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DBH



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MessagePosté le: Dim 24 Décembre 2017, 17:56 Répondre en citantRevenir en haut

Bonjour Rav Watenberg,

je souhaite savoir s'il est permis de déplacer la dépouille d'une personne de France en Israël, alors qu'elle n'en a jamais exprimé le vœu, qu'elle est enterrée depuis plus de 30 ans dans ce cimetière français et qu'il y a peu de risque que la dépouille soit mise dans une fosse commune. Je sais que c'est un sujet complexe.

Merci.
Rav Binyamin Wattenberg




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MessagePosté le: Lun 25 Décembre 2017, 13:42 Répondre en citantRevenir en haut

Etes-vous certain qu’il n’y a aucun risque ?
En principe, en France, il y a souvent un risque, d’ici 30 ans ou d’ici 100 ans…

Selon la loi française, une concession –même perpétuelle, si elle est en état d’abandon, peut être reprise :

Article R. 2223-12
Conformément à l'article L. 2223-17, une concession perpétuelle ne peut être réputée en état d'abandon avant l'expiration d'un délai de trente ans à compter de l'acte de concession.

Article R. 2223-18
Après l'expiration du délai de trois ans prévu à l'article L. 2223-17, lorsque la concession est toujours en état d'abandon, un nouveau procès-verbal, dressé par le maire ou son délégué, dans les formes prévues par les articles R. 2223-13 et R. 2223-14, est notifié aux intéressés avec indication de la mesure qui doit être prise.
Un mois après cette notification et conformément à l'article L. 2223-17, le maire a la faculté de saisir le conseil municipal qui est appelé à décider si la reprise de la concession est prononcée ou non. Dans l'affirmative, le maire peut prendre l'arrêté prévu au troisième alinéa de l'article L. 2223-17.


Mais parlons du cas hypothétique mentionné ; peut-on déplacer un corps vers erets israel sous prétexte de « Zkhout Hou Lo » ?

La Halakha telle qu’énoncée dans le Shoul’han Aroukh (Y’’D §363, 1) stipule que déplacer un corps d’une tombe en ‘Houts Laarets vers Erets Israel est permis.
Le Shakh (sk.3), le Baer Heitev (sk.2) et autres commentateurs en indiquent tous la raison : « Mishoum Kapara » ; la terre d’Israël étant propice à la « Kapara », on considère que toute personne accepterait d’être « déménagée » post-mortem vers Erets Israel.

C’est ce qu’écrit le Rambam (hil. Melakhim V, 11) (et dans ses Tshouvot §372 ).

On pourrait imaginer encore une autre « justification » à ce din; afin de lui épargner le Guilgoul Me’hilot (cf. Ktouvot 111a ).
Voir à ce sujet une Tshouva du Satmar Rouv imprimée dans Taharat YomTov (VI, p.115).

Plusieurs Poskim se prononcent favorablement pour le déplacement d’un corps vers Erets Israel, voir :

Or Zaroua (II, §419),

le Ramban (Torat Haadam, Shaar Hakvoura),

Or’hot ‘Haim (II, p.596),

le Mahari Bei Rav (§38),

le Maharalba’h (§63),

le Maharashdam (Y’’D §203),

le Radbaz (§611).


Toutefois, si le défunt concerné avait eu l’occasion de faire savoir à d’autres qu’il ne souhaitait pas être enterré en Israël, on respectera sa volonté.

Encore que certains (comme le Maharalba’h §63 ) indiquent de ne pas respecter ce qui était sa volonté de son vivant (car il en aurait assurément changé depuis), sauf dans le cas où il aurait explicitement demandé à ses enfants de ne pas être enterré en Israël. (Voir Pit’hei Tshouva Y’’D §363 ).

Je rappelle que nous ne parlons ici que du cas où nous considérons qu’il n’y a aucun risque dans le cimetière en ‘Houts Laarets.

Dans le cas contraire (lorsqu’il y a lieu de craindre qu’il soit « expulsé » de son Kever - par exemple s'il n'y a plus personne pour prendre soin de la tombe ), le Shoul’han Aroukh ne parle plus « d’autorisation » de déplacer le corps vers Erets Israel, mais de « mitsva ».

Il y a aussi plusieurs Tshouvot dans les poskim récents à ce sujet, toutes favorables au déplacement de la dépouille tant que le défunt n’aurait pas indiqué un avis contraire :

Rav Wozner dans Shevet Halévy (II, §207) et (V, §185) et (VI, §180) ,

Rav Hersh Pessa’h Frank dans Har Tsvi (Y’’D §274) ,

Rav Ovadia Yossef
dans Ye’havé Daat (IV, §57) et Yabia Omer (VI, Y’’D §31).

Le Dayan Weiss
dans Min’hat Its’hak (VII, §136, 2),

Rav Klein
dans Mishné Halakhot (IV, §145),

Il y a certaines réticences lorsqu’il s’agît du corps d’un Rasha notoire, voir ‘Helkat Yaakov (Y’’D §206) , mais tout ce qui précède ne concerne pas uniquement les Tsadikim (comme certains textes pourraient le laisser entendre) , c’est valable aussi pour un « benoni ».

PS: le Zohar qui semble opposé à l'enterrement des morts en Israël n'est pas retenu, car contredit par le Talmud .
(Logiquement, ceux qui font passer le Zohar avant le Talmud devraient interdire d'enterrer un mort "'houtsnik" en Israël.
Mais la halakha est que le Talmud passe avant le Zohar ; en cas de contradiction, on suit la Gmara et non le Zohar .)
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