Qu'est ce qu'un Leitsan aux yeux de la Tora ? Voir le sujet suivant
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cheelnaute



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MessagePosté le: Jeu 21 Décembre 2017, 19:13 Répondre en citantRevenir en haut

Je sais que la traduction habituelle est celle de "moqueur" mais j'avais cru lire il y a quelques années qu'un leits est celui qui vide les paroles de moussah (et donc leur effet sur le kahal) de son tohen. Ce qui en soit ca n'a rien à voir avec la définition que la plupart des gens se font, à savoir qu'ils pensent qu'un leitsan est celui qui va se moquer de son haver s'il se casse la figure ou s'il fait quelque chose de ridicule.
Pourriez vous nous eclairer ? Source à l'appui (si possible !)...

Merci beaucoup
Rav Binyamin Wattenberg




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MessagePosté le: Ven 22 Décembre 2017, 15:02 Répondre en citantRevenir en haut

Le Pélé Yoets (erekh Leitsanout –éd. Jérusalem 1987, p.359 ) donne pour définition de la Leitsanout le fait de se moquer de son prochain "pour rigoler" הוא שמתלוצץ על חברו להרבות שחוק וקלות ראש

Cela correspond –il me semble, à la cinquième catégorie de Leitsanout définie par Rabenou Yona dans Shaarei tshouva (III, §174-177bis) , c’est la « moins grave » des cinq.

La définition que vous en donnez se retrouve chez Rav Lewenstein (Igrot §251) (cité dans le Or Ye’hezkel sur le Or’hot ‘Haim §4, p.3) au nom de rabenou Yona : הוא מי שאינו מכיר חשיבות של תורה

L’idée serait « tourner en dérision les choses sérieuses ».

C’est aussi ce qu’on retient de l’expression ליצנות אחת דוחה מאה תוכחות

[C’est une expression que l’on attribue aux ‘Hazal, mais –il me semble- par erreur.
On la retrouve dans différents sfarim sous différentes formes, mais elle ne se trouve ni dans le Bavli ni dans le Yeroushalmi, ni dans les Midrashim classiques.
On la trouve avec quelques nuances de langage dans le Emouna Oubita’hon du ‘Hazon Ish (p.42) et dans le Messilat Yesharim (§5) et voir aussi des expressions ressemblantes (sur d'autres Midot) dans le Shla (massekhet Yoma 242a dans l’éd. d’Amsterdam) .]

Dans la Gmara Sanhedrin (63b) on cite deux sources à partir de Psoukim pour montrer que si la Leitsanout est interdite, c’est différent en ce qui concerne faire de la Leitsanout de la Avoda Zara.

Les A’haronim se demandent pourquoi la Gmara n’a pas cité l’exemple évident de Eliahou avec les Neviei Habaal (Melakhim I, XVIII, 27) , le Or Hayashar répond que la Gmara souhaitait des exemples autres que celui-ci où le prophète est en Vikoua’h avec les idolâtres et doit leur « clouer le bec » pour les vaincre.

Mais je me demande s’il n’y a pas un autre paramètre qui expliquerait le choix de la Gmara ; il se trouve que les deux preuves de Leitsanout apportées par la Gmara ont pour point commun de tourner en dérision la Avoda Zara de manière un peu grossière (en faisant référence à la défécation) , peut-être qu’il y aurait une distinction à établir entre deux niveaux de Leitsanout, la raillerie basique où l’on tourne en dérision une chose respectée et la raillerie avec une touche de grossièreté, la Gmara souhaitait donc montrer que même cette dernière s’appliquera contre la Avoda Zara.

Voici qui ajouterait aux différentes catégories classées par Rabenou Yona .

Par contre, vous parlez de celui qui se moquerait d’autrui qui chute, celui-ci n’est pas un Leitsan, mais un idiot, il ne faut pas confondre.
La leitsanout reste le fait de « tourner en dérision une situation sérieuse », ce n’est pas « se moquer d’une situation burlesque ».
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