"Scolariser" l'étude de la Tora Voir le sujet suivant
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serge



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MessagePosté le: Ven 07 Mars 2008, 15:22 Répondre en citantRevenir en haut

Bonjour et hosesh tov

J'ai demandé plusieurs fois pourquoi on n'instaure pas un système de niveau et de grades dans l'étude de la Tora comme ce qui est pratiqué dans le système éductaif de l'enseignement national, à savoir hiéarchiser les niveaux de connaissance en Tora.
Pourquoi ne pas instaurer une espèce de diplôme pour une connaissance, et structurer ainis l'enseignement de la Tora ?
Donner des cours, organiser des révisions, passer des contrôles de conniassance et délivrer un "diplôme" qui serait regulièrment mis-à-jour.
L'interêt: Structurer et se positionner dans ses connaisance en Tora.
En effet, la Tora est très vaste, et je pense qu'il peut y avoir un risque de se perdre dans la multitude de sujets et de notions abordées. Ne serait-il pas interressant de structurer cela par thème ?
Je dis cela car j'ai remarqué ici et là que l'étude de la Tora est faite de façon ponctuelle et sans veritable suivi. Le fait de sanctionner cela par des diplômes permet à celui qui apprend de savoir où il en est, et de tirer une satisfaction de son étude.
Quand j'ai posé cette question, on m'a dit qu'il est normal qu'une personne comme moi, ayant suivi un cursus universitaire, habitué à se confronter à une echelle de valeur reclamait cela.
Il a continué en disant que l'étude de la Tora c'est la fatigue et l'investisment de soi et que lutter pour ne pas se disperser fait partie de la difficulté de l'étude de la Tora.
Personnellement je n'adhère pas du tout a cette conception, du moins au début des études de Tora.
J'aimerais connaître votre avis. Merci.
Rav Binyamin Wattenberg




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MessagePosté le: Mar 19 Juin 2018, 21:48 Répondre en citantRevenir en haut

Je ne suis pas d’accord avec lui, dire que lutter contre le dispersement fait partie du Amal Hatorah n’indique pas qu’il faille s’interdire de lutter en instaurant le type de système que vous proposez.

Par contre, je ne vous suis pas totalement : vous avez raison qu’il faut structurer son étude, mais vous considérez un seul aspect de l’étude, le paramètre plutôt halakhique, qui est assez quantifiable, que l’on peut « mesurer ».
Cependant, l’étude c’est aussi la manière d’analyser, d’approfondir, de comprendre un texte.
Et ceci ne peut pas se mesurer ni se classer de la même manière que l’acquisition de données.

Il y a réellement certains Avrekhim qui s’organisent avec un système plus ou moins comme celui que vous décrivez, c’est la filière « Kollel Halakha », on y passe des Smikhot (diplômes) sur des sujets bien précis et ces diplômes ne garantissent pas vraiment la pureté ni la finesse du raisonnement du candidat, mais essentiellement ses « connaissances ».

La Torah ne s’arrête pas là et c’est même très réducteur.
Mais il faut bien des rabbins, donc on a créé le « Kollel Halakha » .

Cependant, un diplômé du Kollel Halakha sur la totalité des sujets peut encore être très loin de ce qu’on appelle (théoriquement) un Talmid ‘Hakham.
Ce titre ne nécessite pas uniquement des connaissances, savoir réciter des Gmarot n’indique pas encore qu’on les a réellement comprises, même si on peut les traduire et les expliquer, on peut encore passer royalement à côté de toute la souguia.
Car l’essentiel est de comprendre la profondeur de la Svara.

Pour un diplôme halakhique (Smikha) on se contente de connaissances techniques et on vérifie si le candidat a plus ou moins bien compris la logique de laquelle ladite halakha dépendra, mais on n’entre pas dans les finesses qui ont occupé les grands poskim. En cela, ce diplôme est imparfait. C’est évidemment déjà beaucoup mieux qu’un simple rabbin qui ne s’est pas donné la peine de lire, au moins celui-ci (le diplômé) a une certaine connaissance en superficie, mais c’est encore loin (et parfois très loin) de la réelle compréhension de la Torah.

Votre proposition ne permettra QUE de garantir une base de connaissance, mais dans le Talmud comme dans le (réel) Psak Halakha, la Svara occupe une place prépondérante et incontournable, voilà ce qui manquera. Toutefois, ce que vous proposez est déjà (souvent) pratiqué par les Kollelei Halakha, mais vouloir l’imposer à la totalité des étudiants de Torah ne sera pas forcément salutaire, car si nous gagnerons en clarté au niveau des connaissances superficielles, nous pourrions perdre en profondeur de raisonnement (les élèves se concentrant surtout sur les résultats demandés au contrôle).
Rav Binyamin Wattenberg




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MessagePosté le: Jeu 23 Août 2018, 21:01 Répondre en citantRevenir en haut

Je ne m'oppose pas à ce type de concours. Un concours de connaissance de Mishna Broura, pourquoi pas?
Il y a tellement de concours sur des choses stupides que je ne puis que "soutenir" cette initiative.

Quand on pense aux concours de gloutonnerie qui consistent à avaler la plus grande quantité d'hamburgers en un temps record, ça donne la nausée au sens propre comme au sens figuré.

Toutefois, il ne faut pas se leurrer, être capable d'indiquer des références avec précision, ça impressionne peut-être, mais ça n'est pas le but dans la vie.

D'autant que selon ce que j'en ai entendu, les questions étaient basées sur l'indication (exclusive) du Mishna Broura, toujours selon la convention imposée en fin de XXème siècle qui consacre le Mishna Broura comme étant "celui qui a raison" (envers et contre tout le concept de la psikat hahalakha) et cela participe au problème de notre génération qui -par excès de connaissances restreintes et axées sur certains poskim seulement- excelle dans la mauvaise compréhension de ce qu'est la Halakha .

Les étudiants connaissent beaucoup de A'haronim mais ne connaissent pas les Gmarot.

Dit autrement: ce concours est une bonne chose, mais il faut comprendre qu'il y a encore bien mieux.

[Et "si déjà" il fallait faire un concours de Halakha, j'aurais plutôt opté pour une liste de questions sur des cas très précis et non explicites dans le Mishna Broura où il faudrait faire appel aux qualités d'un Possek pour trancher d'une manière ou d'une autre.
La correction serait basée sur une enquête préalable auprès de 5 ou 10 des grands poskim pour repérer le Psak communément admis.]
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