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Jacques Kohn
Messages: 2053
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Posté le:
Dim 09 Mars 2008, 9:23 |
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Le
Chabbath
qui précède la fête de
Pourim
, on lit en plus de la
paracha
normale, les versets de la
Tora
qui nous ordonnent de nous souvenir de
‘Amaleq
et de le détruire (
Devarim
25, 17 à 19).
Ces versets, qui commencent par le mot
zakhor
, ont donné son nom à ce
Chabbath
.
La
haftara
correspondante (I Samuel 15, de 1 ou 2 selon les rites à 34) relate l’ordre donné par
Hachem
au roi Saül d’annihiler
‘Amaleq
. Cet ordre a été incomplètement exécuté, Saül ayant épargné Agag, le roi de cette peuplade.
Les conséquences de cette désobéissance se sont révélées catastrophiques. Agag a en effet profité du répit qui lui était accordé pour engendrer l’aïeul de
Haman
, précurseur de tous les antisémites de l’histoire.
Lorsque Samuel a voulu réparer cette faute commise par Saül, le texte nous apprend qu’il a fait conduire Agag devant lui et l’a fait exécuter.
Un verset indique cependant, dans une formulation sibylline, qu’Agag s’est présenté « gaiement » (
ma‘adanoth
) devant le prophète et lui a dit : « Ainsi, l'amertume de la mort a disparu » (I Samuel 15, 32).
Que veulent dire cette allégresse d’Agag, et cette sorte de résignation devant la disparition de l’amertume de la mort ?
Selon
Ralbag
(Gersonide), le mot
ma‘adanoth
ne doit pas être compris comme l’expression d’une quelconque gaieté, mais dans le même sens que dans le verset : « Peux-tu serrer les liens (
ma‘adanoth
) des Pléiades, ou relâcher les cordes d’Orion ? » (Job 38, 31).
Le mot
ma‘adanoth
doit par conséquent être compris comme signifiant qu’Agag a été conduit devant Samuel fortement entravé par des chaînes, et ce afin de prévenir toute tentative de fuite.
Quant à la disparition de l’amertume de la mort, explique le même commentateur, elle correspond à un sentiment passager qu’a éprouvé Agag à la vue de Samuel : Impressionné par sa stature, il s’est convaincu un court instant qu’il allait lui témoigner de la pitié et l’épargner.
Mais là a été son erreur, car Samuel lui a aussitôt répliqué, au verset suivant : « De même que ton épée a privé d’enfants les femmes, de même, entre les femmes, ta mère sera privée d’enfants… », puis il l’a aussitôt exécuté : « Et Samuel mit Agag en pièces devant
Hachem
, à Guilgal. » |
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