Techouvot.com

La réponse de qualité à vos questions

Vœux en hébreu ou français

Voir le sujet suivant Voir le sujet précédent
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet
MBMB
Messages: 16777215
doit on tenir à souhaiter nos vœux toujours en hébreux et pas en français ? par exemple dire bonjour ou boquer tov, dire félicitation ou mazal tov, dire bonne apétit ou bétéavonne ?
Rav Binyamin Wattenberg
Messages: 7284
Citation:
doit on tenir à souhaiter nos vœux toujours en hébreux et pas en français ? par exemple dire bonjour ou boquer tov, dire félicitation ou mazal tov, dire bonne apétit ou bétéavonne ?


Bonjour ou boker tov, c’est plus ou moins pareil, ça va. On le dira dans la langue qui nous convient.

Félicitations est autre chose que mazal tov ; mazal tov est un souhait et non une félicitation, donc les deux sont cumulables.

Bon appétit et Betéavon ne sont pas des souhaits très juifs ; souhaiter Betéavon signifie qu’on souhaite à autrui de manger avec Taava, or il est souhaitable de manger Leshem Shamayim.

Voyez dans le livre sur Rav Dessler en français (Jerusalem Publications, p.460) où il est rapporté que Rav Deesler répondit à celui qui lui souhaita bon appétit (je suppose que l'original était "Betéavon") que "Chez nous, nous souhaitons Labriout".

Mais à choisir entre les deux, il me semble préférable de souhaiter bon appétit en français, car cela peut s’interpréter comme un souhait de manger avec un bon appétit, un appétit Leshem Shamayim, pas Leshem Taava.

Dans le Shout Min’hat Divshi (I, §76) il se demande si l’on peut souhaiter « bon appétit » à celui qui mange sans Kipa, et apporte la réponse que lui a envoyée Rav Shimon Ye’hezkel Yakubowicz que c’est permis sauf s’il mange un aliment interdit.

[A priori on pourrait se dire que s’il est sans kipa c’est qu’il n’a pas fait la Brakha et manger sans Brakha revient à du « vol » selon ‘Hazal, cette consommation est donc interdite.
Et bien qu’il y ait une différence de nature entre ces deux types de consommations interdites (si l’aliment est lui-même interdit ou si c’est une condition extérieure à l’aliment qui rend la consommation illicite), concernant notre sujet, cela ne devrait pas porter à conséquence.
Toutefois, on peut imaginer une personne faisant la Brakha avant de manger, en ayant pris soin de se couvrir la tête, mais qui continuerait à manger nue-tête.]
Rav Binyamin Wattenberg
Messages: 7284
Plus haut j’ai écrit :

« Bon appétit et Betéavon ne sont pas des souhaits très juifs ; souhaiter Betéavon signifie qu’on souhaite à autrui de manger avec Taava, or il est souhaitable de manger Leshem Shamayim.

Voyez dans le livre sur Rav Dessler en français (Jerusalem Publications, p.460) où il est rapporté que Rav Deesler répondit à celui qui lui souhaita bon appétit (je suppose que l'original était "Betéavon") que "Chez nous, nous souhaitons Labriout".
»

J’ajoute encore une idée similaire, sur le « bon appétit » en français.
Dans le livre sur Rav Philippe Kohn, Vouloir pour pouvoir (deux pages après la page 218), il est écrit que Rav Kohn disait que souhaiter bon appétit était une habitude non juive, car « il faut manger parce que c’est une obligation et non par envie ! ».
Torah123
Messages: 125
Dans le même ordre d'idée, cela se fait-il de dire "Tsom Kal" ? Selon moi, cela donne une impression de négliger et de mépriser le jeûne, non seulement en réduisant le Takhlit du jeûne à "ne pas manger !". Mais aussi, en ésperant que cela ne soit pas trop dur, et qu'on puisse s'en débarasser...
Rav Binyamin Wattenberg
Messages: 7284
Citation:
Dans le même ordre d'idée, cela se fait-il de dire "Tsom Kal" ? Selon moi, cela donne une impression de négliger et de mépriser le jeûne, non seulement en réduisant le Takhlit du jeûne à "ne pas manger !". Mais aussi, en ésperant que cela ne soit pas trop dur, et qu'on puisse s'en débarasser...


Effectivement, certains souhaitent pour cette raison « Tsom Moïl ».

Néanmoins je ne suis pas convaincu de la « réduction » dont vous parlez.
Je m’explique : Il faut tout d’abord constater que si l’on se souhaite des tas de choses depuis toujours, comme un bon shabbat ou un bon Yom Tov ou un bon mazal etc. nos ancêtres ne se souhaitaient pas « tsom kal » (ni « bon jeûne »). Ce n’est pas anodin.

L’origine du souhait « tsom kal » (qui est très récent) est à mettre en relation, je pense, avec la réalité du XXème siècle où les Taaniot sont devenus beaucoup plus durs et pénibles pour bon nombre de personnes.
Plusieurs Rabanim ont parlé de « Yarda ‘houlsha Laolam » depuis la seconde guerre mondiale, d’autres ont dit que la génération est physiquement affaiblie, ou autres formulations qui reviennent plus ou moins au même. Il semble indéniable que la masse des juifs avait beaucoup plus de facilité à jeûner il y a un ou deux siècles.

D’autres « nouvelles halakhot » indépendantes des Taaniot mais liées sur ce point ont vu le jour, comme l’autorisation de manger ou boire, et même du sucré si nécessaire (ou pour certains même du pain !), avant la Tfila le matin « pour avoir les forces de prier ».

Je pense qu’à part une éventuelle nouvelle faiblesse des corps depuis le XXème siècle, il y a aussi (ou peut-être est-ce, si ce n’est la même chose, intimement lié) l’abondance qui fait que nous mangeons tous les jours à notre faim (b’’h) et ne sommes pas tellement habitués aux privations.
Plus encore, nous nous sommes habitués à manger même sans avoir réellement faim, un petit chocolat, une glace, etc. ce qui rend les Taaniot encore un peu plus difficiles.

Bien entendu, certains jeûnent encore comme nos ancêtres, avec une relative facilité, mais il y a beaucoup plus de personnes qu’avant qui sont très affaiblies par un Taanit.

D’où les nouvelles shitot chez Brisk dispensant ceux qui étudient toute la journée de jeûner (sauf pour le 9 av et YK) car la perte de limoud inhérente à la faiblesse du Taanit est plus grave que le Taanit lui-même.
Pourquoi personne n’y avait pensé (à grande échelle) il y a 300 ou 400 ans ?... CQFD.

Ce qui signifie qu’en fait, de nos jours, pour beaucoup de nos contemporains, jeûner est effectivement plus difficile que pour nos ancêtres. Voilà qui explique l’apparition de ce souhait (« tsom kal ») et qui le justifie un peu : en effet, le but du jeûne est de faire Tshouva, et il arrive souvent que l’on soit tellement affaibli par le jeûne que cette Tshouva s’en trouve amoindrie. (Si l’on pouvait par exemple ne pas manger mais autoriser à boire, on imaginerait plus facilement une Tshouva.)

Du coup, en souhaitant Tsom kal, on se souhaite de supporter le Tsom (comme nos ancêtres le supportaient) et que, grâce à cela, il nous soit possible de bien faire Tshouva (et non que l’on puisse grâce à cela passer une journée normale où l’on ne ferait pas tshouva).

Voilà mon limoud Zkhout sur ce souhait.
Montrer les messages depuis:
Voir le sujet suivant Voir le sujet précédent
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum