Pourquoi "tov meod" dans Berèchith 1, 31 ? Voir le sujet suivant
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Menashédf



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MessagePosté le: Mar 25 Octobre 2005, 0:44 Répondre en citantRevenir en haut

Chers Khakhamim,

J'aimerais savoir à quoi fait référence l'expression "TOV MEOD" (très bon) en Genèse/Béréchith 1:31 par rapport à "TOV" (bon) pour le reste des oeuvres de la Création.
J'ai trouvé cet article intéressant en espagnol, je l'ai traduit très librement en français:

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Béréchith

http://sigloxxi.il.tripod.com.mx/mitorah/id1.html

TOV MÉOD

Abraham Goldberg

Vayar Elokim et kol acher assa vehiné tov meod vayéhi erèv vayéhi bokèr yom hachichi (Genèse 1.31).

C'est seulement au sixième jour, lorsque l'homme a été créé, qu'apparait le mot "MEOD", pour tous les autres jours, la Torah utilise simplement le mot "TOV". Pourquoi trouve-t-on ici "TOV MEOD"?
Na'hmanide, el Grand Sage et Cabaliste du XIII è siècle, né à Gérone, en Espagne et mieux connu sous le nom de Ramban, nous explique dans ses commentaires que MEOD implique l'aparition du Yetzèr Hara.
Nous savons d'après les explications que nous fournit le Ram'hal (Rabénou Moché 'Haim Luzzato) dans ses oeuvres, que dans ce monde, la Bien absolu n'existe pas sans la participation de l'homme. Pour que le bien
(tov) se tranforme en "très bien ou très bon" (Tov Méod), il est nécéssaire de créer l'occasion de vaincre un obstacle, cet obstacle n'est pas un mal en soi sinon une certaine mesure d'absence de bien. Si l'homme avait été capable de remplir ce petit espace de bien à l'aide de sa propre volonté, la Création serait complète et son objectif accompli.
C'est du moins la possibilité qu'a eue Adam Harichone......
Nous en connaissons tous la suite de l'histoire, l'espace d'absence de bien s'est étendu et par conséquent le monde s'est transformé, l'homme a été finalement expulsé du Gan Eden.
La Guématria de la palabra MEOD équivaut à 45, ce mot apparait au total dans la Torah 70 fois. Le nom ADAM a exactement la même valeur numérique de 45, ces deux mots se composent aussi des mêmes lettres (Mèm-Alef-Dalèt), ce qui pourrait laisser indiquer qu'il existe en l'homme la possibilité et le potentiel d'être comme Adam ou bien être prisonnier du Yetzèr Hara.
Le nombre 70 possède plusieurs significations très intéressantes, les mots YAYIN (Youd-Youd-Noun) (vin), SOD (Same'h-Vav-Dalèth) (secret) et KEN (Kaf-Noun) équivalent tous à 70.
YAYIN représente la sagesse, ceux qui le savent disent que l'age de la sagesse (celui du Retour ou Téchouva) commence à 70 ans. (Pirkei Avot 5:25).
SOD qui veut dire secret, peut sous entendre qu'en arrivant à cet age les secrets de la vie et du Olam Ha-ba commencent à être révélés à ceux dont le coeur est prêt.
KEN, c'est un fait immutable, quelque chose qui ne sera pas changé.

On peut tout résumer de la manière suivante:
Pendant 70 ans l' homme devra cohabiter avec en son sein avec le Yetzèr Hara, en surmontant les dures épreuves auxquelles il sera soumis, il obtiendra la sagesse et son coeur sera prêt à recevoir les secrets de la vie éternelle , c'est un fait qui ne pourra être changé (Vayéhi Ken), "et il en sera ainsi".
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Merci encore une fois de m'illustrer par votre sagesse. Chalom Ou-béra'hoth.

Marcel Léger, Mexico.
Jacques Kohn ZAL




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MessagePosté le: Mer 26 Octobre 2005, 10:15 Répondre en citantRevenir en haut

« Alors que l’œuvre des jours précédents est jugée bonne, celle du dernier jour de la création est qualifiée de tov meod (“très bonne”).

L’excellence de l’œuvre n’apparaît en effet que lorsqu’elle est finie et achevée, tandis que ses parties, considérées isolément, peuvent sembler n’être relativement bonnes, en raison même de leur caractère d’ouvrage partiel et imparfait. Mais il résulte également de ce fait que la connaissance juste suppose une vue d’ensemble de l’objet et de ses attributs. Les hommes ont souvent tendance à rechercher la spécialisation et à étudier les êtres et les objets par “pièces détachées”.

Or, en se livrant au morcellement des connaissances, à la fragmentation de la science en tranches que chacun se partage, à l’excessive utilisation de l’esprit d’analyse, on fait perdre à l’homme la vision de l’ensemble. “On n’a donc que des morceaux d’être à la main, desquels la vie est chassée; le feu sacré, l’esprit vital est retiré” (Goethe). C’est dans la mesure où ils ont su dépasser les conceptions fragmentaires qui divisent l’univers en un monde organique et un monde anorganique en une série d’autres disciplines que les penseurs et les savants, en considérant le monde comme un tout harmonieux, ont été capables de reconnaître l’âme vivante qui anime toutes les parties de l’univers.


C’est ici, d’autre part, tout à la fin de l’œuvre de la création, que nos Sages du Midrach font mention, pour la première fois, de la présence du mal dans cette œuvre. Certes, en considérant les œuvres de la création dans leur secteur limité, on peut penser qu’elles ne méritent pas l’épithète de “très bien” en raison des vices et des imperfections qu’elles comprennent. Mais, vue dans son ensemble, la création apparaît dans toute son excellence et les diverses formes du mal gagnent, dans la perspective du cadre général, leur véritable signification. Elles contribuent, en effet, de même que les facteurs des passions humaines et des forces élémentaires de la nature, et dans la mesure où elles obéissent à la discipline commune, au salut général. Leur présence est aussi nécessaire à l’harmonie de la création que l’alliage naturel l’est à la solidité d’un minéral. C’est dans ce sens que R. Meïr dira que “très bien, comprend même la mort” tandis que d’autres Maîtres viendront ajouter le penchant du mal, l’enfer, etc. (Gen. Raba c. 9) (cf. Na’hmanide ; Guide des Egarés III, 10).

Moralement et physiquement, l’homme dispose d’une matière qui n’est pas la meilleure possible, mais la seule bonne. Cette matière, malgré ses vices évidents, correspond en réalité au plan divin, consciemment et librement exécuté. Et l’on peut prétendre que si Dieu n’était pas sûr que la création, telle qu’elle est sortie de ses mains, était seule capable de réaliser le but assigné, il l’aurait façonnée d’une manière différente. Donc, telle qu’elle se présente, elle doit être capable de parvenir au terme de sa perfection et doit contenir, dans sa constitution intrinsèque, tous les éléments qui y contribueront. A l’homme de les déterminer, de les dégager, de les mettre en activité et de parachever ainsi l’œuvre des six jours. »

(Rabbin Elie MUNK, La voix de la Thora , vol. I, p.15).
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