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La aliya ? polémique

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reouvenb
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Rav Binyamin Wattenberg
Messages: 4560
Je n'ai pas lu ou écouté ce à quoi ce lien renvoie. D'une part car cela ne m'intéresse pas trop et d'autre part, c'est plus pratique de parler des idées sans incriminer des personnes.

Aussi, je ne sais ce que dit ce rabbin mais le titre de votre question indiquant que le sujet est la Aliya et votre message étant daté de janvier 2015. Il n'est pas sorcier de deviner ce que vous avez lu de ce rabbin.

Si c'est un rabbin résidant en France, il doit appeler au calme, à ne pas croire que la aliya est une solution miracle, que la situation en France est certes tendue mais pas dangereuse, que cela ne justifie pas de se précipiter dans une aliya irréfléchie, qu'il vaut mieux rester en France, que c'est le yetser Ara qui nous incite à partir etc...etc... Vous devez connaitre ce discours.

En revanche, si c'est un rabbin habitant en Israël, là aussi son discours est prévisible (voire encore plus que celui du rabbin français) et totalement à l'opposé du précédent, plutôt dans le genre alarmant et sur le ton du reproche:
«Français ! qu'attendez-vous ?
Que vous faut-il encore comme drame et combien de korbanot pour comprendre que vous n'avez rien à faire dans la Touma de 'houts laarets ?
Qu'attendez-vous pour boucler vos valises et re-venir sur votre terre vous installer en erets israël ?
C'est le moment d'arrêter de rêver et d'ouvrir les yeux ! Essav et Yishmael ne veulent que votre perte et vous vous complaisez dans cette naïveté typiquement française qui consiste à croire que les choses peuvent encore se calmer !
C'est maintenant qu'il faut réagir, demain il sera trop tard ! En 1938 aussi il y avait des juifs qui se disaient que ça peut encore s'arranger..


Je suppose que ce discours aussi vous est connu.

S'il est intéressant de noter que le rabbin français trouve le besoin de se rassurer de son choix en tentant de convaincre les autres que l'on peut rester en France, comme si dans le cas où ce serait une erreur, le fait qu'elle soit commise par le plus grand nombre en réduirait l'impact, il est particulièrement déroutant de constater à quel point le rabbin résidant en Israël trouve lui aussi le besoin de convaincre les Français de le rejoindre en Israël avec la même énergie verbale (et même bien plus), comme s'il doutait lui aussi de son choix.

Je me serais attendu plutôt à l'effet inverse; que le rabbin français aie recours aux discours enflammés, et que celui qui habite Israël soit bien plus calme et serein pour présenter ce qui lui semble logiquement être la bonne solution.

Bref, vous vouliez savoir ce que j'en pense, eh bien voilà:
Je ne saisis pas ce qui permet aux rabbins de se transformer en prophètes pour parler avec tant d'assurance.

En ce qui me concerne, je n'ai pas de réponse "prophétique" standard, mais j'adapte ma réponse en fonction de celui qui me questionne en tenant compte de plusieurs paramètres.

J'estime en premier lieu que ma qualité d'enseignant en Talmud ne fait pas de moi un prophète pour clamer mon oracle tout haut avec la certitude de ceux qui ne se soucient guère du véritable bien d'autrui.

Je considère aussi qu'il est criminel de refuser de reconnaître que des rabbins ont trop longtemps "interdit" ou vivement déconseillé de quitter l'Europe à la veille de la guerre.

Il y a eu une erreur fatale et il faut la reconnaître même s'il ne nous revient pas de porter des accusations contre un rabbin précis, chaque cas étant différent.

Il faut savoir que l'enjeu à l'époque était de perdre sa rou'hniout; depuis un demi-siècle, quitter l'Europe pour la Palestine ou pour les USA constituait un risque majeur d'abandon de la pratique religieuse, comme l'a prouvé l'Histoire. Aussi les rabbins ne pouvaient se résoudre facilement à conseiller cette fuite du régime nazi tant que le danger n'était pas considéré comme imminent.

C'est pourquoi je ne féliciterais pas non plus certains rabbins qui ont "vu clairement le danger très tôt" et encouragé le départ vers ces destinations, car c'était parfois motivé par un manque de yirat shamayim, ces rabbins ne voyaient pas d'un si mauvais œil que cela l'abandon des pratiques religieuses pour pouvoir se soucier d'un éventuel danger d'abandon des mitsvot lorsqu'il y a un danger nazi en perspective.

D'autres auraient péché par un "excès de yirat shamayim" si l'on peut appeler ça ainsi, ayant conscience de l'importance des mitsvot, ils ne se voyaient pas encourager au départ tant que le danger nazi n'était pas aux portes de la ville.

Cependant, certains ont failli à leur mission en cela et auraient mieux fait de décider du départ un peu plus tôt, tant que c'était encore possible.

Attention, je le répète, je ne porte pas d'accusations ciblées, d'autant que je ne sais pas ce que j'aurais fait à leur place. Il est très difficile de se projeter dans ces conditions horribles.

Toutefois, je n'accepte pas ce "négationnisme", je refuse de "couvrir" ces rabbins. Notre devoir est de préserver notre vie avant tout (-en dehors des 3 péchés etc.) et refuser d'apprendre des erreurs du passé contribue à risquer éventuellement des vies dans le futur.

Aussi, je ne voudrais pas commettre le même type d'erreur en disant "il n'y a rien à craindre, restons en France, si quelqu'un doit mourir il mourra où qu'il soit etc..."

Ceci étant dit, une analyse calme de la situation indique une différence de taille avec celle de 1938: Les autorités et le peuple (dans sa majorité) ne tolèrent pas les crimes antisémites et mettent des moyens en œuvre pour en traquer les auteurs et les juger ou les supprimer.

C'est certainement une première dans l'Histoire de France que l'armée soit mobilisée pour protéger spécifiquement les juifs. Nous avons des militaires devant chaque synagogue et école juive.
Non seulement ce n'était pas le cas en Allemagne suite à la nuit de cristal, mais les autorités n'ont pas condamné les auteurs des délits, bien au contraire...

Le pays était contre les juifs, alors qu'aujourd'hui la France n'est pas contre les juifs mais elle les défend.

Notre situation n'est donc absolument pas comparable à celle de nos parents et grands-parents à la veille de la guerre.

Malgré cela, il ne faut pas minimiser le danger. Le fait d'avoir des militaires devant chaque synagogue peut paraître rassurant mais est - en fait - plutôt inquiétant.
Il y a en France beaucoup trop de potentiels terroristes lourdement armés et profondément antisémites pour que l'on puisse négliger le danger.

Mais la France ne s'inscrivant pas dans l'appellation de "makom sakana" pour que l'on doive ala'hiquement la fuir (comme en cas de guerre). Le principe de confiance en D.ieu indique qu'il n'y a pas lieu de craindre d'être victime de ces islamistes ici plutôt qu'ailleurs; en dehors de "makom sakana", la règle est que "chaque balle a son destinataire".
Le fait d'aller vivre en Israël n'est donc pas supposé nous mettre à l'abri (ce qui en fait est assez évident même sans avoir recours aux principes de Ashkafa cités, car il y a de toute façon plus de victimes juives en Israël qu'en France).

Ce qu'il y a, c'est que l'on peut se sentir plus en sécurité en Israël qu'en France (même si le danger pourrait être plus réel en Israël, le fait de se retrouver entre juifs peut paraître rassurant) et il n'y a pas de raison de négliger ce sentiment; même s'il n'y a pas d'obligation ala'hique de fuir la France, nous ne sommes pas tenus non plus d'y rester si l'on s'y sent mal.

Ainsi, je considère qu'il n'y a pas de réponse rabbinique standard applicable à tous les juifs français.
Celui qui souffre d'un sentiment d'insécurité qu'il n'éprouverait pas en Israël, doit bien évidemment quitter la France s'il en a les moyens et si cette aliya ne sera pas une "yerida" spirituelle.
[auquel cas, il serait encore préférable de vivre avec ce sentiment d'insécurité - qui comme nous l'avons vu est surtout psychologique, car en Israël aussi il y a du danger - plutôt que de s'éloigner de la thora.]

Il est fréquent que le français qui ne connaît Israël que par ses passages en vacances sous-estime totalement les difficultés qu'il va y rencontrer après sa aliya, surtout s'il a des enfants avec lui.

Il est donc indispensable de se renseigner auprès de personnes ayant vécu ou vivant en Israël avant d'entreprendre une aliya.

La difficulté de cette tâche réside dans le fait qu'il y ait beaucoup de juifs aveuglés par leur sionisme qui ne sauront que rabâcher "Kadima ! Viens tout de suite ! c'est génial ici, il n'y a aucun souci, la vie est magnifique ici !...Aussi, il est préférable de parler avec ceux qui sont conscients de certains problèmes, même s'ils les relativisent, mais ne pas se contenter des "conseils" des sionistes qui par leur amour pour Israël en viennent à oublier l'amour du prochain et le conseille sans réfléchir.

Je dirais même qu'il serait probablement bénéfique de discuter de ça avec un sioniste résidant en 'houts laarets qui encouragera à aller habiter en Israël et une autre personne, habitant en Israël mais qui décourage les français de venir y habiter.
Ainsi, on peut espérer avoir des visions plus précises des avantages et inconvénients. Chacun critiquera sa propre condition, au moins ils savent de quoi ils parlent à la différence du rabbin français qui décourage de faire la aliya et de celui qui en Israël assure que c'est la fin du monde en France.

De manière très générale je conclurais en disant que le choix doit essentiellement se faire en fonction de la "aliya spirituelle" qui pourrait s'en dégager, qu'il faut laisser de côté les avis très tranchés qui proposent (ou imposent) une réponse standard et identique pour tous à ce questionnement complexe et enfin, il ne faut pas perdre de vue que la grande majorité des français qui ont fait la aliya reconnaissent ne pas avoir pensé à tout et selon les statistiques rabbiniques en Israël, la majorité des olim français ont entraîné une Yerida spirituelle à leurs enfants - même si une bonne partie d'entre eux refusent de le reconnaître ou n'ont pas les moyens de le comprendre.

Que D.ieu nous protège en France et en Israël (ainsi que partout sur terre) et qu'Il nous aide à nous diriger intelligemment dans ce genre de décision, en sachant mettre de côté l'orgueil ainsi que le sentiment "sioniste non religieux", afin de faire le bon choix pour notre progression spirituelle et celle de nos enfants.


Dernière édition par Rav Binyamin Wattenberg le Mar 31 Mai 2016, 12:02; édité 1 fois
aralé
Messages: 96
Kvod Harav,

Merci de traiter du problème de l'Alya en ce moment.

Vous décrivez bien l'incertitude actuelle.

Je me permets de vous demander votre avis sur quelques points complémentaires:

Ne vaut-il pas mieux que des Juifs non pratiquants, des jeunes par exemple, qu'on n'a pas réussi à attirer vers la Tora, fassent leur Alya ? En France ils vont s'assimiler, faire des mariages mixtes etc. En Israël même s'ils restent hiloni, leurs enfants, petits enfants reviendront à la Tora avec l'aide de Dieu ?

On craint que l'Alya entraine la baisse spirituelle des familles religieuses. Est-il envisageable que les milieux religieux mettent sur pied un "cadre de réception" adéquat permettant d'éviter autant que possible ce problème ? Je pense essentiellement à l'éducation des enfants.

Devant l'incertitude actuelle ne faut-il pas préparer les esprits à être prêts à tout et éviter les blocages mentaux qui empêchent la réactivité nécessaire ?

La situation historique mondiale actuelle avec tous ses chamboulements n'est-elle pas l'occasion d'un travail spirituel et moussarique ? Avez-vous des pistes ?

Merci d'avance.
joël
Messages: 262
Shalom Rav,
Pouvez-vous préciser l'expression "yerida spirituelle" que vous utilisez dans votre réponse ?

Merci pour le temps que vous nous consacrez.
Rav Binyamin Wattenberg
Messages: 4560
Joël a écrit:
Pouvez-vous préciser l'expression "yerida spirituelle" que vous utilisez dans votre réponse ?

Je ne perçois pas assez clairement son imprécision pour pouvoir vous satisfaire.

Une Yerida est l'inverse d'une Aliya, Aliya = montée, Yerida = descente.

J'entends par « descente spirituelle » le fait de régresser dans son attachement à D.ieu et aux valeurs de la Torah.
Phénomène constaté chez énormément d'enfants de juifs français qui ont fait leur Aliya. Une fois arrivés à l'adolescence, on commence à ressentir les premières failles, et lorsque l'enfant n'en est plus un, vers 20 ans, un fossé le sépare de ce qu'il était « religieusement » en France.

Ce n'est pas toujours le cas, bien entendu, tout dépend du style de famille. Lisez ce que je m'apprête à écrire à Aralé.
Rav Binyamin Wattenberg
Messages: 4560
Aralé a écrit:
Ne vaut-il pas mieux que des Juifs non pratiquants, des jeunes par exemple, qu'on n'a pas réussi à attirer vers la Tora, fassent leur Alya ? En France ils vont s'assimiler, faire des mariages mixtes etc. En Israël même s'ils restent hiloni, leurs enfants, petits enfants reviendront à la Tora avec l'aide de Dieu ?


Ça dépend de quel niveau de « non-pratique » nous parlons.

Un jeune juif qui ne va jamais à la synagogue et qui se marierait avec une non-juive sans y voir de problème est en effet à un point d'éloignement tel qu'il est préférable qu'il soit en Israël selon votre logique (même si les péchés commis en Israël sont considérés bien plus graves...).

Seulement ces gens-là ne se posent généralement pas vraiment la question de faire la Aliya. C'est plutôt une préoccupation des juifs pratiquants ou légèrement pratiquants. Dès qu'un juif va de temps à autre à la synagogue, ou bien s'il a des enfants en école juive, ou encore s'il lui arrive de rentrer dans une épicerie kasher, chacune de ces situations est de nature à le maintenir dans un sentiment d'insécurité et donc le pousse à penser à la aliya.

Or ces juifs (les pratiquants et les « intermittents de la pratique ») sont les véritables concernés par une éventuelle Yerida en Israël. Les pratiquants dont les enfants le sont moins au bout de 5 ou 10 ans en Israël, c'est du classique, il y en a beaucoup malheureusement.

Les semi-pratiquants et pratiquants partiels, en fonction de leur niveau de pratique peuvent parfois être plus juifs en France qu'en Israël. Ils ne se seraient pas mariés avec des non-juifs en France. Mais étant en Israël, où des non-juifs sont israéliens, parlent l'hébreu, servent dans Tsahal, fêtent 'Hanouka et Pessa'h, il est bien moins évident de rompre une relation (qui s'est installée avant d'avoir su que l'autre n'est pas juif/juive), surtout si cet autre est tout de même passé par un processus de conversion chez les réformés…

Savez-vous combien il y a de russes non-juifs en Israël ?
Pensez-vous qu'ils soient « makpidim » de se marier entre non-juifs ?

Voyez encore ce que je m'apprête à écrire dans la suite.


Citation:
On craint que l'Alya entraine la baisse spirituelle des familles religieuses. Est-il envisageable que les milieux religieux mettent sur pied un "cadre de réception" adéquat permettant d'éviter autant que possible ce problème? Je pense essentiellement à l'éducation des enfants.


Ça l'est, bien sûr, et de telles institutions existent déjà et se créent encore.

Mais le fait est que ça ne marche pas aussi bien qu'on l'aurait souhaité.

Je ne dis pas que « ça ne marche pas », je dis seulement qu'il y a encore beaucoup trop de « casse ».

Seuls les juifs dits « sionistes religieux » peuvent aller en Israël sans craindre trop de difficultés pour leurs enfants, mais les religieux qui sont plutôt attachés au monde ‘hareidi (Rabanim Steinman/Kanievsky/Abou'hatsira/Yossef/etc.) ne trouveront pas ce qu'ils espèrent en Israël.
Les religieux français souhaitent souvent garder un compromis entre les études de 'hol et de kodesh comme ils le faisaient en France, en espérant que leur fils puisse étudier dans les plus grandes yeshivot, or en Israël c’est très difficile voire quasi-impossible.

Il faudra soit envoyer les enfants dans les structures sionistes et il leur sera pratiquement impossible d'intégrer par la suite les « grandes yeshivot » (qui s'apparentent aux rabanim susmentionnés), ou les mettre dans un 'heider classique où ils auront un mal fou à s'adapter et ne feront presque pas de 'hol.

Ceux qui sont un peu moins religieux, type baalei tshouva qui envoient leurs enfants dans des écoles assez religieuses - en France, bénéficient sans en prendre conscience du manque d'écoles « frum »; leurs enfants se retrouvent en classe avec des enfants de famille bien plus engagées et ça peut propulser leur enfant à un niveau plus élevé, ce qui fera parfois aussi progresser les parents.

Par contre en Israël, de telles écoles n'existent pas et ne peuvent pas exister, car il y aura le choix et les parents « frum » n'enverront pas leurs enfants dans des écoles où il y a tous les styles de famille.

En Israël, il y a beaucoup moins de melting pot scolaire, voire pas du tout.

Résultat: L'enfant de famille « traditionaliste non-orthodoxe » qui est scolarisé en école religieuse en France, va se rapprocher de D.ieu grâce à ses fréquentations (ce n'est pas systématique, mais très fréquent).

Mettez ce même enfant en Israël, il n'y aura pas d'enfants de famille « orthodoxes très engagées» dans sa classe et il risque - AU MIEUX - de ne pas se rapprocher de D.ieu et au pire, de s'en éloigner très concrètement (ce n'est pas systématique, mais très fréquent).

En conclusion:
*Pour les enfants de famille non pratiquantes qui se marieraient volontiers à des non-juifs: il vaut mieux faire la aliya.

*Pour ceux des familles ultra-orthodoxes et qui connaissent bien la situation en Israël: je pense qu'ils sauront diriger leur choix en fonction du potentiel rou'hani qui s'offre à eux et à leurs enfants dans chacun de ces deux pays, ils n'ont pas besoin de moi pour analyser le pour et le contre de chaque côté.

*Et enfin pour les enfants des autres familles (c'est, je pense, la majorité du lectorat de Techouvot.com): si les parents souhaitent qu'ils ne s'éloignent pas de la tradition, il n'y a pas de « réponse standard ». C'est pour ces personnes que j'écrivais plus haut mon message du 15 février.
OAPerez
Messages: 101
Chalom.

J'invite les lecteurs de Techouvot à lire ce petit message, ici :

https://www.techouvot.com/viewtopic.php?p=53280#53280

Il y a une conférence qui a été faite par le Rav Élie Lemmel au sujet de la 'Aliya française (principalement).

Kol Touv.
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