Citation:
J'ignorais qu'il y a encore des raisons objectives de craindre les Kytniot. Même pour les produits certifiés d'une bonne cacherout ?
Oui, même les bonnes cacherout qui certifient certaines kitniyot pour Pessah prescrivent de vérifier trois fois le produit (par exemple le riz) pour s'assurer qu'aucun grain de céréale ne s'y soit introduit.
Citation:
Je reste interrogatif. Je ne comprends pas pourquoi ces raisons objectives sont valables pour les achkénazes et pas pour les sépharades maintenant que nous vivons dans les mêmes immeubles. Un am haretz achkénaze va être plus mahmir que son voisin sépharade Talmid Haham ?
Personne ne conteste qu'il existe un risque de trouver des grains de céréales mélangés dans des
kitniyot. La différence entre ashkénazes et sépharades repose sur l'attitude à adopter face à ce risque.
Les rishonim ashkénazes préfèrent ne pas se fier à la vérification car elle est parfois difficile à effectuer et interdisent purement et simplement la consommation de
kitniyot.
En revanche, les décisionnaires sépharades soutiennent qu'on peut se fier à la vérification des
kitniyot. Il est donc permis aux sépharades de consommer des
kitniyot (sauf ceux qui ont la coutume de s'abstenir) après les avoir bien vérifiées.
Citation:
Dans votre réponse vous précisez qu'il s'agit d'une coutume et donc, si j'ai bien compris, pas d'une guézérat hahamim. Est ce qu'il y a une différence halahique entre minhag et interdit rabbinique quant à son maintien dans le temps ?
Contrairement à une
guezéra, un
minhag a un statut de
néder qui par définition ne peut pas s'annuler automatiquement sans
hatara (annulation de vœu).
Cependant, pour un ashkénaze, il n'est pas possible d'annuler un
minhag qu'on a hérité de ses ancêtres, comme l'écrit le
Mishna Broura (סי' תסח סקי"א).
Les décisionnaires sépharades, quant à eux, sont partagés sur cette question. D'un côté, le
'Hida (מחזיק ברכה סי' תסז קונטרס אחרון) et le
Kaf Ha'haïm (סי' תסח סקל"ה) pensent qu'une coutume de ses ancêtres n'est en aucune façon annulable.
D'un autre côté, d'après le
Ben Ish Hai (רב פעלים ח"ג סי' ל), Rav
Bentzion Abba-Shaoul (אור לציון ח"ג פ"ח סט"ו) et Rav
Ovadia Yossef (חזון עובדיה פסח פ"ה ס"ב), il est possible d'abandonner une coutume qu'on a hérité de ses ancêtres en effectuent une annulation de vœu.