répondre au kadish en plein limoud Voir le sujet suivant
Voir le sujet précédent
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet
Auteur Message
sat1



Messages: 44

MessagePosté le: Lun 04 Mars 2019, 22:46 Répondre en citantRevenir en haut

Si je suis dans un beth midrash/knesset en train d'étudier puis un minyan se fait, sachant que j'ai déjà prié ou j'ai prévu un autre minyan plus tard, dois-je répondre aux kaddish, hazara, kdousha etc? Ou puis-je continuer comme si de rien n'était ?
Rav Binyamin Wattenberg




Messages: 3808

MessagePosté le: Mar 26 Mars 2019, 22:35 Répondre en citantRevenir en haut

Citation:
Si je suis dans un beth midrash/knesset en train d'étudier puis un minyan se fait, sachant que j'ai déjà prié ou j'ai prévu un autre minyan plus tard, dois-je répondre aux kaddish, hazara, kdousha etc? Ou puis-je continuer comme si de rien n'était ?


C’est une très bonne question.

La réponse n’est pas évidente.

Autrement dit : je ne sais pas.

Mais je présente quand même quelques idées :
Le bon sens indiquerait de dispenser celui qui s’occupe d’étude de Torah de s’arrêter pour répondre aux prières, car Haossek Bemitsva Patour Min Hamitsva [-voir Eshel Avraham (Botshotsh) (§215, 2) , pourtant, cet argument n’est pas évident concernant l’étude de la Torah ], et la gravité du « Mafsik bemishnato » (Cf. Avot III, 7 ) devrait suffire à nous rendre muets de peur.
(Et ce, bien qu’il soit très important de répondre Amen à une Brakha -voir ‘Hayei Adam §VI, 1 et Kaf Ha’haim §124, sk.30 )

Cependant, si la non-participation ressemble à une opposition, c’est aussi très grave.
La situation est donc complexe.

Voyons ce qu’en disent les rabbins :

Rabbi Refael Meldola écrit dans son Shout Mayim Rabim (I, §2 -daf 2c) que vous pouvez continuer comme si de rien n’était et vous n’avez pas à répondre ni Amen ni Baroukh Hou Oubaroukh Shemo.

[Pour ceux qui ne connaissent pas ce rav qui a reçu la Smikha du ‘Hida , voyez ici :
https://en.wikipedia.org/wiki/Raphael_Meldola_(Sephardic_Rabbi)
sauf si vous avez peur de voir son portrait.]
( attention , la parenthèse et les mots Sephardic_Rabbi font partie de l'URL)

Son fils, Rabbi David Meldola , partage cette opinion (avec encore plus d’intensité) , voir son Shout Divrei David (§41, Amsterdam 1753, daf 114a).
C’est a priori aussi l’opinion du Rema de Fano ( cf. Shout §102).

Toutefois, on pourrait imaginer que le Kadish et la Kdousha (et Barekhou) seraient différents.

Mais même pour Baroukh Hou Oubaroukh Shemo et Amen, le Pit’hei Tshouva (Isserlen)(sur O’’H, §124, 5) trouve cela étrange car comment pourrait-on dispenser de répondre, surtout pour le Amen qui est une obligation -si ce n’est pour celui dont l’intensité d’étude correspondrait au niveau de Rashbi et ses collègues « Torato Oumanouto ».

Bref, il ne dispense que de Baroukh Hou Oubaroukh Shemo. (sauf pour un « Torato Oumanouto » ou pour le cas plus fréquent de « Talmoud Torah Derabim »)

Il faut aussi noter que la réponse du Mayim Rabim parle d’un cas d’un Rav et ses élèves -pas d’un individu qui étudie dans son coin.
Il y a donc là le statut de Talmoud Torah Derabim , c’est différent et c’est peut-être pour cela qu’il donne la priorité à l’étude, comme le souligne le Tsits Eliezer (XI, §3, 5) .

[Le Pit’hei Tshouva qui s’étonne ne semble pas avoir remarqué que la question était posée pour Talmoud Torah Derabim , car lui-même (le PT ) est d’accord dans ce cas.]

Le Kaf Ha’haim (§66, sk.20) aussi, impose de répondre au Kadish durant l’étude.

En fait, je pense qu’il faut aussi distinguer le cas où celui qui étudie est « à sa place/dans son droit » du cas où il le serait moins.
Si c’est un Beit Hamidrash qui sert aussi de lieu de prière, il semble logique de dispenser ceux qui étudient de répondre aux prières et ça ne s’apparente pas à une « opposition ».
Mais si c’est une synagogue et que je vais y étudier car je n’ai pas trouvé d’autre endroit, c’est différent.

Le Rav Auerbach (Halikhot Shlomo §IX, 6) distingue justement Barekhou et la Kdousha du reste car ne pas y répondre ressemble à une « opposition » puisque ça se remarque.
Mais pour le reste, on ne répondra pas (même pour le Kadish) car ça reste discret.

On trouve aussi une dispense pour la Kdousha et Barekhou :
Le Rav Braun écrit dans son Shearim Metsouyanim Bahalakha (1, §20, 1 -p.123) que lorsqu’il était jeune, sa « Yeshiva » occupait le Beit Hamidrash qui servait aussi de Shtiblekh où les minianim s’enchaînaient sur toute la matinée, et les élèves (plus de cent) étudiaient dans ce joyeux brouhaha.

La question se posait forcément : faut-il ou non répondre à la Kdousha etc. ?

Le Rav de la ville, Rav ‘Hanokh Henekh Pak (ou Fak ou Pok…? en caractère hébraïques : פאק , je ne le connais pas, ni ce patronyme d'ailleurs. Peut-être manque-t-il un Lamed et qu'il faut lire Falk?) leur a dit qu’ils n’ont besoin de répondre à rien du tout.

-----------

[ Note qui n’est pas liée au sujet : le Rav Braun écrit que s’il fallait répondre à la Kdousha, il y en avait une toutes les 30 minutes dans la salle car les minianim se suivaient l’un après l’autre immédiatement.
J’en déduis que la Tfila de Sha’harit durait 30 minutes en moyenne.
En imaginant une imprécision de sa part et qu’en fait c’était toutes les 35 minutes, voire 40 (mais pas plus, sans quoi il aurait dit ¾ d’heure) , ça reste quand même assez instructif sur le récent rallongement de nos prières dans les synagogues françaises ou un sha’harit peut durer officiellement le double et même plus.
Je me souviens du Sha’harit en semaine à la rue Pavée du temps du Rav Rottenberg père, qui durait 45 minutes pas plus. Que s'est-il passé en trente ans?
Idem aux USA, à Lakewood (mais pas au minian de la yeshiva qui était plus long) et à NY.
Il y a[vait ?] aussi un minian à Manchester (UK) qui dure (durait ?) entre 25 et 30 minutes (!), mais c’est trop rapide, c’est la course.
J'y étais un matin où je devais prendre l'avion peu après, c'est déboussolant.
Le ‘Hazan prononce tout audiblement mais de manière ultra rapide.
40 minutes de temps me semble plus adapté et propice à une tfila Bekavana (-en Nossa’h Ashkenaze. Mais la tfila Sfarade est peut-être un peu plus longue et les sfarades tiennent trop à chanter des passages…). Fin de note nostalgique.]

-----------------

Encore une idée : le Igrot Moshé (O’’H III, §89) écrit qu’on n’est pas « tenu » de s’interrompre pour répondre au 13 Midot avec un Tsibour, mais que c’est l’habitude.
Sauf si l’on étudie en groupe, on n’interrompra pas le Talmoud Torah Derabim .


Pour conclure : Je ne sais pas.

Je pense qu’il faut -comme dit plus haut- distinguer le cas où celui qui étudie est « à sa place/dans son droit » du cas où il le serait moins -et cela laisse entendre encore quelques subtilités.
L’idéal serait donc de fixer la Halakha à chaque fois avec le rav local qui tiendrait compte de tous ces paramètres.
Mais à distance, je ne peux pas vous indiquer une Halakha fiable et certaine qui s’appliquerait de manière standard.
Rav Binyamin Wattenberg




Messages: 3808

MessagePosté le: Jeu 30 Mai 2019, 23:41 Répondre en citantRevenir en haut

J'indique encore qu'il y a le Shout Shevet Halévy (IX, §43) qui dit que si répondre Amen va perturber mon étude, je n'ai pas à répondre.
Je ne crois pas l'avoir mentionné plus haut.
Montrer les messages depuis:      
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet


 Sauter vers:   



Voir le sujet suivant
Voir le sujet précédent
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum