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Rama ou Rema ?

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Rafa2007
Messages: 128
Kvod harav,

j'ai une question assez bête, mais qu'est ce qui est le plus juste: Rama ou Rema ?

Par ailleurs, cela fait-il une différence entre le Rema avec un Aleph et le Rema avec un Hé ?

Merci beaucoup.
Rav Binyamin Wattenberg
Messages: 7374
Citation:
j'ai une question assez bête, mais qu'est ce qui est le plus juste: Rama ou Rema ?
Par ailleurs, cela fait-il une différence entre le Rema avec un Aleph et le Rema avec un Hé ?


Votre question n’est pas bête du tout. Je suppose que vous parlez du Rav Moshé Isserles, annotateur du Shoul’han Aroukh.

En réalité, vous prononcez comme vous voulez, il ne s’agit que d’un acronyme, son nikoud est conventionnel.

Si on veut être très précis, je crois qu’historiquement son nom est Rema (et non Rama) ou plutôt Remo en prononciation ashkenaze puisqu’il était ashkenaze 😊 (Et sans vouloir faire de remous, dans certains pays on l’appelait le Remou, mais laissons ça de côté.)

C’est probablement sous l’influence de la culture sfarade qu’il est devenu pour beaucoup « Rama », à l’inverse de Shadal (acronyme de Shmouel David Luzzatto) que les Sfaradim appellent Shedal.

Je crois que la logique Sfarade dans la lecture d’un acronyme consiste à reprendre (dans la mesure du possible) le nikoud de l’initiale concernée : dans רמ"א, acronyme de « Rav Moshé Isserles », le Reish représente le mot « rav » et est donc ponctué d’un pata’h, ce qui donne Rama.
Pour le Mem, ça ne sera pas un ‘holam comme dans Moshé, car il faudrait alors ponctuer le Alef final et il serait ridicule de lui attribuer son ‘hirik et dire Ramoï.
La « règle » dont je parle se rapporterait essentiellement à la première lettre de l’acronyme, voire à la seconde si la troisième s’y prête pour former un mot prononçable.

Et je ne suis pas persuadé que cette règle se retrouve systématiquement, il est logique d’imaginer que certaines ponctuations d’acronyme ont été « importées » et reçues telles que prononcées ailleurs.
C’est surtout pour les acronymes que les sfaradim auraient découverts dans les Sfarim (en les lisant, sans les entendre) et devaient donc choisir par eux-mêmes la ponctuation.

Dans Shedal (mentionné plus haut), les deux premières lettres sont ponctuées par leur nikoud (sheva et kamats, mais pour le Lamed on n’a pas dit Shedalou).

Certains soutiennent qu’il y a un intérêt à préserver la prononciation Rema (et non Rama), afin de pouvoir le distinguer du Rama, auteur du Yad Rama, Rabbi Méir Halévi Aboulafia, qui s’écrit avec un Hé final (רמ"ה) et se ponctue toujours avec un Kamats (et on ne dit pas Ramé pour garder le nikoud du Mem de Méir) car le titre de son livre est Yad Rama, qui reprend le verset (Shemot 14,8) ובני ישראל יוצאים ביד רמה , la prononciation suit donc le nikoud du passouk.

Néanmoins, si l’on gagne à différencier ainsi le Rema du Rama, nous aurons encore une difficulté à le distinguer de l’autre Rema, le Rema de Fano. Ce dernier se termine par un Ayin et non un Alef, c’est l’acronyme de Rabbi Mena’hem Azaria (רמ"ע).
La différence de prononciation entre un Alef, un hé ou un ayin à la fin d’un mot reste assez subtile, c’est pourquoi on a pris l’habitude de dire "le Rema de Fano" (et pas le Rema tout court).
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