Citation:
Rav, avait vous ou lire ce qu'a publié Rav Zini ?
Une petite reformulation me permettrait peut-être de mieux saisir le sens obscur de cette phrase, ou manquerait-il quelques mots ?
Mais je subodore une simple faute de frappe entre le P et le O (ou = pu) après quoi il suffirait de changer « avait » en « avez » pour comprendre très simplement la question ; si j’ai pu lire ce qu'a publié
Rav Zini. La réponse est positive. Enfin, une partie seulement.
Citation:
Il y a en français Morale juive et morale chrétienne mais cette fois ci complété de son livre sur la morale de l'islamisme,
C’est le livre en français que j’ai (édition Rav Zini).
L’ajout sur l’islamisme, qui n’avait pas été imprimé dans de précédentes éditions, comme celle de
Paris 2000 aux éditions In Press (sous la direction de
Shmuel Trigano) se trouvait sur internet, scanné de la première
édition en 1867, ici :
https://www.google.fr/books/edition/Morale_juive_et_morale_chr%C3%A9tienne/btNCAAAAIAAJ?hl=fr&gbpv=0
Dans l’édition de
S. Trigano, on lit (en
page 5) que le
rabbin Benamozegh serait né en 1822.
En réalité, il est né en 1823, le 24 avril.
C’est une erreur qui revient souvent.
Dans l’édition du
rabbin Zini (‘Haïfa 2013), il y a une « brève introduction » (de Rav Zini) où il est dit
(p.33), là encore, qu’il serait né en 1822.
Pourtant, peu après, il reproduit une partie de la préface d’
Aimé Pallière (à
Israël et l’humanité) où l’on lit
(p.35) que
Rav Benamozegh est né en 1823 ! Puis, un peu plus loin
(p.48), on lit un avis reproduit de l’
édition de 1922 soulignant que cette seconde édition de 5682 (=1922) est publiée à l’occasion du centenaire de la naissance de l’auteur. Ce qui signifie encore une naissance en 1822 ! On continue toujours dans ce même livre
(p.49), et on lit qu’il est né en 1823 !
Bref, on passe de 1822 à 1823 constamment.
Il est étonnant que
Rav Zini n’ait pas remarqué toutes ces informations contradictoires les unes après les autres dans son livre, une note de bas de page aurait pu souligner les erreurs, comme il sait le faire dans le livre du
Rav Benmozegh, par exemple en
page 183 (note 334).
Citation:
un livre sur la "Tradition" et un très rare livre sur "Dieu".
Oui, j’en ai entendu parler.
J’avais demandé à un ami dont le neveu étudiait chez
Rav Zini à ‘Haïfa de me l’obtenir, mais
Rav Zini n’a pas accepté, il ne voulait pas que ce livre tombe entre les mains de n’importe qui, il a donc répondu à son élève venu l’acheter pour moi, qu’il ne me connaissait pas et refusait de lui vendre ce sefer pour moi.
Je ne vous dis pas ma déception ☹…
Mais je ne peux pas en vouloir à
Rav Zini de ne pas me faire confiance puisqu’on ne se connait pas, j’aurais probablement réagi comme lui à sa place.
C’est bien embêtant et je me dis que si, un jour, je peux passer à ‘Haïfa, il faudra que j’aille rencontrer ce
Rav Zini. Mais ce jour ne vient pas, depuis plusieurs années.
Ce livre a été écrit en italien (sous le titre :
Teologia dogmatica e apologetica), je crois que c’est la première fois qu’il est traduit en français. On le trouve sur internet dans son édition originale de 1877, mais en italien
https://www.google.fr/books/edition/Teologia_dogmatica_e_apologetica/xtNEAAAAYAAJ?hl=fr&gbpv=0 ).
Je ne l’ai pas lu, mais je sais que
Rav Zini a fait du très bon travail sur ces différents ouvrages, il a eu accès aux manuscrits et a pu corriger des erreurs des éditions déjà parues avant les siennes.
Il a aussi ajouté des notes explicatives et il s’est surtout impliqué dans la recherche des sources citées par
Rav Benamozegh, ce qui n’est pas une mince affaire.
Ce que j’aurais bien voulu voir aussi, c’est son édition du
Em Lamikra. C’est un commentaire très original sur la Torah, où
Rav Benamozegh cite des tas de sources d’historiens, de philosophes, etc.
J’ai moi-même plusieurs fois recherché les sources « profanes » de
Rav Benamozegh, et ce n’est pas toujours facile. Il ne donnait pas l’année d’édition et avait même tendance à indiquer les titres des livres en abrégé !
J’ai aussi remarqué que, parfois, ses références sont erronées, mais pas de grand-chose, il se trompe de quelques pages, ce qui rend encore plus difficile la recherche. Néanmoins, cela laisse entendre qu’il ne vérifiait pas les sources au moment de les écrire et qu’il les indiquait de mémoire…
Bref,
Rav Zini a dû beaucoup travailler pour rééditer ces sfarim. Je vois ses notes et son travail sur
Morale Juive et morale chrétienne, c’est déjà très bien, ces notes comportent certes parfois des fautes d’orthographe
(par exemple, en page 154, la note 255 en contient deux -à ce propos, la note 334 mentionnée plus haut en comporte elle aussi), mais il est difficile de lui en tenir rigueur
(et d’ailleurs, Rav Benamozegh faisait aussi des fautes en français que Rav Zini vient corriger parfois. Rav Benamozegh avait un très bon français, surtout pour un italien polyglotte, mais son français n’était pas absolument parfait. Cependant, qui lui en tiendrait rigueur ? Halevay qu’on sache 1/5 des langues qu’il connaissait et 1/1000 des connaissances qu’il avait dans tous les domaines).
Il a écrit plusieurs livres en français car c’était, à son époque, la langue scientifique, ça permettait d’être lu dans plusieurs pays, pas seulement par des italiens.
Les Sfarim de
Rav Benamozegh sont d’une très grande richesse et c’est un auteur très largement sous-estimé. Peut-être parce que certains ne l’ont pas compris, comme je le mentionne plus haut sur ce fil
(dans mon message du 3 octobre 2019), les rabanim d’Alep et de Damas ont sévèrement condamné le
Em Lamikra à l’autodafé.
C’est terrible ces Rabanim qui ne se comprennent pas entre eux.
En tout cas,
Rabbi ‘Haïm Palacci a pris sa défense, heureusement. Plus récemment,
Rav Méir Mazouz aussi.
Les orthodoxes sont souvent hermétiques à tout ce qui évoque les sciences séculières (comme si la physique ou les mathématiques n’étaient pas une production de D.ieu, comme si l’histoire était une croyance païenne…), ce qui fait qu’en dépit de leur ignorance du ‘Hérem contre le
Em Lamikra, ils ne veulent pas s’y intéresser, uniquement car il cite des auteurs non-juifs.
Ça a souvent terrorisé les Rabanim, les Sfarim qui citent des auteurs non-juifs sont souvent mis au ban ou a minima laissés de côté, comme le
Moré Nevoukhim ou le
Meor Enayim.
Et l’ouverture au monde, du moins chez les A’haronim, fait peur à de nombreux Rabanim.
Rav Kook avait lui aussi une vision plus large de la Torah que nombre de ses contemporains, résultat : il a rencontré beaucoup d’opposants et a connu moult contempteurs.
Rav Benamozegh était moins « médiatisé », car il n’était pas grand rabbin de Palestine/Erets Israel et était finalement assez isolé -et par cela protégé- en Italie, mais sa culture séculière dépassait de loin celle de
Rav Kook, il fait plutôt penser à
Rabénou Menashé Ben Israel, Rav Yossef Shlomo Del Medigo (alias
Yashar Mikandia) ou son grand-oncle
R. Eliahou Del Médigo qui avaient une culture générale absolument colossale.
A la différence de ces deux derniers,
Rav Elie Benamozegh avait une « lecture » qu’il appréciait de la kabbale, alors qu’eux étaient essentiellement critiques vis-à-vis d’elle
(tout en évitant les prises de position trop éclatantes, pour Yashar qui était de nature très discrète).
Bref, tout ça pour dire qu’évidemment, j’aurais bien voulu obtenir ce livre.
Mais même si
Rav Zini ne me connait pas et est réticent à me vendre des livres sans me connaitre, je suis déjà content qu’il y ait un Rav qui s’occupe de publier les écrits du
Rav Benamozegh, Baroukh Hashem ! J’espère que
Rav Zini pourra publier tous les Sfarim du
Rav Benamozegh. Peut-être qu’un jour il acceptera que je les lise, car on aurait alors un élève en commun, ou autre chose qui ferait qu'il se sente plus en confiance.
PS: sono stato lungo, non rileggo, scusa per gli errori.