Jacques Kohn
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Posté le:
Dim 10 Décembre 2006, 10:34 |
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La
parachath Wayèchev
s’achève sur un épisode inattendu : le « jour anniversaire » (
yom houlédeth
) de Pharaon. Celui-ci organise un festin et fait extraire de leur prison le « maître-échanson » et le « maître-panetier ». Il rétablit le premier dans ses fonctions et fait pendre haut et court le second (
Berèchith
40, 20 et suivants).
Ce paragraphe appelle plusieurs questions :
Tout d’abord, quelle a été la signification de cet « anniversaire », au cours duquel Pharaon a pris ces importantes décisions ?
D’autre part, qui était ce Pharaon, dont le texte biblique, comme souvent lorsqu’il parle du roi d’Egypte, n’indique que le titre sans mentionner le nom ?
Selon
Rachi
(
ad loc
.), les mots
yom houlédeth
correspondent au jour de l’engendrement, que l’on appelle [dans le
talmud
(
‘Avoda Zara
10a)]
guénoussiya
. (« fête anniversaire »). L’origine grecque de ce mot incite à le rapprocher de
genna
(naissance, origine),
genesis
(génération, d’où naissance), ou
gennao
(enfanter, produire).
L’expression
yom houlédeth
, que l’on traduit généralement par « anniversaire », ne figure nulle part ailleurs dans la
Tora
. Tout au plus apparaît-elle dans Ezéchiel 16, 4, dans un verset où le prophète, reprochant à Jérusalem, au nom de
Hachem
, ses abominations, lui dit : « Et, quant à ta naissance, le jour où tu fus enfantée (
be-yom houlédeth othakh
), ton nombril ne fut pas coupé ; et tu ne fus pas lavée dans l’eau pour être nettoyée… »
On peut déduire de ce verset, dans la mesure où il parle d’un cordon ombilical qui n’a pas été coupé, qu’il évoque bien une naissance. Or, au surplus, de façon inattendue, et comme pour dissiper toute équivoque,
Rachi
traduit l’expression
be-yom houlédeth
par une expression en français ancien : « fus née ».
C’est pourquoi, à propos du
yom houlédeth
dont il est question dans la
parachath Wayèchev
,
Rabbeinou Be‘hayé
indique qu’il s’agit du jour où est né un fils du roi.
Et plus loin, à propos du verset de
Chemoth
1, 8 (« Il se leva un roi nouveau sur l’Egypte, qui ne connaissait pas Joseph »), ce même commentateur précise que ce roi était né pendant l’incarcération de Joseph. Le
yom houlédeth
dont parle notre
paracha
serait par conséquent le jour de la naissance du Pharaon qui persécutera plus tard les enfants d’Israël. |
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