Étudier pendant la hazara Voir le sujet suivant
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cheelnaute



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MessagePosté le: Dim 15 Octobre 2017, 7:00 Répondre en citantRevenir en haut

Bonjour.
Je sais Que le mishna broura est très clair sur cet interdit.
Cependant, en en parlant avec un ami, il m'a dit que certains permettaient quand on étudiait silencueusement selon le principe de irour lav kedibour damé. Est ce vrai? Si ou, qui dit cela et i, peut on être someh sur cette deah pour étudier pendant la hazara?
Rav Binyamin Wattenberg




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MessagePosté le: Mar 24 Octobre 2017, 15:57 Répondre en citantRevenir en haut

Bien, je ne vais pas vous répéter ce que tous les rabanim consultés répondent, ni ce qu’on trouve dans plusieurs sfarim.
Vous répondre que c’est interdit « point final » ne serait pas une réponse à votre question, je vais donc vous dire que Rav Moshé Feinstein (Igrot Moshé O’’H IV, §19) considère qu’on ne peut pas interdire catégoriquement l’étude durant la ’hazara et le reprocher au contrevenant une fois que le Rema de Fano (Shout §102) s’est montré conciliant en présentant un Limoud Zkhout et une certaine tolérance.

Toutefois, il y a certaines modalités, on peut les présenter sous la forme de quatre conditions :

1) Premièrement, le Rema ne parlerait que du cas où il y a au moins 9 autres personnes (à part lui et le ‘hazan) qui répondent fidèlement à la ‘hazara. Sans cela, il serait strictement interdit d’étudier.

2) Une seconde condition est qu’il ne s’agît que d’une étude silencieuse, sans prononcer les mots, juste les penser.

3) Une 3ème condition : répondre convenablement aux brakhot et ne pas se plonger dans une étude complexe qui risque de nous faire oublier de répondre Amen à chaque Brakha de la ‘hazara.
(les autres petites phrases répétées à chaque coin de brakha selon les coutumes sfarades, comme "Aleihem hashalom", "Melekh!", "Livrakha", "Baroukh 'hay haolamim", "Bekarov", "Takhin!", "Tatsmia'h",... ne sont pas obligatoires).

4) Et 4ème condition : Veiller à ce que les participants au minian, étant Amei Haarets, ne puissent pas déduire de ce comportement qu’il est autorisé de parler pendant la ‘hazara.

J’apporte deux remarques :

a) Sur la 4ème condition, je ne crois pas que -de nos jours- il y ait vraiment des Amei Haarets qui –voyant un religieux lisant silencieusement un Sefer (sans prononcer mot), en arriveraient à déduire que l’on puisse aussi lire un Tintin pendant la ‘hazara, ou parler de Dvarim betélim.

b) Et concernant la seconde condition, il m’apparaît opportun de citer l’opinion du Rosh (qui n’est étrangement pas mentionnée par les Poskim à ce sujet) dans son Or’hot ‘Haim (§14) qui semble autoriser même la parole (en divrei Torah) durant la ‘hazara.
Les autres paroles sont interdites, mais pas les paroles de Torah.
(Il viendrait donc aussi en soutient au Heiter d’étudier durant la ‘hazara, en allant même jusqu’à autoriser de prononcer les mots étudiés.)

Je suis étonné que ce Rosh ne soit pas cité par les Poskim, c’est étrange, j’ai peut-être loupé un détail.

J’ajouterais encore un élément important.
Il y a une vingtaine d’années, à Lakewood (NJ USA), un Avrekh avait l’habitude d’étudier silencieusement durant la ‘hazara et respectant scrupuleusement les conditions qui ressortent de la Tshouva du Igrot Moshé .
Un autre Avrekh le lui a reproché , arguant qu’il est strictement interdit d’étudier à ce moment.

L’accusé se défendit en lui mettant le Igrot Moshé sous le nez.
Et l’accusateur, quoique perturbé par cette référence indiscutable (surtout aux Etats-Unis) , n’en démordit pas pour autant et se mit en tête d’aller présenter la question à un Possek local.

Le lendemain, il arrivait plein d’assurance à la rencontre du partisan du Igrot Moshé en racontant qu’après avoir posé la question au Possek, la réponse fut que le Heiter (l’autorisation) du Rav Feinstein ne saurait s’appliquer qu’à une personne à qui il arrive parfois d’oublier de manger un repas tant il est pris par son étude.

[Hé oui, n’imaginons pas un instant qu’un Batlan qui n’étudie pas toute la journée se mette en tête d’étudier uniquement pendant les ‘hazarot, ça serait absurde. Qu’il se trouve un autre moment!
Mais une personne qui étudie autant qu’elle le peut, ou disons qui généralement ne perd pas son temps et le rentabilise en limoud, serait autorisée par rav Feinstein –en respectant les 4 conditions- à étudier pendant la ‘hazara.
Il lui arrivera tout de même de perdre des moments de sa journée ou de sa semaine, on ne peut pas parler d’absence totale de Bitoul Torah, c’est pourquoi le Rav a fixé un repère simple : si son étude peut lui faire oublier son repas, c’est bon.]

Nous voici donc avec une 5ème condition pour pouvoir « suivre » le Psak de Rav Feinstein .

Il se trouve que l’Avrekh en question (l’accusé) remplissait parfaitement cette dernière condition; je le connaissais, il lui arrivait d’oublier de manger et même de dormir, il étudiait parfois presque 18 heures dans la journée.
Si sa femme ne le rappelait pas à l’ordre, il ne pensait pas à manger et oubliait ainsi fréquemment le repas de midi.
Il avait donc bien le droit d'étudier en silence durant la 'hazara.

Bien, ça c’est pour ce qui est de la halakha.
Mais je tiens tout de même à souligner un autre point :

S’il est fréquent que l’on reproche à celui qui étudie durant la ‘hazara son attitude, on ne le fait jamais pour ceux qui rêvassent durant la ‘hazara.
C’est pourtant pire.
Ne perdons pas de vue que s’il faut s’abstenir d’étudier durant ce temps, c’est pour pouvoir être Mekhaven convenablement aux Brakhot.

Le Mishna Broura interdit aussi de plier son Talit ou de retirer ses Tfilines (MB §34, sk.14) même si c’est pour mettre les tfilines de Rabénou Tam, car on ne serait pas attentif aux brakhot de la 'hazara.

On ne devra pas non plus s’occuper d’autre chose que d’écouter et répondre à la ‘hazara.

Même si c’est pour une mitsva (non-ovéret) comme récolter de la Tsedaka (comme c’est fréquent en Israël) car cela perturbe (au moins) les donateurs (MB §566, sk.12) [pour une mitsva qui ne peut pas attendre, on la fera tout de même. Cf. Aroukh Hashoul’han (O’’H §124, 12) qui impose au Rav consulté pour une halakha de répondre –si c’est une halakha pressante].

Bref, avant de critiquer celui qui étudie en silence durant la ‘hazara, en respectant les conditions citées, on ferait mieux de diriger nos reproches vers ceux qui consultent leur téléphone/sms/mails durant la ‘hazara.
Serait-ce mieux de consulter son téléphone qu’un Sefer ?

Idem pour ceux qui ne se privent pas de lire une annonce, un journal, un feuillet, faire un signe à un ami… personne ne le leur a jamais reproché.
Et pourtant, si jamais au lieu de lire une publicité, ils lisaient un Sefer ('has veshalom) , le courroux des Kanaïm leur tomberait dessus…

Est-ce alors vraiment motivé Leshem Shamayim ?
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