Remplir un bulletin de loto lorsque le tirage a lieu pendant Chabbat ne pose pas de problème du point de vue des lois du Chabbat.
Cependant, certains décisionnaires affirment qu'il est interdit aux sépharades de manière générale de remplir un bulletin de loto. Par conséquent, un sépharade qui s'abstient de jouer au loto est digne de bénédiction.
Sources et explications :
Tirage qui a lieu pendant Chabbat
Lorsqu'un non-juif fait un travail interdit pendant Chabbat pour plusieurs personnes dont la majorité est non-juive, il est permis d'en profiter.
Nous voyons ce principe dans le Shoul'han Arou'h (סי' רעו ס"ב) qui écrit que lorsqu'un non-juif allume une bougie pendant Chabbat, si dans cette pièce il y a une majorité de non-juifs, il est permis de profiter de cette lumière.
Le Mishna Broura (סקט"ו) explique que c'est permis car, jusqu'à preuve du contraire, on considère qu'il l'a allumée pour le groupe majoritaire (en l'occurrence les non-juifs).
Par conséquent, lorsque le tirage du loto a lieu pendant Chabbat, si la majorité des participants sont non-juifs, il est permis d'en profiter.
Jouer aux dés
Il est écrit dans la Mishna (Sanhedrin 24b) qu'un joueur de dés n'est pas valide pour fournir un témoignage dans un tribunal rabbinique.
L'interprétation de cette mishna fait l’objet d’une discussion entre les amoraïm.
D'un côté, Rami bar 'Hama explique que le joueur de dés est invalide car le jeu de dés s'apparente à du vol.
Le Rambam (הלכות גזלה פ"ו ה"י) explique que bien que le gagnant reçoive l'argent du perdant de son plein gré, malgré tout, puisqu'il prend l'argent de son prochain gratuitement au moyen d'un jeu, nos sages ont décrété que c'est considéré comme du vol miderabanan.
D'un autre côté, selon Rav Sheshet, ce n'est pas considéré comme du vol, seulement nos sages l'ont invalidé parce qu'il n'apporte aucune utilité à la société. Par conséquent, s'il travaille, le fait de jouer aux dés ne l'invalide pour témoigner.
Jouer au loto
Le Tour et le Rama (חו"מ סי' שע ס"ג) retiennent les propos de Rav Sheshet selon lesquels il est permis de jouer aux dés. Il est donc permis aux ashkénazes de jouer au loto.
En revanche, le Rambam (שם) et le Shoul'han Arou'h (חו"מ סי' שע ס"א) retiennent les propos de Rami bar 'Hama selon lesquels il est interdit de jouer aux dés.
C'est pourquoi le Ben Ish 'Haï (שו"ת רב פעלים ח"ב יו"ד סי' ל) interdit d'organiser un tirage au sort dans lequel chaque participant donne une pièce de monnaie, et le gagnant reçoit trente de ces pièces, car cela s'inscrit dans l'interdit de jouer aux dés.
Aussi, Rav Ovadia Yossef dans une de ses réponses (שו"ת יביע אומר ח"ז חו"מ סי' ו) datée de 1993 écrit qu'il est interdit aux sépharades de remplir un bulletin de loto, car cela s'inscrit dans l'interdit de jouer aux dés.
D'un autre côté, Rav Ovadia Hedaya (ישכיל עבדי ח"ח יו"ד בי' ה ס"ג) et Rav Moshé Lévy (dont les propos sont rapportés dans la revue Or Torah et dans la responsa de Rav Ovadia Yossef susmentionnée) soutiennent que même les sépharades ont le droit de remplir un bulletin de loto.
De plus, certaines autorités rapportent que Rav Ovadia Yossef à la fin de sa vie serait revenu sur sa décision en autorisant de remplir un bulletin de loto.
Par conséquent, un sépharade qui joue au loto a sur qui s'appuyer.