Les écrits de Rav Kook Voir le sujet suivant
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mimi26



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MessagePosté le: Mar 07 Juin 2016, 8:57 Répondre en citantRevenir en haut

Bonjour

Merci pour le travail extraordinaire que vous faites sur ce site, c'est toujours un plaisir de vous lire.

J'aurais aimé que vous m'expliquiez pourquoi les juifs du courant haredi (dont je suis proche) n'étudient pas du tout (que je sache) les écrits de Rav Kook ? que pensez vous de ses sfarim ? J'ai acheter dernierment son sefer sur les agadot de chabat, et je le trouve fabuleux. Y a-t-il des réserves quant à son étude ? si oui, pouvez vous nous en dire plus ?

merci et kol touv
Rav Binyamin Wattenberg




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MessagePosté le: Dim 26 Février 2017, 16:36 Répondre en citantRevenir en haut

Pour le Ein Aya , sur shabbat ou brakhot, pas de souci.
C’est un biour agadot.

Les harédim qui ne le lisent pas ne le font pas tous par conviction politique ou hashkafique, ils ne lisent pas non plus des tas sfarim intéressants et même palpitants, uniquement car ils ne sont pas « à la mode » et ne sont pas réimprimés etc.

C’est un effet de mode et comme dans leur milieu, le Rav Kook n’est pas en vue, ses sfarim ne sont pas consultés.

Il y a cependant des militants opposés aux écrits du rav Kook , qui ne supportent même pas qu’on lui attribue le titre de « rav », ils l’assimilent aux pires choses et pourraient le traiter de suppot de Satan comme de Kofer.

C’est compliqué tout ça, il y a eu de grands désaccords entre le Rav Kook et les autres grands rabanim de son époque, toutefois la majeure partie d’entre eux s’accorde à dire que le rav Kook était un tsadik –même si la halakha n’est pas comme lui.

Le rabbi de Gur (Imrei Emet) serait allé jusqu’à dire à son sujet ce qui a été dit de Rabbi Méir (Erouvin 13b) , qu’étant trop élevé, il demeurait incompris de ses pairs et c’est pourquoi la halakha ne doit PAS être retenue comme lui.

En dire autant de rav Kook , revient à le réhabiliter totalement (contre les accusations diverses dont il faisait l’objet), tout en discréditant sa Shita, son opinion.

Mais même si « la halakha n’est pas comme lui », cela n’empêche pas de lire ses sfarim et de se renseigner sur sa position, comme on lit celle de Rabbi Méir.


A part ça, je trouve les sfarim de Rav Kook difficiles d’accès, son style semi-emblématique avec des tons inspirés et dignes de l’oracle d’un prophète, laisse souvent perplexe le lecteur qui tente de saisir la subtilité des tournures étranges dont il adore parsemer ses textes.

Je trouve ça vraiment dommage.

Il faudrait faire un résumé reformulé de ses sfarim. J'encourage tout fan de Rav Kook qui en serait capable, à entreprendre ce travail.

A part un sefer où il est relativement clair, le Linvoukhei Hador , écrit dans sa jeunesse, vraisemblablement avant d’acquérir son style littéraire prophétique, ou alors parce qu’il était destiné à un plus large public ?

Je suis certain que son expression obscure –en parallèle du fait qu’elle soit évidemment de nature à plaire et séduire les esprits qui se considèrent philosophes- est aussi responsable de nombreuses perversions de ses idées, chacun peut s’approprier les écrits du Rav Kook en les interprétant à sa sauce et il sera difficile de le contrer.

En définitive, il y a souvent de quoi hésiter lorsqu’on veut se faire une opinion très précise des positions de ce Rav.

Ça a joué contre lui et de nombreux rabanim se sont opposés à ses hashkafot, allez savoir ce qu’il en aurait été s’il avait été plus clair dans ses écrits…

Parfois c’est même vraiment déroutant, par exemple, il est un texte mythique (et terrible) du Rav Kook au sujet duquel il y a eu une grande polémique, même le Rav Yossef Messas (pourtant d'ordinaire très pacifique) lui écrivit pour le lui reprocher.

Rav Kook lui répondit qu’il n’avait jamais écrit une telle chose, que la source diffusée est une déformation de ses propos etc. (Cf. Otsar Hamikhtavim 2, p.49 ).

Pourtant, en comparant cette source « falsifiée » aux écrits authentifiés du Rav Kook , on constate qu'il en est bien l'auteur et on se demande quelle est la différence entre les deux textes…

Sans en tirer de conclusion, même si on va dire que ce n’était pas ce qu’il voulait dire, ce qui s’impose est qu’il a utilisé des termes qui poussent fortement à l’erreur et que cette erreur a encouragé de nombreuses personnes à perdurer dans des actions que le Rav Kook lui-même condamnait pourtant (selon ses dires et écrits apologiques).

Il y a donc indéniablement un danger dans les écrits du rav Kook , que le « problème » soit chez l’auteur ou le lecteur est une autre question, mais de très nombreuses personnes –même bien intentionnées- ont compris des choses étranges dans ses écrits, choses auxquelles il s’opposait lui-même.

Conclusion :

Aucun problème à lire le Ein Aya , ou un autre livre du rav Kook , dans la mesure où l’on est conscient que les hashkafot qui s’en dégagent ne font pas du tout l’unanimité et risquent même d’être absolument fausses dans le sens où elles ne refléteraient pas celles de l’auteur.
leib



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MessagePosté le: Lun 27 Février 2017, 16:38 Répondre en citantRevenir en haut

Bonjour,

Je me permets de rebondir sur le post du Rav Wattenberg qui me parait un peu incomplet.

Il me semble que les haredim s'opposent historiquement à Rav Kook car il avait accepté de "collaborer avec les sionistes laïcs" aux débuts du yishouv; plus encore sa philosophie voit dans le retour des pionniers les prémices de la guéoula, philosophie qui se prolonge dans un sens davantage messianiste avec Rav Tsvi Yehuda Kook après la guerre de 1967 et le mouvement du Goush Emounim dans les années 1970. Pour le monde haredi, nous sommes toujours en exil (je m'étonne un peu que Rav Wattenberg n'en parle pas, d'ailleurs) et la création de l'Etat d'Israël est un non-événement: certainement pas pour tous les haredim, mais je parle au niveau de la mahachava et de la hashkafa. Cela dit, il y a beaucoup de choses qui ont changé depuis l'époque du Hazon Ish mais bon, les pesanteurs sont toujours là.

J'ai posé la question à un Rav de Mea Shearim il y a une quinzaine d'années. Mais lui ne m'a pas du tout parlé des écrits de Rav Kook. Il m'a donné la réponse suivante: "Nous en voulons à Rav Kook car dans les années 20, il a donné sa berakha lors de la création de l'Université de Jérusalem, à l'inauguration de laquelle il était présent".
Kikouze



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MessagePosté le: Mar 28 Février 2017, 20:22 Répondre en citantRevenir en haut

Merci pour vos éclaircissements

Pourriez-vous, dans la mesure du possible, me dire quelles sont les points de divergences entre Rav kook et les autres rabanim de l'époque ?
Et si possible nous en dire un peu plus sur ce texte sur lequel Rav Messas a réagi ?

Merci !
Rav Binyamin Wattenberg




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MessagePosté le: Dim 08 Octobre 2017, 11:51 Répondre en citantRevenir en haut

Je m’apprête à écrire TROIS messages ici, les deux derniers seront pour répondre aux deux intervenants, Leib et Kikouze .

Le premier est pour indiquer que j’ai vu les annotations personnelles de Rav Kook sur le Moré Nevoukhim (imprimées dans Otsrot Hareïa II, p.261 ) et qu’elles sont écrites dans un style beaucoup plus clair que ses sfarim, car elles datent vraisembalblement de sa jeunesse -selon l’estimation de rav Tsuriel qui me semble basée essentiellement sur la clarté du style.

Ce qui conforterait ce que j’écrivais plus haut, je me cite « un sefer où il est relativement clair, le Linvoukhei Hador , écrit dans sa jeunesse, vraisemblablement avant d’acquérir son style littéraire prophétique ».

Cependant, la clarté de ces annotations relève peut-être seulement de leur usage à caractère personnel , il ne les a écrites que pour lui-même, sans penser les publier et ne se serait pas « fatigué » à produire des tournures farfelues dont il a le secret…

Il n’y aurait alors plus de « preuve » sur l’âge auquel il les a rédigées…
Rav Binyamin Wattenberg




Messages: 2985

MessagePosté le: Dim 08 Octobre 2017, 11:52 Répondre en citantRevenir en haut

Mon second message vient répondre à la question de Leib :
Citation:
Je me permets de rebondir sur le post du Rav Wattenberg qui me parait un peu incomplet.

Il me semble que les haredim s'opposent historiquement au Rav Kook car il a accepté de "collaborer avec les sionistes laics" aux débuts du yishouv ; plus encore sa philosophie voit dans le retour des pionniers les prémices de la guéoula, philosophie qui se prolonge dans un sens davantage messianiste avec le Rav Tsvi Yehuda Kook après la guerre de 1967 et le mouvement du Goush Emounim dans les années 1970. Pour le monde haredi, nous sommes toujours en exil (je m'étonne un peu que le Rav Wattenberg n'en parle pas d'ailleurs) et la création de l'Etat d'Israel est un non-evenement : certainement pas pour tous les haredim, mais je parle au niveau de la mahachava et de la hashkafa. Cela dit il y a beaucoup de choses qui ont changé depuis l'époque du Hazon Ish mais bon, les pesanteurs sont toujours là.

J'ai posé la question à un Rav de Mea Shearim il y a une quinzaine d'années. Mais lui ne m'a pas du tout parlé des écrits du Rav Kook. Il m'a donné la réponse suivante : "Nous en voulons au Rav Kook car dans les années 20, il a donné sa berakha lors de la création de l'Université de Jérusalem, à l'inauguration de laquelle il était présent".



Leib s’étonne que je n’aie guère mentionné le désaccord sur les « prémices de la gueoula » ou la critique concernant l’université de Jérusalem.
Mais même en l’ayant fait nous serions encore loin du compte !

Ce post ne visait pas à expliquer les divergences entre les partisans et opposants au Rav Kook , mais seulement à parler de ses Sfarim et plus particulièrement du Ein Aya , savoir s’il comporte des idées négatives ou nocives.

Leib semble avoir compris que la question d’origine était « quelles sont les divergences entre Rav Kook et les autres rabanim ? », voilà pourquoi il s’étonne que j’aie pu omettre tel ou tel point essentiel, mais la question ne portait que sur les écrits du rav Kook

Si nous en venions à traiter en détail la Ma’hloket autour de ce rav, il y aurait encore beaucoup à dire, si cet habitant de Méa Shearim lui reproche sa participation à l’inauguration de l’université de Jérusalem (en 1925, un an après le Technion, inauguré en 1924. L’université a été fondée il y a 99 ans en 1918) , d’autres lui reprochent d’autres choses bien différentes, comme sa manifestation devant le Kotel en 1929, sefer Torah dans les bras et clamant « Shema Israel, Hakotel shelanou, Hakotel E’had ! ». Grande colère des arabes qui se sentent menacés. Résultat : les pogroms de 1929.

Mais il est vrai que les arguments sont plus souvent orientés sur la Hashkafa.

Le plus classique restant celui auquel je faisais allusion plus haut et sur lequel même rav Messas s’était donné la peine de lui écrire (j’en dis un peu plus dans ma réponse à Kikouze qui va suivre et j'encourage Leib à la lire).
Rav Binyamin Wattenberg




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MessagePosté le: Dim 08 Octobre 2017, 11:52 Répondre en citantRevenir en haut

Et voici mon troisième et dernier message (pour aujourd’hui) qui vient répondre à la question de Kikouze :

Citation:
Merci de vos éclaircissement
Pourriez, dans la mesure du possible , Me dire quelles sont les points de divergences entre le Rav kook et les autres rabanim de l'époque?


Non.
C’est un sujet trop vaste.

Voyez le post de Leib et ce que je lui ai répondu.

Citation:
Et si possible nous en dire un peu plus sur ce texte sur lequel le Rav messas a réagit.


Ça c’est déjà plus concis, enfin, on peut en parler de manière concise.

Le Rav Messas lui a envoyé une lettre en Kislev 1927 (imprimée dans Otsar Hamikhtavim II, §658 , p.42 ) lui disant avoir lu dans le mensuel « Beit Waad La’hakhamim » (kislev 1927) où l’on dénonce avec véhémence les transgressions de la Torah qui ont cours en Palestine (Erets Israel) et plus particulièrement à Jérusalem.
On y transgresse le shabbat haut la main, les boucheries vendent de la viande non-ksheira , on organise des danses le soir de Yom Kippour, on mange non-kasher, certains « dénoncent » aux autorités non-juives les juifs pratiquants qui leur reprochent ces agissements contraire à la Torah…

(précision : nous sommes malheureusement habitués à cette réalité, mais il y a un siècle, les juifs du Maroc ne pouvaient pas s’imaginer que des juifs puissent ainsi enfreindre la Torah et surtout pas en Erets Israël…)


Le Rav Messas demande alors : Est-ce bien cela la Gueoula à laquelle nous aspirons ?
Est-ce pour cela que nous nous serrons la ceinture en versant nos économies dans les troncs installés dans chaque synagogue en faveur du Yishouv, afin d’envoyer notre contribution au Yishouv en Erets Israël, pour aider au développement du pays ?
Nous privons nos pauvres locaux au profit du Yishouv alors qu’ils se comportent ainsi, pratiquent de telles abominations ?

Mais le pire de tout, c’est cette nouvelle, selon laquelle vous (rav Kook) auriez dit que l’entrainement sportif des jeunes qui jouent au football (en transgressant allègrement la Torah) élève la shkhina comme les chants de David dans les Tehilim et apporte une performance à la force spirituelle des tsadikim.

Vous auriez aussi proclamé lors de l’inauguration de l’université de Jérusalem que c’est sur ce type d’institution (pourtant « militante » anti-Torah) qu’il est dit « Ki Mitsion Tetsé Torah » (c’est de Sion que viendra la Torah).

Comment un rabbin aussi important que vous peut-il encourager des juifs renégats dans leurs péchés, leur mépris et leur transgression de la Torah ?
Au contraire, vous auriez dû les réprimander publiquement afin que les donateurs comprennent que ce type d’institutions va à l’encontre de la Torah et qu’ils ferment leurs bourses !

Rav Messas termine en écrivant qu’il refuse de croire ces témoignages avant d’en avoir la confirmation par Rav Kook lui-même car il n’arrive pas à imaginer de telles choses et il précise que depuis qu’il a reçu le mensuel porteur de ces nouvelles, il n’a rien pu manger tant il est bouleversé.

Plus loin dans Otsar Hamikhtavim (§683), Rav Messas écrit (au mois d’Iyar) à Rav Kook pour le remercier de sa réponse dans laquelle il dément toutes ces accusations mensongères.

Rav Messas ne se contente pas de le remercier, il ajoute que son cœur s’est rempli de joie et qu’il se sent beaucoup mieux à présent, mais qu’il s’inquiète fort du rédacteur responsable de ces calomnies dans le mensuel Beit Waad La’hakhamim qui diffuse de tels mensonges sur une personnalité rabbinique de premier ordre.

Sans tarder, Rav Messas rédige une lettre à son intention (elle se trouve dans Otsar Hamikhtavim §685 ), il s’appelle Rav Yossef Shimon Pollak .

Il lui écrit qu’il a été choqué de lire de si graves accusations sur le Rav Kook , qu’il a vérifiées en écrivant au concerné et que ce dernier dément et qu’il a répondu point par point à chaque accusation, il n’y a que mensonges et calomnies.

Aussi, comment avez-vous (Rav Pollak) pu publier ces mensonges ?

Plus tard, au mois de Sivan (et imprimé dans §691 ), Rav Messas informe Rav Kook qu’il a écrit au journal (à Rav Pollak) pour le réprimander. C’est qu’il n’avait toujours pas reçu de réponse de la part de Rav Pollak .

En réalité, il semblerait que le Rav Kook ait plus ou moins « embrouillé » le Rav Messas en le rassurant.

Attention, pas nécessairement avec une mauvaise intention, il pouvait estimer que du fin fond du Maghreb, Rav Messas n’était pas à même de comprendre la réalité de la situation en Erets Israel.

Mais j’ai l’impression que Rav Kook a tout de même « bénéficié » de la Tmimout du Rav Messas dans cette affaire, car en lisant les écrits de Rav Kook , par exemple dans Orot Hate’hia (§34) [et voir aussi 8 Kvatsim, tome 6, §290 ] , on y retrouve cette idée insupportable aux yeux de rav Messas .

La réponse de rav Kook n’est pas imprimée dans le Otsar Hamikhtavim , mais elle l’a été (partiellement) depuis dans Otsrot Hareïa (I, p.203) (et complètement dans les Igrot ) .

Pour le discours d’inauguration de l’université, il nie avoir tenu de tels propos et pour le football qui vaut bien des Tehilim, Rav Kook explique que c’est dans le dessein de rapprocher les éloignés du judaïsme qui de toute façon s’adonnent au sport, afin qu’ils le fassent au moins « leshem shamayim »…

Tout en comprenant très bien (je pense) son intention, je ne peux m’empêcher de remarquer que si c’était le cas, ces considérations ne trouveraient pas leur place dans les sfarim du rav Kook , écrits pour tout public, surtout le public pratiquant.

Même si son intention n’est que pour les éloignés de la Torah, si ça se retrouve dans ses sfarim (destinés aux pratiquants avant tout), c’est qu’il y a un problème…

Rav Messas , Tsadik Tamim comme il l’était, ne devait pas s’imaginer à quel point les ashkenazes en Palestine pouvaient être anti-Torah et il semblerait que Rav Kook ait « profité » de sa naïveté pour économiser de grands débats explicatifs ou de se faire un nouvel ennemi.

J’ai regardé le texte imprimé dans le Kol Koré du Beit Waad La’hakhamim (Kislev 5688) , titré « Yeroushalayim titen Kola », ça correspond bien à ce qui est imprimé dans Orot hate’hia (§34) qui était DÉJÀ imprimé à cette époque (imprimé je crois vers 1920).

Je réitère ma mise en garde : n’allez pas en déduire que le rav Kook était un brigand qui ment sur ses intentions et arnaque le rav Messas en étant ‘had bepé ve’had belev , ‘has veshalom.

Il s’agît d’un grand Tsadik, intègre, Gaon et visionnaire.

Même ses opposants reconnaissaient sa Tsidkout et son intégrité.
(Hormis certains extrémistes l’accusant de tous les maux, c’est vrai, mais la très grande majorité des talmidei ‘hakhamim s’opposant au Rav Kook le respectait, ils ne s’opposaient qu’à sa Shita qu’ils jugeaient erronée et dangereuse pour le klal israel.)
Torah temimah



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MessagePosté le: Jeu 19 Octobre 2017, 14:47 Répondre en citantRevenir en haut

En accord avec le Rav Wattenberg, j'ai du mal à accepter que le Rav Kook ait formulé des idées uniquement pour rapprocher les non-pratiquants de la Torah. Ses considérations sur le sport sont au contraire tout à fait cohérentes avec l'ensemble de sa pensée qui, d'une part, distingue, spécifie et accorde de l'importance à chaque valeur en tension avec d'autres valeurs et d'autre part les unifie (hol/kodesh, corps/esprit, morale naturelle/étude de la loi, raison/art, universalisme/nationalisme, etc....)

Voici des citations du texte cité par le Rav Wattenberg :

ההתעמלות, שצעירי ישראל עוסקים בה בארץ ישראל לחזק את גופם בשביל להיות בנים אמיצי כח לאומה, היא משכללת את הכח הרוחני של הצדיקים העליונים, העוסקים ביחודים של שמות הקדושים, להרבות הבלטת האור האלהי בעולם, ואין גילוי אור אחד עומד בלא חבירו כלל.(...) ואל יפלא אם יש חסרונות במהלך החיים של העוסקים באימוץ הגופני ובכל החיזוקים הארציים שבישראל, כי אפילו רוח הקודש צריכה בירור מתערובת החיים שמתערבבים בה והיא הולכת ומטהרת, מתקדשת ומתבררת .
(אורות התחיה ל "ד)

Il me semble que dans la pensée du Rav Kook, pour être comprise, une idée doit également être analysée pour elle-même, indépendamment de ses interactions et surtout de son contexte.

Après avoir défendu et même louer ceux qui s'adonnent au sport, le Rav Kook déclare être conscient des manquements du sionisme, mais que cela ne constitue pas une raison de l'invalider. Il ne s'agit pas de défauts par essence du sionisme mais des scories qu'il faut extraire. Même le Rouah haqodesh doit être purifié, cela ne signifie pas qu'il soit négatif par essence.

Voici une autre citation d'un article de journal (על דבר הכדור-רגל בשבת, דאר היום) paru en 1926, ou le Rav Kook traite du sport et des Maccabiades :

הספורט הוא דבר שבקדושה, התנועה המכבית היא אחד היסודות הכי חשובים בתנועת התחיה שלנו. בספורט יש הרבה עדינות ואצילות נפש. השקפתי על ההתעמלות נתפרסמה זה מכבר ולא שיניתי אותה. יש בה הרבה אידיאליות, עלינו להשיב לעמנו את גבורת גיבורי יהודה הנחוצה לנו לבניין האומה וארצה".

Il précise bien que sa pensée sur le sport est bien connue et qu'il ne l'a pas changée.

J'en profite pour exprimer toute ma gratitude au Rav Wattenberg et au site techouvot.com pour la qualité des réponses et la volonté de rechercher amitah shel torah.
Rav Binyamin Wattenberg




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MessagePosté le: Ven 01 Décembre 2017, 0:29 Répondre en citantRevenir en haut

Je remercie Torah temimah pour son soutien et pour sa contribution, qui -digne d'une Torah Temimah , est Meshivat Nafesh .

Il est à noter que l'article du journal daté de 1926 où il confirme sa position sur le sport est antérieur aux plaintes de rav Messas et donc de sa réponse.

Il y aurait beaucoup à dire sur cet aspect très particulier de rav Kook et sur sa " compréhension du manque de compréhension " d'autres rabanim...
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