Critiquer un kabbaliste Voir le sujet suivant
Voir le sujet précédent
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet
Auteur Message
cheelnaute



Messages: 116

MessagePosté le: Lun 29 Janvier 2018, 22:16 Répondre en citantRevenir en haut

Bonjour rav

Un ami en me parlant d'un rav parisien assez connu m'a raconté une histoire un peu mystique donc je vous passe les détails

Je n'ai pu m'empêcher de dire à mon ami que je ne crois pas les paroles de ce rav (une histoire sans fondement et très facile à avancer pour le rav en question)

Je n'ai pas été plus loin dans mon argumentation et la discussion avec mon ami ne s'est pas prolongée mais le fond de ma pensée est que certains
Kabalistes et Baba, pour cultiver leur image de faiseurs de miracles et de magiciens en quelque sorte, racontent des histoires comme cela un peu comme vous le détaillez dans votre cours sur le mysticisme sur la magie et sur les secrets des baba...

Pensez-vous que ce que j'ai fait est du lashone ara ?

comment me conseillez-vous de réagir à l'avenir quand je discute de ce genre de sujet avec mes amis ? Y a-t-il une mitsva d'aider son ami et de l'aider à rester lucide sur la lecture de certains événements de ce genre quitte à remettre indirectement en cause l'avis qu'on se fait sur ce rabbin ? Ou bien devrais-je à l'avenir me taire dans ce genre de situation ?
(Je précise que c'était entre 4 yeux et avec un ami très proche)

Merci
Rav Binyamin Wattenberg




Messages: 3102

MessagePosté le: Mar 30 Janvier 2018, 19:52 Répondre en citantRevenir en haut

Citation:
Pensez-vous que ce que j'ai fait est du lashone ara ?

Non.
Si vous dites simplement que vous ne croyez pas à une histoire, il n'y a aucun Lashon Hara et vous n'êtes pas tenu de croire à toutes les histoires de peur de froisser vos amis ou des rabbins.

Citation:
Y a-t-il une mitsva d'aider son ami et de l'aider à rester lucide ...Ou bien devrais-je à l'avenir me taire dans ce genre de situation ?

Il convient d'aider son ami à éviter les erreurs d'interprétation, néanmoins, si cet ami souffre de déficiences mentales et qu'il ne saurait être capable de vous comprendre, sans que cela ne perturbe sa croyance en la Torah/en D.ieu, il convient d'éviter ce type de discussion avec cet ami.

L'idée est de l'aider, pas l'inverse.
S'il est trop faible pour bénéficier de votre aide et qu'elle aurait sur lui l'effet inverse, il ne faudra pas la lui prodiguer.
Contentez-vous alors de prier pour sa guérison.

Certains sont réfractaires au "bon sens", pas parce qu'il sont dépourvus de cervelle, mais parce qu'elle a malheureusement été conditionnée par des personnes en qui ils avaient confiance.
"On" leur a expliqué qu'il y avait une obligation de croire toutes les histoires sur les tsadikim, voire "on" exerce une pression sociale sur leur petit cerveau en leur faisant comprendre que celui qui serait sceptique quant à la véracité des prodiges de tel ou tel Baba, c'est assurément un signe que son âme est défectueuse au niveau de la Emouna (la foi en D.ieu et en la Torah) , c'est un Kofer, ou bien il fait partie du Erev Rav, c'est certainement que la Sitra A'hara s'est emparée de lui etc.

Ainsi, celui qui ose réfléchir est ostracisé et rejeté.
Ce système à malheureusement fait beaucoup plus de dégâts que les victimes officiellement reconnues en tant que telles.
(par exemple la famille Ferster , voir ce que j'ai écrit ici (le 4 oct. 2015) : http://www.techouvot.com/sonder_les_pensees_dautrui_et_la_prophetie_de_nos_jours-vt18625.html )

Ce tort est hélas entretenu par des personnes qui ne cherchent pas réellement à se rapprocher de D.ieu, mais plutôt à créer une orthopraxie sauvage et dénuée des bonnes Midot (comme de bon sens, qui va avec) .

Il faut reconnaître que la 'Hassidout, malgré tout le bon qu'elle comporte, a quelque peu participé elle aussi à diffuser cette idée (aujourd'hui répandue dans d'autres communautés aussi) .

L'origine même de l'idée qui consiste à taxer d'hérésie (ou de manque de Emouna, ...) toute personne qui refuserait d'avaler des couleuvres, remonte à l'époque de Shabtaï Tsvi le faux messie.
Ses adeptes avaient inventé ce concept, dans le but de forcer le peuple, la populace, à croire à toutes les niaiseries qu'ils diffusaient pour la gloire de leur messie.
C'est ce qu'écrit le grand Rabénou Menashé Méillia , dans son Alfei Menashé (II, §35) .

D'après cela, le seul vestige des fléaux de Shabtaï Tsvi encore actif de nos jours, serait cette "hashkafa" imposant de tout croire (pour peu que cela soit favorable aux rabbins) -en dehors des dommages causés aux milliers de juifs dont les descendants d'aujourd'hui ne sont pas juifs à cause de ce faux messie.

Je n'en dis pas plus, je risquerais d'éveiller le courroux des gardiens de cette "shita" qui y tiennent férocement, tant cette attitude est en mesure de les rassurer.
Cheela-techouva



Messages: 84

MessagePosté le: Mar 30 Janvier 2018, 23:42 Répondre en citantRevenir en haut

Merci Rav pour votre réponse pleine de bon sens.

A vous lire on imagine que le tsibour est frappé d'illusion collective.

Comment expliquer le nombre (vraiment important) d'histoires miraculeuses que l'on entend sur tel ou tel rav, et parfois même de la bouche de ceux qui les ont vécues?

Est-ce une manifestation de cette shita héritée des disciples de shabtai tsvi?

Ou alors est-ce que vraiment, aujourd'hui, il y a des rabanim dont la bénédiction peut "enclencher" un miracle ou une yeshoua manifeste?

Le seul but est de comprendre, pas de polémiquer, h'as véchalom.

Je vous remercie de prendre de votre temps précieux pour répondre à ces questions.
Rav Binyamin Wattenberg




Messages: 3102

MessagePosté le: Mer 07 Février 2018, 23:39 Répondre en citantRevenir en haut

La réponse n'est pas simple et elle dépendra aussi de la définition précise qu'on voudra donner au terme "miracle".

Selon une certaine "définition" de ce mot, il y a en effet de nombreux rabbins capables d'opérer des miracles.
Mais pas selon une autre définition.

Le Rav Shalom Messas (Shout Shemesh Oumaguen III, inyanim shonim §1) écrit que depuis la Sortie d'Egypte, D.ieu est devenu "radin" en miracles.
C'est une manière de dire que les lois de la nature sont très chères aux yeux de D.ieu et qu'Il n'aime pas les changer, comme l'écrit le Rav Albo dans Sefer Haïkarim (III, §13) .

Ce qu'il faut comprendre c'est qu'en aucun cas, la capacité à opérer des miracles serait nécessaire pour définir la Tsidkout d'un rabbin. Il y a eu de très grands tsadikim qui n'ont réalisé aucun miracle durant leur vie.

Ensuite, il faut encore savoir que tout ce que certains attribuent de miraculeux aux rabbins, est aussi attribué à toutes sortes de gourous et sorciers par leurs ouailles/disciples/fans.

Il y a là de quoi méditer...

Le fils du 'Hafets 'Haim a dit sur son père, qu'on raconte sur tel et tel rabbin qu'ils étaient l'application même de "Tsadik Gozer Vehakadosh baroukh hou mekayem" (le Tsadik décrète et D.ieu accomplit), mais que concernant son père (le 'Hafets 'Haim) le véritable miracle qu'on peut lui attribuer, c'est que HKBH Gozer vehatsadik mekayem, c'est D.ieu qui décrète et lui (le 'Hafets 'Haim) accomplissait... ça c'est un "miracle"!

Pourtant, les histoires miraculeuses attribuées au 'Hafets 'Haim ne manquent pas non plus. Mais j'ai déjà écrit (-je crois sur ce site) ce dont sa propre fille témoigne : 80% de ce qu'on raconte d'extraordinaire au sujet du 'Hafets 'Haim n'est pas vrai.
Montrer les messages depuis:      
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet


 Sauter vers:   



Voir le sujet suivant
Voir le sujet précédent
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum