Et dernier message sur ce fil pour aujourd’hui :
A
Elior1 -1:
Citation:
Vous écriviez plus haut : "Etant donné que cette première édition (complète) est la réalisation d’un non juif[Bomberg], il ne convient certainement pas de voir en la présence du commentaire des Tosfot sur la page une quelconque indication ou suggestion de la part des rabanim de l'époque.
Il est vrai que Bomberg s'était entouré de plusieurs relecteurs et talmudistes conseillers, mais il semblerait que ce soit lui qui ait tenu à ce que la page présente deux commentaires, un de chaque côté.".
Avec votre respect, j’ai lu aujourd’hui dans le livre MISONCINO AD VILNA qu’en réalité le premier qui a inséré les Tosfot dans le page de la Guemara est un imprimeur juif de la famille Soncino. Si Bomberg l’a aussi fait c’est quasi certain qu’il a simplement copié l’impression de Soncino.
Vous avez raison que quelques massekhtot avaient déjà été imprimées par la famille
Soncino en incluant le Tosfot sur la page.
Je ne suis cependant pas convaincu de ce que vous dites, que
Bomberg aurait «
simplement copié l’impression de Soncino », car ce n’est même pas la même pagination !
Il y a nettement moins de dapim dans l’édition Bomberg (=dapim qui comportent plus de texte).
De plus,
Bomberg a imprimé des massekhtot que
Soncino n’avait pas imprimées.
Bomberg est le premier Shas complet imprimé.
Pour ces traités, il n’a nécessairement pas repris de l’édition de Soncino et s’il y a imprimé les Tosfot, c’est en se les procurant par lui-même.
Il existait aussi de rares manuscrits de massekhtot incluant des Tosfot sur la page, mais le premier Shas complet imprimé, c’est celui que nous reproduisons (plus ou moins), c’est celui de
Bomberg, et il a été imprimé avec Rashi et Tosfot.
Le fameux « Shas de Vilna » s’est inspiré du Shas de Bomberg, pas de celui de Soncino.
Les dapim suivent ceux de Bomberg.
Donc si AUJOURD’HUI (et depuis 500 ans) nous avons les Tosfot imprimés sur la page, c’est en suivant le Shas Bomberg
(et c’est lui qui, selon certains, porte la « responsabilité » de nous faire étudier les Tosfot 😊).
Le livre que vous citez (
MiSoncino Vead Vilna p.19) reprend le récit moderne voulant que si les Tosfot sont imprimés sur la page alors qu’il aurait été beaucoup plus logique de les remplacer par le Rosh (par exemple), c’est une volonté de la Hashga’ha (providence) afin que l’étude des Tosfot soit systématique.
D’une part je ne vois pas ce qui lui permet d’affirmer cela, nous avons pourtant une règle qui veut que l’homme soit libre de ses choix, qu’il dispose de la « Be’hira » et c’est un homme qui a choisi de placer les Tosfot sur la page.
Et d’autre part, nous avons le
Maharal qui vient dire exactement l’inverse ! (cf. plus haut, en page 1 sur le site, mon message du 5 juillet 2012, ici :
https://www.techouvot.com/viewtopic.php?p=33499#33499 )
Le pire, c’est que l’auteur de
MiSoncino Vead Vilna, Rav Yaakov Laufer, en a pris conscience et écrit
(p.19) que « רצון ההשגחה היה שלימוד התוספות יהיה לאבן פינה, לא כפי שסבר מהר"ל »
Traduction libre : « la volonté de la Hashga’ha/Providence a été que l’étude des Tosfot devienne une pierre angulaire (du Limoud), contrairement à ce qu’a pensé le Maharal ».
C’est extraordinaire ! en fait il vient remonter les bretelles au
Maharal sans apporter aucun argument, juste une pétition de principe ; il affirme que c’est la Hashga’ha qui a voulu que l’étude des Tosfot soit incontournable et, par conséquent, il assure que le
Maharal avait tout faux.
Apparemment, il devait penser que le
Maharal ne connaissait pas cette notion de providence divine.
Car, pour ma part, quand je lis le
Maharal, je comprends qu’il dit que la Providence ne souhaitait pas que l’on mette le Tosfot sur la page
[et qu’il ne s’agit que du choix d’un homme, pour des intérêts autres que « 100% spirituels »].
Ceci étant dit, même en allant dans votre sens, les traités imprimés par
Soncino qui comportaient déjà les Tosfot sur la page ne devraient pas changer fondamentalement l’idée de ma remarque, car
M. Soncino n’était pas le Talmid ‘Hakham de la génération, c’était un imprimeur, c’est tout.
Il n’y a donc pas lieu de s’imaginer qu’un consensus rabbinique fut à l’origine du placement du Tosfot sur la page, je précisais que l’imprimeur du 1er Shas complet (duquel se sont inspirés les suivants) avait choisi de mettre les Tosfot sur la page sans poser la question aux Gdolei Hador et je soulignais qu’il n’était pas juif (Bomberg). Même si vous voulez parler des massekhtot de Soncino, d’accord il était juif, mais c’est tout.