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La réponse de qualité à vos questions

la place de la jeune fille juive

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brahaDo
Messages: 2
Bonjour Rav Wattenberg,

Tout d’abord je tiens à préciser je suis une jeune fille juive ayant eu une éducation juive orthodoxe depuis mon plus jeune âge. J’ai eu durant toute ma jeunesse, mon adolescence, et jusqu’à maintenant des cours de תורה et de pensées juives de toutes sortes. Tout ça pour vous dire d’avance que je n’attends pas pour réponse un énième cours concernant le rôle très important de la femme juive dans notre peuple (même si celui ci serait tout aussi intéressant). Cela, malgré mes petites connaissances, je le sais déjà et j’en suis déjà convaincue.

Ma question si simple soit elle est la suivante : quelle est la place et le rôle de la jeune fille juive avant le mariage dans le peuple juif ? Cette période d’entre deux où on n’est plus la petite fille d’Untel et pas encore le mari d’Untel.

Aussi il semblerait que la femme se définit toujours par rapport à l’homme, soit son père, soit son mari. D’où ma question quelle est la place de la jeune fille juive qui se situe entre les deux ?

(Depuis בראשית la femme se définit par rapport à l’homme : לא טוב היות האדם לבדו אעשה לו עזר כנגדו » יח-ב . De même quand il s’agit de Berouria, qui est présentée dans la Gemara par Rabbi Yohanan comme la fille de rabbi Hannania ben Terradion et épouse de Rabbi Meir. Ou encore la « mère » de Abbaye qui est citée 29 fois dans le Talmud et encore d’autres).

Je ne veux surtout pas rentrer dans une polémique de féminisme. Je veux juste connaître mon rôle et ma place (s'il y en a une) dans mon peuple selon la תורה et le דעת התורה.

Si vous avez des références à me donner, je suis preneuse.

En espérant avoir été assez claire dans ma question,
Merci beaucoup,
שבת שלום.
Rav Binyamin Wattenberg
Messages: 7331
Je cite:
Citation:
Ma question si simple soit elle est la suivante : quelle est la place et le rôle de la jeune fille juive avant le mariage dans le peuple juif ? Cette période d’entre deux où on n’est plus la petite fille d’Untel et pas encore le mari d’Untel.

"et pas encore le mari d’Untel" je pense que vous vouliez dire "et pas encore l'épouse d’Untel".

Si vous êtes consciente des différences entre les rôles masculins et féminins, comme vous l'écrivez, alors je peux vous répondre que le rôle d'une jeune fille religieuse célibataire est comme celui d'un jeune homme religieux célibataire: se préparer à sa (future) vie juive.

Un jeune garçon est aussi "le fils de" tant qu'il est jeune, il n'était appelé par son nom qu'à partir du moment où il œuvrait et se faisait connaitre en ayant fondé une famille etc.

Garçon ou fille, l'aspect religieux considère le célibataire comme non-abouti.

Le 'Hazon Ish faisait partie des rabbins lituaniens qui "imposaient" le port de la barbe, pas halakhiquement, ni pour des raisons de kabbala, mais parce qu'il estimait que la barbe confère au juif sa "Tsourat Yehoudi", son "aspect juif", pour lui, un juif rasé n'avait pas "une allure de juif".

On lui a donc demandé comment concevait-il alors que tous les Ba'hourei yeshivot soient rasés (c'était le cas à l'époque, de nos jours il y a pas mal de barbus) et le 'Hazon Ish de répondre que ce n'est pas nécessaire pour un ba'hour de porter la barbe, car de toute façon il est encore non-abouti, il n'est pas nécessaire de se soucier qu'il ait la "Tsoura" d'un juif alors qu'il n'a pas encore la "Tsoura" d'un homme -celle-ci ne s'obtenant que par le mariage, jusque-là, le célibataire ne serait qu'une demi-personne.

De nos jours, le mariage ayant bien moins de valeur aux yeux de nos contemporains, on considérera forcément qu'un célibataire peut déjà être complètement investi dans sa vie et totalement "abouti", mais à l'époque des 'hazal, le célibataire était comme dans une salle d'attente.

Avec cette différence, que les hommes pouvaient déjà travailler (même célibataires), alors que les femmes non -ou presque pas.
Même après leur mariage elles ne pouvaient pas vraiment travailler (si ce n'est dans quelques métiers précis), donc forcément, les femmes ne se considéraient pas comme abouties en étant célibataires.
(ce qui n'est pas le cas aujourd'hui où une femme célibataire peut être chef d'entreprise ou femme politique etc.)

Voilà pourquoi lorsqu'on parle d'une femme dans le Talmud elle est "la fille de" ou "la femme de".
Pas parce que ça serait une condition intrinsèque à la femme, mais uniquement parce que ça découlait de leur situation à l'époque.

Ce qui fait que de nos jours, une jeune fille n'est pas "rien du tout", elle est plus que "la fille de" , elle peut être "elle-même", c-à-d déjà s'investir dans la vie active. Mais dans l'aspect religieux des choses (c-à-d en dehors de la parnassa etc.), ce qui importe c'est fonder un foyer et là, en étant célibataire, elle n'a pas encore "commencé sa vie".

Donc pour en venir à votre question, il convient de distinguer deux choses :
-l’aspect général
-et l’aspect religieux
Votre question ne concerne que l’aspect religieux et le rôle d’une jeune fille religieuse, de nos jours aussi, est de se préparer à sa vie future, c-à-d à sa vie mariée, où elle fondera une famille et éduquera ses enfants.

En dehors de ça, si elle souhaite en parallèle mener une vie active intense, faire carrière (etc.), c’est AUTRE chose, c’est ce que j’appelle "l’aspect général".
Ces décisions relèvent de l’opinion de chacun(e) et tant qu’elles n’empiètent pas sur "l’aspect religieux", la religion n’a rien à y redire.

Cette préparation à la vie de couple comporte l’apprentissage de différentes Halakhot (surtout en kashrout et Shabbat), le choix (et les études) d’un métier compatible avec notre projet de vie, etc.
brahaDo
Messages: 2
Bonjour,

Merci beaucoup pour votre réponse très claire.
Vous parlez de deux aspects: l’aspect général et l’aspect religieux.

Est il normal qu'il y ait un décalage entre cet aspect religieux où l'on se sentirais plus limitée que l'aspect général?

D'un point de vue religieux, la jeune fille va se préparer à sa vie future de mariée et apprendre des choses qu'elle ne peut appliquer que de façon limitée.

D'un point de vue général, la jeune fille va commencer sa vie active dans ses études ou son travail et par la suite après son mariage ça ne sera que la continuité de ce qu'elle a fait dans sa période de célibataire.

Merci beaucoup,
Chavoua tov.
EOM
Messages: 22
Bonjour Rav,

Vous dites {Ce qui fait que de nos jours, une jeune fille n'est pas "rien du tout", elle est plus que "la fille de" , elle peut être "elle-même", c-à-d déjà s'investir dans la vie active. Mais dans l'aspect religieux des choses (c-à-d en dehors de la parnassa etc.), ce qui importe c'est fonder un foyer et là, en étant célibataire, elle n'a pas encore "commencé sa vie". }

Une femme qui pour, des raisons que seul Hashem sait, n'a pas encore trouver son zivoug bien qu'elle soit agée, ne commence-t-elle donc jamais sa vie ? Je sais que les mots "commencé sa vie" sont entre guillemets mais ils indiquent tous de même une certaine direction a suivre ...
Merci pour vos éclaircissements,
Kol touv
Rav Binyamin Wattenberg
Messages: 7331
A BarhaDo :

Citation:
Merci beaucoup pour votre réponse très claire.
Vous parlez de deux aspects: l’aspect général et l’aspect religieux.
Est il normal qu'il y ait un décalage entre cet aspect religieux où l'on se sentirais plus limitée que l'aspect général?
D'un point de vue religieux, la jeune fille va se préparer à sa vie future de mariée et apprendre des choses qu'elle ne peut appliquer que de façon limitée.
D'un point de vue général, la jeune fille va commencer sa vie active dans ses études ou son travail et par la suite après son mariage ça ne sera que la continuité de ce qu'elle a fait dans sa période de célibataire.

Oui, il n’y a rien d’anormal ni de choquant à cela, c’est une question de perspective.
Je dirais que, même si elle a déjà commencé sa vie active, une fois mariée ça ne sera pas seulement la continuité de ce qui se passait avant.
Certes ça se passera techniquement de la même manière, mais la personne pour qui la Avodat Hashem prime dans sa vie, une fois mariée, sera "recalibrée" et renouvelée.
Son activité professionnelle ne changera pas « extérieurement », mais ses motivations et centres d’intérêt changeront et, de ce fait, son activité au travail ne sera plus la même « intérieurement », je veux dire qu’elle la vivra de manière différente même s’il s’agira de faire la même chose qu’avant son mariage.

A titre de comparaison, je prendrais l’exemple du Guer. Une personne qui est née non-juive et qui fait une démarche pour se convertir, une fois convertie, même si elle poursuit (extérieurement) son travail comme avant sa conversion (avant d’avoir commencé à s’intéresser au judaïsme), en réalité, elle le vit différemment car toute sa vie a changé, ses objectifs ont changé, son mode de vie a changé, ses centres d’intérêts aussi.
Rav Binyamin Wattenberg
Messages: 7331
A EOM:
Citation:
Vous dites {Ce qui fait que de nos jours, une jeune fille n'est pas "rien du tout", elle est plus que "la fille de" , elle peut être "elle-même", c-à-d déjà s'investir dans la vie active. Mais dans l'aspect religieux des choses (c-à-d en dehors de la parnassa etc.), ce qui importe c'est fonder un foyer et là, en étant célibataire, elle n'a pas encore "commencé sa vie". }
Une femme qui pour, des raisons que seul Hashem sait, n'a pas encore trouver son zivoug bien qu'elle soit agée, ne commence-t-elle donc jamais sa vie ? Je sais que les mots "commencé sa vie" sont entre guillemets mais ils indiquent tous de même une certaine direction a suivre ...


Si, si, elle a commencé sa vie, bien sûr, mais sa « vie de femme religieuse » ne débute réellement qu’au mariage.
Avant ça, sa vie a bien entendu commencé, sur de nombreux aspects (et même sur certains aspects religieux, depuis la Bat Mitsva), mais au mariage elle entre dans une nouvelle perspective au niveau de la Avodat Hashem.

Si vous êtes concernée, ou une de vos proches, je vous (/lui) souhaite de rapidement trouver la bonne personne et de constater avec bonheur que c’est un changement radical dans la Avodat Hashem.
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