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Cholom



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MessagePosté le: Dim 22 Août 2004, 11:54 Répondre en citantRevenir en haut

Après avoir lu les présentations des rabbanim qui répondent à ce site, je souhaiterais poser une question rejoignant la biographie du rav Lumbroso Roth. Donc, dans sa biographie, j'ai lu qu'il possédait à son actif plusieurs formations de kirouv.

Ma question est donc, en quoi consiste cet art? Comment faire pour convaincre un laïc de faire techouva? En visionnant les vidéos de rav Amnon Yitshak chlit"a, et en allant le voir à Paris, on se rend compte que cela est énormément difficile, et que même le rav ne fait en général que des techouvot mitokh yirah, notamment pour guérir des malades etc. Mais dans la réalité, quelqu'un qui va bien, par exemple grace à un zkhout avot, ou autre, je ne rentre pas dans les calculs d'hachem, par quels moyens peut-on l'influencer?
Merci de me répondre à cette question, j'espère que j'en ferais bon usage!
Rabbin Marc Meyer




Messages: 499

MessagePosté le: Dim 22 Août 2004, 17:04 Répondre en citantRevenir en haut

L'action de convaincre quelqu'un ne peut être unilatérale.

Il faut que celui que l'on veut convaincre souhaite, recherche, désire ou espère trouver une vérité (et pour nous juifs, la vérité).

Que ce soit consciemment ou inconsciemment, il y a attente. Que ce soit avec son intellect ou avec son âme, il est en quête.

Alors on pourra lui ouvrir une fenêtre ou une porte sur une autre vision des choses et un mouvement de retour, de retour aux sources pourra être amorcé.

Si ce mouvement vient à se bloquer ou à retourner vers l'arrière, cela signifiera que l'individu n'a pas le courage d'aller plus loin ou que le ou les sacrifices exigés par ce mouvement lui semblent trop difficiles à faire.

Très souvent, c'est parce qu'il est déçu du vide et de la vanité de tout ce que la civilisation lui propose comme valeurs qu'il optera pour cette recherche de valeurs réelles et non fictives.

On voit souvent que c'est du Ciel que vient l'aide providentielle qui sera le moteur ou le déclencheur d'un mouvement de retour - soit par ses mérites propres, soit par le mérite de ses ancêtres. Car chez tout juif se trouve une braise cachée sous des cendres - il suffit de souffler dessus et le feu peut reprendre.

L'éloignement des vérités de la Torah est dû à l'ignorance ou à la méconnaissance de la Torah.
L'absence de l'étude de la Torah en est la base.
Mais cela peut aussi venir de la transmission de fausses vérités par des maîtres qui ont eux-mêmes été fourvoyés ou qui se sont eux-mêmes fourvoyés - souvent les deux).

Prenons conscience aussi de la somme des connaissances qui nous viennent d'ailleurs que de la Torah et du peu de place que nous lui laissons à cette Torah.

Revenons aux solutions à apporter à ce problème : Comment convaincre ?

Il est évident qu'il faut d'abord être convaincu soi-même.

Il faut aussi souffrir de voir un frère ou une soeur qui sont éloignés de la vérité, de la vérité qui est la leur, puisque juifs et donc héritiers de ce patrimoine spirituel qu'est la Torah et ses enseignements.
Pour toucher le coeur de éloignés et les rapprocher, nos paroles doivent sortir du coeur et non seulement de notre cerveau.

J'ai cité un frein au retour : l'ignorance. Ceci au niveau de la raison.
Mais il est un autre frein, au niveau de l'âme : La consommation d'aliments interdits.
En effet, cette consommation entraîne ce que nos Sages dénomme "un coeur bouché". C'est-à-dire une incapacité à comprendre - un phénomène métaphysique.

Ne pas oublier cette notion que reprend très souvent le Sefer Ha'hinouch : "Haadam Nif-al Lefi Peuoulotav", "L'homme est transformé par ses actions".
L'action de faire une Mitsvah, même sans en saisir le sens, agit sur l'être humain et le transforme. On croit toujours que la raison est le moteur de l'action. Le Sefer Ha'hinouch nous enseigne à partir de la Torah que l'inverse est aussi vrai - et peut-être plus vrai encore.

Ensuite, peut intervenir la vision de la beauté de la Torah, de sa merveilleuse profondeur, de ses caractéristiques universelles, de l'épanouissement que procurent son étude et l'accomplissement de ses Mitsvoth, des prophéties que l'histoire a vérifié, de la cohérence des différents types et niveaux d'interprétation de la Torah, de sa capacité à traverser sans changement les millénaires et de supporter toutes les vicissitudes de l'histoire, de la spécificité du peuple juif en tant que témoin et transmetteur des valeurs de la Torah, du maintien de son identité malgré les persécutions, les destructions et les multiples volontés de l'éliminer......etc.

Il est plus judicieux de montrer les aspects positifs de la Torah que d'en décrire les nombreux interdits.
Une fois convaincu, le juif se gardera de lui-même de transgresser ces interdits.

Il y a évidemment beaucoup à dire encore.

Mais plus important que tout, c'est de prier Haschem pour qu'il nous aide à rapprocher ceux qui sont égarés et qu'Il les aide à se rapprocher de Lui. Et que vienne bientôt le Maschia'h que nous attendons tous les jours.


Be-Hatsla'hah dans l'amour du prochain par le Kirouv Re'hokim.
Marc MEIMOUN



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MessagePosté le: Mar 24 Août 2004, 0:52 Répondre en citantRevenir en haut

Bonsoir,

Après avoir assisté, il y a plusieurs années, à un séminaire organisé en périphérie parisienne, j'ai été profondément choqué par la forme et le contenu de celui-ci.

Le thème, Science et Torah, visait à démontrer de manière "rationelle" le bien fondé du discours biblique à travers des concordances entre le textes et les résultats scientifiques ou encore plus "spectaculaire", le "mektoub" (c'est écrit) démontré mathématiquement grace au progrès de la guematria.

Quand à la forme, nous avons eu le loisir d'assister aux exercices d'effet de manches les plus convaincant qu'il soit.

Il existe en effet tout un attirail pour convaincre, la "société du spectacle" qui est la notre, nous à habituer à ce show en continue.

Pour ma part, je repense à ce verset de la paracha de la semaine dernière : TSEIDEK TSEIDEK TIRDOF LEIMA'AN TIHE'E VEIYARACHTA... L'équité, l'équité tu (la) poursuivras... (DEVARIM 16,20).

Elie MUNK explique que cette double énonciation signifie qu'il faut chercher à posséder la justice au moyen même de la justice.

N'y a t il pas là dissonance ?

D'un côté des méthodes profondément inspirés de ce monde occidentale, de la "sagesse grec" qui invite au dialogue raisonné, à la beauté du raisonnement et de l'autre un message divin qui nous commande d'être juste.

Alors quelle place accordé à la question comment convaincre ?
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