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Sujet : Homech psychologique
Bonjour Rav Wattenberg,
Est-il possible d'être niftar d'une mitsvat assé midin homech lorsque le homech n'est pas de l'argent réel mais un effort qui est évalué à un cinquième de son argent ?
Par exemple, quelqu'un pour qui mettre les tephilines provoque une réaction post traumatique (ou même un simple désagrement, mais) qui serait prêt à payer un cinquième de son argent pour ne pas avoir à le faire, pourrait-il en être patour ?
Vous demandez si lorsque les sages ont plafonné l’effort financier à produire pour s’acquitter d’une Mitsva positive à 1/5 de sa fortune, c’était une indication de niveau de peine ou si uniquement vis-à-vis de l’argent.
Plusieurs A’haronim ont compris qu’il s’agissait d’une indication de niveau de peine et qu’on pourrait donc mesurer la difficulté en utilisant ce point de repère que représente devoir se défaire de 20% de sa fortune.
Ça reste très relatif à plein de choses et ça varie en fonction des personnes, mais c’était déjà le cas à l’époque où cette règle a été édictée par les sages.
Le
Avnei Nezer (shout E’’H §1) parle d’une apparente contradiction halakhique basée sur cette conception de la notion du ‘Homesh : les sages nous disent que celui qui, après dix ans de mariage, n’a pas eu d’enfants, doit divorcer
(afin de pouvoir épouser une autre femme et espérer avoir des enfants).
Or, d’un autre côté, ils nous disent aussi que pour pouvoir accomplir une Mitsva positive, on n’a pas à sacrifier plus de 20% de notre richesse.
Que doit-on alors dire à un homme pour qui divorcer de sa femme serait une catastrophe majeure, au point qu’il préfèrerait donner toute
(ou au moins plus de 20% de) sa fortune s’il pouvait acheter le droit de rester marié à elle ?
A quel titre lui intimerait-on le devoir de divorcer ? si c’est pour accomplir la mitsva positive de « piria verivia », dès que cela revient à (une souffrance estimée à) plus de 20% de sa fortune, il en est dispensé !
Nous voyons qu’il n’est pas question d’établir une distinction entre payer cette somme et subir une souffrance équivalente à cette somme.
Si, pour lui, divorcer représente une souffrance supérieure à celle que l’on indique en parlant de donner 20% de ses biens, il devrait logiquement en être dispensé.
Il y a plusieurs réponses à cette « contradiction », sans avoir besoin d’établir ce distinguo.
Je crois que j’en ai mentionné quelques-unes dans mon shiour sur la polygamie
https://www.centre-alef.fr/2022/ ou
https://chiourim.com/la-polygamie/ .
J’y ai aussi proposé une explication au fait que cette question n’ait pas été soulevée déjà bien avant le
Avnei Nezer, tout en expliquant par cela pourquoi cette halakha (divorce après dix ans sans enfants) n’est plus appliquée de nos jours, même par de grands rabanim (comme le
‘Hazon Ish, le
Rabbi de Loubavitch, Rav Reouven Margulies, …).
Concernant l’exemple que vous avez choisi :
Citation:
quelqu'un pour qui mettre les tephilines provoque une réaction post traumatique (ou même un simple désagrement, mais) qui serait prêt à payer un cinquième de son argent pour ne pas avoir à le faire
Celui qui souffre en raison d’un traumatisme ou autre, au point de préférer donner 20% de ses biens pour éviter de mettre les tfilines, devrait effectivement, dans la théorie, être dispensé de les mettre.
Ceci dans le cas où s’agit de s’en dispenser 1 jour (ou pour une période), pas pour toute la vie, sans quoi il pourrait entrer dans la catégorie « Karkafta dela mana’h tfilin » (qui dépasse le simple cadre d’une mitsva positive).
[Une des réponses à la question sur le devoir de divorcer
(évoquée plus haut) consiste à établir une distinction entre une simple mitsva positive qui pourra être accomplie à une prochaine occasion
(par exp. Le loulav : l’année prochaine) et une mitsva positive qui doit s’accomplir
(au moins) une fois dans la vie, comme Piria Verivia, acheter des Tfilines ou faire la Brit Mila, Mitsvot au sujet desquelles on n’appliquera pas la dispense des 20%.
C-à-d que dans un cas où payer un mohel reviendrait à plus de 20% de sa fortune, cela ne le dispensera pas de la Mitsva et il ne devra pas rester incirconcis pour cela.
Idem si acheter des Tfilines revient à plus de 20% de sa fortune (et que sans cette dépense, il ne mettra jamais les Tfilines), il n’est pas autorisé à ne jamais mettre les tfilines en raison de ce coût élevé.]
Dans les faits, celui qui serait concerné, ferait mieux d’utiliser les 20% de ses biens avec plus d’intelligence en allant consulter un psychologue qui pourra l’aider à se remettre de son traumatisme -et à remettre les Tfilines.