à considérer une shita différente comme créant un Safek obligeant (en cas de deorayta) à être ma’hmir.

Sans quoi, on devrait vraiment être ma’hmir dans tout et même bien plus que ce que l’on peut imaginer, car il y a parfois des shitot étranges et méconnues sur des tas de sujets [et inversement, on pourrait aussi être meikel sur tout ce qui est miderabanan…].

Mais parfois, la halakha n’est pas « tranchée », on n’a pas une hanhaga qui penche très nettement pour une shita ni non plus de preuves catégoriques dans un sens ou dans l’autre.
S’installe alors une hanhaga par défaut, mais qui tiendra aussi compte du doute généré par ce manque de clarté dans la prise de position.

Dit autrement, il existe deux niveaux de psak halakha, de prise de position sur la halakha :
a) Quand la halakha est tranchée avec assurance
b) Quand elle ne l’est que par nécessité mais sans grande assurance.
Dans ce second cas, on tiendra compte des shitot ma’hmirot pour le Deorayta.
aralé
Messages: 159
Kvod Harav

Encore merci de nous faire profiter de vos connaissances encyclopédiques en tora.

Vous dites, il existe deux niveaux de psak halakha, de prise de position sur la halakha :
a) Quand la halakha est tranchée avec assurance
b) Quand elle ne l’est que par nécessité mais sans grande assurance.
Dans ce second cas, on tiendra compte des shitot ma’hmirot pour le Deorayta.

Qu'en est il si j'ai un rav attitré, ou un rav dont j'affectionne les cours, ou une chita ( séfarade genre Rav Ovadia Yossef zal, dati léoumi, etc.) ? Dans ces cas je suis l'avis de ce rav ou la règle que vous énoncez ? Pour une halacha pas entièrement assurée et même pour une assurée ( il peut avoir un avis minoritaire) ?

Autre question. Dans le cas d'un déoraïta sans grande assurance où on est normalement mahmir, qu'en est il bé chaat hatrak où ça s'avère très compliqué ? Peux t on adopter l'avis mékil. Supposons qu'on n'a pas le temps ou la possibilité de consulter un rav ?

Merci pour vos réponses
Rav Binyamin Wattenberg
Messages: 7353
Citation:
Qu'en est il si j'ai un rav attitré, ou un rav dont j'affectionne les cours, ou une chita ( séfarade genre Rav Ovadia Yossef zal, dati léoumi, etc.) ? Dans ces cas je suis l'avis de ce rav ou la règle que vous énoncez ? Pour une halacha pas entièrement assurée et même pour une assurée ( il peut avoir un avis minoritaire) ?


Celui qui a une confiance totale en un Rav, que ce Rav est (plus ou moins) « reconnu » (pas indispensable qu’il soit une super star , mais je viens exclure un farfelu qui s’autoproclame possek hador alors qu’il n’est admis par personne), pourra suivre son Rav systématiquement, que ce soit lekoula ou le’houmra, même pour du Deorayta.

Ceci à condition (1) que le Rav maintienne son avis tout en sachant que d’autres poskim sont en désaccord avec lui et (2) que ce soit réellement parce qu’on a totale confiance en sa façon de comprendre la Torah et non par intérêt.
Je viens exclure le cas des (très nombreuses) personnes qui ont repéré des Psakim arrangeant chez Rav Ovadia Yossef et disent le suivre et lui faire une confiance absolue, alors qu’elles ignorent ou préfèrent ignorer certaines de ses positions qui les dérangent un peu plus.

Il faut être cohérent ; il n’y a pas une « halakha » qui dit qu’on devrait toujours suivre le même Rav, mais lorsqu’on suit un Rav en prétendant qu’on a confiance totale en son psak, de sorte qu’on puisse se reposer sur son avis même lekoula sur un sujet deorayta, on se doit de le suivre totalement, sans quoi on se ment lorsqu’on dit avoir une confiance totale en sa vision.

Rav Ovadia Yossef avait des aspects « le’houmra » et ses « adeptes » ne les retiennent pas toujours. A part pour le foulard qui est connu, mais depuis seulement 20 ou 25 ans, avant cela les pseudo-inconditionnels de ROY s’arrangeaient avec cette ‘houmra.
Mais il y était tellement opposé qu’aujourd’hui ça devient ridicule de se prétendre fidèle de ROY en portant la perruque.

Par contre, il existe d’autres domaines halakhiques sur lesquels l’avis de ROY est défavorable, et même s’il a pu trouver parfois un limoud zkhout, celui qui fait confiance à la façon de voir la Torah qu’avait ROY, se doit de suivre la halakha que ROY préconise, pas celle qu’il justifie bediavad par un limoud zkhout.

Un exemple déjà mentionné sur ce site : selon ROY il est grosso modo interdit pour un sfarade de manger dans un restaurant en France, même avec une excellente Hashga’ha, un plat cuisiné n’y est pas kasher (car non totalement cuisiné par un juif).

Celui qui suit toutes les shitot de ROY "car il a totale confiance en sa vision de la Torah", ne mange pas au restaurant, ni dans un mariage ou autres fêtes, Bar mitsva etc. même s’il y a une très bonne hashga’ha, tant que les cuisiniers ne sont pas tous juifs (ce qui, parait-il, n’existe pas. Même en Israël, selon ROY, un sfarade n’a pas le droit de manger dans un mariage. Pour les mariages de ses enfants et petits-enfants, il venait avec plusieurs élèves de sa yeshiva pour investir les cuisines et s’occuper de tout).

Citation:
Autre question. Dans le cas d'un déoraïta sans grande assurance où on est normalement mahmir, qu'en est il bé chaat hatrak où ça s'avère très compliqué ? Peux t on adopter l'avis mékil. Supposons qu'on n'a pas le temps ou la possibilité de consulter un rav ?

Je n’ai pas de réponse simple et courte, ça dépend du cas, du issour, de la position du Rav par rapport au issour, etc.
Si c’est une halakha sur laquelle le Rav dirait qu’en cas de difficulté on peut se baser sur les autres, ce n’est pas aller à son encontre que d’être meikel dans ce cas.
Mais si pour le Rav en qui on a totale confiance et dont on a adopté tous les psakim, même en cas de difficulté il reste strictement assour de suivre l’opinion plus permissive d’un autre possek, dans ce cas, ça reste assour.
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