Jacques Kohn
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Posté le:
Dim 17 Juin 2007, 10:40 |
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La
haftara
de la
parachath ‘Houqath
rapporte le discours que Jephté a tenu au roi des Ammonites lorsqu’il a tenté, par une négociation, de mettre fin aux hostilités que ce souverain avait engagées contre Israël afin de récupérer les territoires situés au-delà du Jourdain.
Ce discours est calqué, presque mot pour mot, sur celui que Moïse avait tenu à Si‘hon, roi des Amorréens, avant que celui-ci engage le combat contre Israël (
Bamidbar
21, 21 et suivants). Ce combat s’est achevé, on le sait, sur une défaite cuisante à la suite de laquelle les Hébreux se sont emparés de tout le territoire des Amorréens (voir
Devarim
2, 24), territoire qui sera attribué plus tard aux tribus de Ruben et de Gad.
Si la ressemblance entre le discours de Moïse et celui de Jephté explique le choix de ce chapitre du livre des « Juges » comme
haftara
de la
parachath ‘Houqath
, on y trouve cependant un ajout significatif non contenu dans le texte de la
Tora
:
« N’est-ce pas, ce que ton dieu
Kemoch
te fait conquérir devient ta possession? [De même] tout ce que
Hachem
, notre Dieu, nous a fait conquérir, sera nôtre » (11, 24).
Cette référence faite par Jephté à une divinité étrangère, et surtout sa mise en parallèle avec
Hachem
, a fait dire à beaucoup de commentateurs, comme
Metsoudath David
et
Malbim
, qu’elle était pour celui-ci une façon d’ironiser sur cette idole.
On sait cependant que
Kemoch
était en réalité une divinité de Moab (
Bamidbar
21, 29 ; I Rois 11, 7 ; II Rois 23, 13 ; Jérémie 48, 13 et 46), et non d’Ammon.
Pourquoi Jephté l’a-t-il alors attribuée à Ammon ?
En réalité, comme l’explique
Radaq
(
ad loc.
), « ce territoire dont tu prétends qu’il t’appartient, a voulu signifier Jephté, a été arraché par les Amorréens à Moab sans que
Kemoch
, la divinité de ce peuple, n’ait rien fait pour le préserver de cette perte. De la même façon, s’il avait été ta propre divinité ne t’en aurait-il pas préservé. »
« Cesse donc, a voulu dire Jephté, pour employer une expression à la mode dont on pourra goûter l’actualité, de te comporter comme un
kozaq nigzal
, c’est-à-dire comme un voleur qui se plaint d’avoir été lui-même volé ! » |
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