Citation:
Bonjour Rav,
Que dit la Hala'ha a propos du cameraman de sexe masculin qui filme les danses chez les femmes lors de soirées tel qu'un mariage.
Est-ce autorisé de prendre le'hat'hila un caméraman homme pour filmer chez les femmes lors d'une soirée qu'on organise?
Et dans le cas où nous sommes invités dans une soirée où c'est un caméraman qui filme chez les femmes, une femme aura -t- elle le droit de danser en sa présence ?
Merci par avance pour vos éclaircissements
C’est discuté, certains l’interdisent mais ce n’est pas vraiment unanime.
Il est clair qu’on préférera une femme mais il est difficile d’interdire de prendre un homme.
L’argument habituel que l’on entend souvent c’est que l’homme qui travaille est occupé à son travail (Taroud Bimelakhto) et ne prête pas attention ou plutôt ne laisse pas les Hirhourim l’assaillir.
Si c’est généralement un argument suranné (et qui dénote soit d’une mauvaise foi soit d’une mauvaise compréhension du problème), précisément dans ce cas (du caméraman qui filme lors d’un mariage) on peut l’admettre plus facilement.
Lorsqu’on prétexte « Taroud Bimelakhto » à propos d’un médecin de nos jours, l’argument est très faible.
Lorsqu’il s’agit d’un maître nageur, c’est une blague.
Mais pour un caméraman, ça a déjà du sens.
Car, de nos jours, il est rare qu’il éprouve des hirhourim en exerçant son métier (en filmant des femmes dans un mariage). Ce qui n’est pas le cas du médecin, et encore mois le maître nageur.
Disons que tant qu’il filme les danses et qu’il est occupé à surveiller son cadrage et son éclairage, et se soucier d’attraper les scènes importantes, et du bon angle etc., il y a de quoi être Meikel et autoriser (à lui de filmer, comme aux femmes de danser).
Par contre, dès qu’il ne filme plus, il doit sortir de la Ezrat Nashim et ne pas regarder (et s’il ne le fait pas, les femmes ne doivent pas danser en sa présence).
Bien entendu, certaines femmes ne dansent jamais lorsqu’un caméraman homme est présent (même s’il est très Taroud Bimelakhto) et ça se comprend, je dis juste que s’il y a un domaine ou l’argument de Taroud Bimelakhto n’est pas (de nos jours) ridicule, c’est celui-ci.
C-à-d qu’il y a 1000 fois plus de gravité à aller se baigner en présence d’un maître nageur homme que de danser dans un mariage lorsque le caméraman est un homme.
R. Its’hak Yossef dans son
Otsar Dinim (§58,22 -p.779) interdit de filmer les danses du côté des femmes, mais parce que c’est un mikhshol pour ceux qui vont visionner le film.
Ainsi, il écrit que si jamais le caméraman a tout de même filmé les danses féminines, il devra veiller à créer deux films distincts, dont un, visionnable par les hommes, épuré de toute danse féminine.
Mais il ne parle pas du problème pour le caméraman lui-même (et ne dit pas que ce doit être une femme).
Les arguments de « Mitsva » et de « Sim’hat ‘Hatan Vekala » sont vides de sens, cela n’autorise pas à un homme de regarder les femmes danser, ni aux femmes de danser en présence d’homme(s), voir
Ben Ish ‘Haï (I, Shoftim §18).
Idem lorsque l’orchestre a vue sur la Ezrat Nashim, ça n’est pas convenable d’après la halakha (cf.
Halikhot Bat Israel §7,16, note 34) et je trouve que c’est plus problématique encore que le caméraman, car un des musiciens peut parfaitement remplir son rôle sans être « Taroud Bimelakhto », on en revient donc au problème du maître-nageur et du médecin (tout en étant tout de même moins grave compte tenu de l’habillement et de la distance).