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 Juda et la "prostituée" Voir le sujet suivant
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benepito



Messages: 6

MessagePosté le: Ven 30 Novembre 2007, 15:34 Répondre en citantRevenir en haut

Dans la paracha Vayéchev, Juda va cohabiter avec sa belle-fille, qui est en fait déguisée en prostituée.
Juda ne savait pas que c'était sa belle-fille.
Pourtant Rachi commente que sa belle-fille aura une lignée de "Tsadik comme lui".
Pourquoi Rachi qualifie de Tsadik un homme qui va cohabiter avec une prostituée, d'autant plus qu'il a fait ce geste juste pour avoir une relation (si j'ai bien tout compris) ?
De plus, Juda savait que la prostitution est une avéra dans la mesure où il demande qu'on brûle sa belle-fille quand on lui apprend qu'elle s'est prostituée et contrairement à sa belle-fille, il n'a pas fait ce geste pour Hachem.
Je vous remercie par avance pour votre explication.
Kol Tov.
Jacques Kohn



Messages: 2050

MessagePosté le: Dim 02 Décembre 2007, 9:37 Répondre en citantRevenir en haut

L’histoire de Juda et de Tamar fait partie des paradoxes de notre histoire, et notamment de ceux qui définissent notre espérance messianique.

Disons tout d’abord que malgré les apparences contraires leur union a eu la valeur d’un véritable mariage contracté par lévirat ( Ramban /Nahmanide ad Berèchith 38, 26).

« Tandis que les fils de Jacob, nous apprend par ailleurs le Midrach ( Berèchith rabba 85, 1), étaient occupés à vendre Joseph, que Juda s’occupait de se trouver une femme, que faisait le Saint béni soit-Il ? Il s’occupait de créer la lumière du Messie (en la personne de Péretz, fils de Juda et de Tamar, et ancêtre du roi David et du Messie). »

Le paradoxe est que la lignée monarchique du roi de David, ainsi que le Messie qui en sera la perpétuation, sont issus d’une descendance d’une pureté discutable : l’union de David et Tamar, à laquelle reste attachée une souillure originelle, et la conversion de Ruth, ancêtre du roi David, elle-même issue des relations incestueuses de Lot et de ses filles.

On a beaucoup épilogué sur ce paradoxe. Il faut, pour y répondre, prendre en considération le fait que notre espérance messianique n’est pas réservée au peuple juif, qui serait considéré comme sans tache, mais qu’elle doit être partagée avec toute l’humanité, à la fois dans ce qu’elle a de pire (d’où l’intérêt des deux symboles de l’inceste et de la prostitution), et dans ce qui la rapproche le plus de nous, à savoir la conversion représentée par Ruth.

De même que de l’impureté des cendres de la vache rousse naît la pureté, de même de l’impureté des avatars de l’histoire jaillira le Messie.
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